Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.
En physique, le volume d'un objet mesure « l'extension dans l'espace » qu'il possède dans les trois directions en même temps, de même que l'aire d'une figure dans le plan mesure « l'extension » qu'elle possède dans les deux directions en même temps.
Le volume physique se mesure en mètrecube dans le système international. On utilise fréquemment le litre, notamment pour des liquides et pour des matières sèches. Ainsi, on considère le volume comme une grandeur extensive et la grandeur intensive thermodynamique associée est la pression.
En mathématique, et plus précisément en géométrie euclidienne, le volume du parallélépipède engendré par 3 vecteurs non coplanaires (v1,v2,v3) se calcule grâce au produit mixte des trois vecteurs :
V=∣det(v1,v2,v3)∣
.
Les calculs de volume ont évolué au cours de l'histoire en suivant les progrès du calcul infinitésimal. C'est ainsi que les premiers volumes ont été calculés grâce à la méthode d'exhaustion, puis en utilisant le principe de Cavalieri et pour finir en calculant des intégrales triples.
Pour les solides simples (parallélépipède et objets de révolution), il existe des formules mathématiques permettant de déterminer leur volume d'après leurs dimensions caractéristiques.
Unités de volume
L'unité de volume du système international est le mètrecube (m³) et ses dérivés (dm³, cm³, mm³). Mais d'autres unités de volume persistent surtout dans les pays anglo-saxons (voir Conversion des unités).
Les volumes de matièreliquide ont souvent leurs unités propres (litre, pinte, baril). La mise en place du système métrique a grandement simplifié le nombre d'unités de volume utilisées qui dans l'Ancien Régime en comptait plus de vingt (voir Unités de mesure de l'Ancien Régime).
Pour les gaz où l'on veut connaître la quantité de matière (nombre de molécules) contenue dans un volume donné quelles que soient la pression et la température, deux définitions de correction existent :
le mètre cube dit normal exprimé en m(n) correspondant à un volume de gaz ramené sous une pression de 1 013,25 hPa (pression d'une atmosphère normale ou 1 atm) et une température de 0 °C.
le mètre cube dit standard exprimé en m(s) correspondant à un volume de gaz ramené sous une pression de 1 013,25 hPa (pression d'une atmosphère normale ou 1 atm) et une température de 25 °C.
Les volumes décrit ci-dessus correspondent à des volumes dit corrigés. Le volume qui ne tient pas compte de ces corrections est dit brut. On rencontre ces volumes dans l'élaboration des débits (voir débit) et du pouvoir calorifique des gaz.
Dans l'Union européenne, de nombreux volumes (et masses), sur les produits de consommation, sont indiqués en quantité estimée. Ils sont marqués comme tel, d'un « e » minuscule.
En mathématiques, l'unité de volume n'apparaît pas dans les formules. Elle est implicitement donnée par le volume du cube unité. Si, par exemple, pour des questions d'échelle, le cube unité a pour arête 2 cm, un volume de X (cube unité) correspond à 8X cm³.
Quelques formules
Dans la suite on notera
V le volume
B et b les aires de la grande base et de la petite base
H la hauteur (ou distance séparant les deux faces)
La pyramide tronquée par un plan parallèle à la base : V=3H(B+b+Bb)
La boule
La boule a pour volume V=34πR3 ou V=π6D3
Pour une calotte sphérique, V=3πH2(3R−H) où R est le rayon de la boule et H la hauteur de la calotte.
Le volume de la boule percée d'un cylindre (rond de serviette) ne dépend pas du rayon de la boule : V=6πH3
Le secteur sphérique (intersection entre un cône de sommet O et la boule de centre O : V=32πR2H où H est la hauteur de la calotte et R le rayon de la boule.
Solides de révolution
Le théorème de Guldin (ou règle de Pappus) permet de calculer le volume d'un solide de révolution engendré par la révolution d'un élément de surface Splane autour d'un axe situé dans son plan et ne le coupant pas, pour peu que l'on connaisse le centre de gravitéG de l'élément de surface S.
V=2πR⋅S où R est la distance séparant le pointG de l'axe de rotation.
Cette formule permet de déterminer les volumes suivants :
le tore : V = 2πR**r où r est le rayon du cercle de centre G tournant autour de l'axe (Δ) et où R est la distance de G à (Δ).
le tonneau : Kepler donne une formule approchée pour le volume d'un tonneau, qui se révèle exacte lorsque le tonneau est engendré par une sphère, une pyramide, un hyperboloïde à une nappe, un paraboloïde elliptique, un ellipsoïde de révolution. Si B1 et B2 sont les surfaces des bases et B3 la surface de la section à mi-hauteur alors
V=6h(B1+B2+4B3)
Autres
Le conoïde circulaire droit (exemple l'incisive) : V=21πR2H où R est le rayon du cercle de base et H la hauteur du conoïde.
Le lingot (hexaèdre formé de deux bases rectangulaires parallèles et de 4 faces latérales trapézoïdales) . On retrouve la formule de Kepler : V=6h(B1+B2+4B3) où B1 et B2 sont les surfaces des deux bases rectangulaires et B3 la surface de la section à mi-hauteur. Cette formule est très employée en génie civil dans les calculs de volume et plus particulièrement pour les mouvements de terres dans le domaine des travaux publics où elle est connue sous le nom de formule du tas de cailloux ou encore formule du tas de sable.
Volume et calcul intégral
Si D est une partie bornée de R2, le volume du cylindre ayant pour génératrice la frontière de D, délimité par le plan z = 0 et la surface d'équationz = f(x,y) – avec f positive et continue sur D – est :
V=∬Df(x,y)dxdy
Dans le cas où le domaine D est défini par des conditions simples x1 < x < x2, y1(x) < y(x) < y2(x), ce calcul se ramène à :
V=∫x1x2∫y1(x)y2(x)f(x,y)dydx
Si A est une partie bornée de R3 et si la fonction constante 1 est intégrable sur A, le volume de A est alors
V=∭Adxdydz
Dans le cas où le domaine A est défini par des conditions simples x1(z,y) < x(z,y) < x2(z,y), y1(z) < y(z) < y2(z) et z1 < z < z2, ce calcul se ramène à :
V=∫z1z2∫y1(z)y2(z)∫x1(z,y)x2(z,y)dxdydz
Par linéarité de l'intégration, un domaine difficile à définir peut être partitionné en plusieurs sous-domaines exprimables eux en conditions simples.
Si le domaine A s'exprime mieux en coordonnées cylindriques par des conditions simples A′, le calcul peut s'exprimer par
V=∭A′rdrdθdz où A′ est une partie bornée de R+×[0,2π]×R
Si le domaine As'exprime mieux en coordonnées sphériques par des conditions simples A′′, le calcul peut s'exprimer par
V=∭A′′r2sin(ϕ)drdθdϕ où A′′ est une partie bornée de R+×[0,2π]×[0,π].
Dans le cas où le domaine A est un solide de révolution dont la frontière est engendrée par la rotation d'une courbe d'équation y = f(x) autour de l'axe (O**x), le calcul du volume se réduit à une intégrale simple
V=π∫x1x2f2(x)dx
Enfin, le théorème de flux-divergence permet de réduire le calcul de volume à une intégrale de surface
où est la frontière de A, et n le vecteur unitaire normal à dS dirigé vers l'extérieur de A.