Les mécanismes de la douleur différents entre les sexes chez l'animal

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Souris blanche. Illustration: Wikimedia Commons

Une nouvelle étude chez l’animal révèle des différences fondamentales entre les sexes dans les mécanismes de la douleur

Une nouvelle étude dont les résultats ont été publiés le 29 juin dans la revue scientifique Nature Neuroscience révèle pour la première fois que des cellules différentes interviennent dans les mécanismes de la douleur chez les souris mâles et femelles.

Cette découverte a une incidence considérable sur notre compréhension fondamentale de la douleur, sur la mise au point de la prochaine génération de médicaments pour le traitement de la douleur chronique – qui est de loin le problème de santé le plus courant chez les humains – et sur les méthodes utilisées dans le domaine de la recherche biomédicale fondamentale chez la souris.

« La recherche a démontré que les hommes et les femmes ont une sensibilité à la douleur différente et que plus de femmes que d’hommes souffrent de douleur chronique. Cependant, on a toujours présumé que les circuits de la douleur sont les mêmes chez les deux sexes », affirme le coauteur en chef de l’étude Jeffrey Mogil, Ph. D., titulaire de la chaire E. P. Taylor d’études sur la douleur à l’Université McGill et directeur du Centre de recherche sur la douleur Alan Edwards. « Le constat selon lequel les bases biologiques de la douleur pourraient être si fondamentalement différentes entre les hommes et les femmes soulève des questions importantes sur les plans de la recherche et de l’éthique si nous voulons diminuer les souffrances. »

Cette étude a été réalisée par des équipes de l’Université McGill, de l’Hospital for Sick Children (SickKids) et de l’Université Duke. Elle portait sur la théorie admise depuis longtemps selon laquelle la douleur est transmise dans le système nerveux à partir du siège de la lésion ou de l’inflammation à l’aide de cellules du système immunitaire appelées microglies. Cette nouvelle étude révèle que cette théorie n’est vérifiée que chez les souris mâles. En effet, diverses perturbations du fonctionnement des microglies ont permis de bloquer la douleur chez les souris mâles, mais n’ont eu aucune incidence chez les souris femelles.

Des médicaments antidouleur mieux adaptés

Selon les chercheurs, un type complètement différent de cellules immunitaires, les lymphocytes T, semble déclencher les signaux de la douleur chez les souris femelles. On ignore toutefois comment cela se produit exactement.

« Il est absolument essentiel de comprendre les voies de la douleur et les différences entre les sexes alors que nous en sommes à concevoir la prochaine génération d’analgésiques plus complexes et mieux ciblés », affirme Michael Salter, M.D., Ph. D., scientifique chevronné et chef du Service de neurosciences et de santé mentale du SickKids, professeur à l’Université de Toronto et coauteur en chef de l’étude. « Nous croyons que le système nerveux des souris est très semblable à celui des humains, particulièrement pour une fonction évolutionnaire fondamentale comme la douleur. Par conséquent, ces résultats nous indiquent que nous devons tenir compte de facteurs importants dans la mise au point de médicaments contre la douleur chez l’humain ».

Ne pas oublier les souris femelles

Cette découverte survient au moment où les scientifiques accordent une plus grande attention à l’inclusion d’animaux et de cellules femelles dans les études précliniques. Les Instituts nationaux de la santé des États-Unis ont récemment dévoilé une nouvelle politique, semblable à celle qui est déjà en vigueur au Canada, pour exiger le recours à des animaux et à des lignées cellulaires femelles dans les études précliniques.

« Pendant les 15 dernières années, les scientifiques croyaient que les microglies contrôlaient l’intensité de la douleur, mais cette conclusion était fondée sur des études qui utilisaient presque exclusivement des souris mâles », explique le professeur Mogil. « Notre découverte est l’exemple parfait illustrant les raisons pour lesquelles cette politique, ainsi que des études très soigneusement conçues, sont essentielles pour que les bienfaits de la science fondamentale profitent à tous ».

Ces travaux ont été financés par des subventions des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation Louise et Alan Edwards, des Instituts nationaux de la santé des États-Unis, et de la Fondation SickKids.

Note:
L’article intitulé « Different immune cells mediate mechanical pain hypersensitivity in male and female mice », par Robert E. Sorge et coll., a été publié en ligne avant la version imprimée sur le site Web de la revue scientifique Nature Neuroscience le 29 juin 2015. DOI : 10.1038/nn.4053

AL
alessandro pendesini

Bonjour
…..« La recherche a démontré que les hommes et les femmes ont une sensibilité à la douleur différente et que plus de femmes que d'hommes souffrent de douleur chronique »…Dit l’article

Il serait intéressant connaître la cause (étiologie) des facteurs d’une maladie indépendamment à ce que ressentent les femmes par rapport aux hommes. Car quantifier rationnellement cette (prétendue) différence n’est pas une mince affaire….
Sans oublier que la douleur elle-même est une illusion (pas la seule d’ailleurs !..) entièrement construite par notre cerveau, comme n’importe quelle autre expérience sensorielle !
Cette sensation de la douleur est filtrée par la personnalité du patient, et peut varier énormément d’un individu à l’autre, homme ou femme qu’il soit.

Par suite d’une analgésie naturelle ou de l’administration de médicaments qui altèrent la transmission des signaux corporels (antidouleur, anesthésiques), le cerveau reçoit une vue distordue de ce qu’est réellement l’état du corps. Nous savons que, dans les situations de peur dans lesquelles il choisit l’option de courir plutôt que des se figer, le tronc cérébral désengage une partie des circuits de transmission de la douleur -un peu comme s’ils débranchait le téléphone. Le gris périaqueducal, qui contrôle ces réponses, peut aussi commander la sécrétion d’opioïdes naturels et accomplir ainsi ce que permettrait la prise d’analgésiques : éliminer les signaux de la douleur. Au sens strict, nous sommes ici en présence d’une hallucination du corps, car le cerveau l’enregistre dans ses cartes et ce que l’esprit ressent ne correspond pas à la réalité qu’on pourrait percevoir. C’est ce que produit l’alcool, les analgésiques et les anesthésiques, ainsi que nombre d’abus de drogues. ;)

avatar
cisou9

____________ :_salut: ______________
Eh oui, la drogue atténue la douleur mais elle est toujours là.
Le cerveau dans ce cas là est en erreur mais c'est très bien pour une opération (j'ai été opéré du ménisque et j'ai demandé au chirurgien de me laisser voir l'opération et il a enlevé le drap vert), c'était formidable de voir sa propre opération en ayant une anesthésie loco-régionale. __________ :jap: ________