Mâle ou femelle?

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Le premier gène déterminant le sexe des mammifères est apparu il y a 180 millions d’années.

Homme ou femme? Mâle ou femelle? Chez les êtres humains, comme chez tous les mammifères, la différence entre les sexes tient à un seul élément du génome: le chromosome Y. Seuls les mâles le possèdent, puisque leurs deux chromosomes sexuels sont X et Y, alors que ceux des femmes sont XX. C'est donc cet Y qui est à l'origine des différences morphologiques et physiologiques qui distinguent les individus masculins et féminins.

Chromosomes X (à gauche) et Y humains

Cela n'a pas toujours été le cas. Dans un très lointain passé, les chromosomes X et Y étaient tout à fait semblables. Puis, à un moment donné de l'histoire de la vie, le chromosome mâle s'est distingué de son équivalent femelle; il a ensuite progressivement rapetissé au point qu'il ne compte plus aujourd'hui qu'une vingtaine de gènes (contre un millier pour le X). A quel moment la différenciation s'est-elle produite? C'est à cette question que vient de répondre l'équipe d'Henrik Kaessmann, professeur associé au Centre intégratif de génomique (GIG) de l'UNIL et directeur de groupe au SIB Institut Suisse de Bioinformatique, en collaboration avec des chercheurs australiens. Elle a établi que les premiers «gènes du sexe» sont apparus de manière quasiment concomitante chez tous les mammifères il y a environ 180 millions d'années.

4,3 milliards de séquences génétiques

Disposant d'échantillons de plusieurs tissus de mâles – notamment de testicules - de diverses espèces, les chercheurs ont réussi à récupérer les gènes du chromosome Y des trois grandes lignées de mammifères: les placentaires (dont font partie les humains, les singes, les rongeurs et les éléphants), les marsupiaux (tels l'opossum et les kangourous) et les monotrèmes (qui sont à la fois mammifères et ovipares comme l'ornithorynque et l'echidna, sorte de porc-épic australien). Au total, ils disposaient d'échantillons d'organes sexuels de 15 espèces de mammifères représentatives de ces trois branches, auxquelles ils ont ajouté le poulet, à titre de comparaison.

Plutôt que de séquencer tous les chromosomes Y, ce qui aurait été «une tâche colossale» selon Diego Cortez, chercheur au CIG et au SIB et principal auteur de cette étude, les scientifiques ont «utilisé un raccourci». Au sein de chaque espèce, ils ont comparé les séquences génétiques provenant de tissus de mâles et de femelles et soustraitent toutes les séquences qu'ils avaient en commun. Ne restaient donc plus que celles correspondant au chromosome Y. Ils sont parvenus ainsi à établir les plus grand atlas de gènes de ce chromosome « mâle ».

Cette étude a nécessité plus de 29 500 heures de calcul! Cet énorme travail n'aurait pas pu être mené à bien sans d'importants moyens techniques: les séquenceurs d'ADN à haut débit de la plateforme génomique du CIG pour obtenir les séquences génétiques et, pour les analyser, les gros moyens de calcul de Vital-IT, le centre de compétence et de calcul haute performance du SIB.

Deux gènes du sexe indépendants

Il ressort de cette étude qu'un même gène (nommé SRY), qui détermine le sexe à la fois chez les placentaires et les marsupiaux, s'est formé chez l'ancêtre commun à ces deux lignées qui vivait il y a environ 180 millions d'années. Quant au gène AMHY, qui est à l'origine du développement des chromosomes Y chez les monotrèmes, il est apparu il y a 175 millions d'années. Ces deux gènes qui sont «impliqués dans le développement des testicules» selon Henrik Kaessmann, ont donc émergé «à peu près à la même époque, mais de manière complètement indépendante».

Reste à savoir comment les choses se passaient avant, notamment chez l'ancêtre commun à toutes les espèces de mammifères. Puisque le chromosome mâle était inexistant, qu'est-ce qui faisait alors qu'un individu naissait mâle ou femelle? S'agissait-il de facteurs liés à l'environnement, comme la température ? Cela n'est pas impossible puisque c'est toujours de cette manière que cela se passe chez les crocodiles. Pour les mammifères, «la question reste ouverte», conclut Diego Cortez.

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macland

...résultat: ... :humour: :patap: :tusors: :dehors:

AL
alessandro pendesini

Bonjour

Parfois, une certaine neutralité peut émerger, et les bactéries admettent occasionnellement des colonies, des biofilms. Mais les relations que les bactéries développent entre elles découlent du seul hasard, et l’éventualité d’un échange ne dépend que de la durée d’un contact aléatoire. Pas de vrai sexe ici, juste quelques mainmises de l’une sur l’autre, juste quelques recombinaisons partielles de gènes, rares et fragmentaires. Les échanges d’ADN se multiplient, entraînant un conflit génomique que la réduction méiotique gouverne. Grâce au noyau, ces protocellules admettent les multiples chromosomes et la recombinaison totale. Les premiers eucaryotes apparaissent. Avec l’établissement d’une relation préalable, déjà deux étapes essentielles du sexe s’étaient construites, la recombinaison des gènes et la méiose réductionnelle, et cela chez des êtres non sexués, ni mâle ni femelle. Car le sexe est apparu avant les individus sexués ! Une première médiation des interactions s’est élaborée, qui a partagé la relation au monde entre la phagotrophie pour la nourriture et la conjugaison véritable pour l’échange des gènes. Une spécialisation pour gouverner le renouvellement cellulaire. Le début du sexe permettait la grande bifurcation isolant les bactéries, d’un côté, et les eucaryotes de l’autre. Le sexe signifiait sa première différence. Une deuxième médiation des relations pouvait se produire : les individus cellulaires allaient se rapprocher, puis s’assembler, quittant, pour leur bousculade, leur environnement immédiat appauvri. Nul dessein, ou main divine, ne les y entraînait, justes des causes immédiates, proximales. Le collagène y a sans doute eu un rôle en favorisant l’assemblement. Cette incroyable association, où chacun s’appuyait encore sur les autres, allait définir la méthode des eucaryotes : générer une différence. Car chacun, en se spécialisant, n’empêchait rien des autres, permettant de fabriquer la collaboration des corps, l’emboîtement des cellules spécialisées, les organes, les individus, les sociétés. Du coup, les relations avec les autres devenaient obligatoires dans l’évolution. Ainsi, la différence du sexe a ouvert trois conséquences inouïes qui ont révolutionné l’évolution du vivant :

  1. -l’introduction imprévisible de la différence, de la diversité à travers la recombinaison,
  2. -la mise en œuvre de la force évolutive de la relation et du choix « libre » des individus et
  3. -l’opposition inévitables des mâles et des femelles renforçant, en retour, le rôle indispensable des facilitations et des émotions. :jap: