Dessin d'une femme tel qu'il figure sur Pioneer 11
Une femme est un individu de sexe féminin de l'espèce humaine (par opposition à l'homme, individu de sexe masculin), dont l'anatomie lui permet de porter et mettre au monde des enfants, hors problème d'ordre médical. Avec la biologie, les perspectives historiques et culturelles font partie des angles d'études des spécificités féminines, par exemple vis-à-vis de la place des femmes dans les sociétés traditionnelles et contemporaines.
Il existe une Journée internationale des femmes traditionnellement organisée le 8 mars.
Femme est également synonyme d'épouse en français.
Biologie et anatomie
La Baigneuse, peinture de William Bouguereau, 1870
La femme est la femelle de l'espèce humaine et possède une paire de chromosomes sexuels XX, alors que l'homme, mâle de la même espèce, possède une paire de chromosomes sexuels XY. Les femmes et les hommes ont normalement des productions hormonales différenciées et les hormones typiques de la femme sont les œstrogènes et la progestérone. Les appareils génitaux diffèrent notablement, comme pour les autres espèces vivantes. Des différences sexuelles secondaires apparaissent après la puberté, comme les seins ou la largeur des hanches.
La place des femmes dans les sociétés
Définitions culturelles
La place des femmes dans les différentes cultures et époques a été davantage étudiée à partir du XX siècle et des mouvements féministes, ainsi que des chercheurs en sciences sociales ont cherché à comprendre et combattre les raisons de l'inégalité de condition et de statut social entre les hommes et les femmes qui est souvent au fondement même des sociétés traditionnelles, et dont on retrouve la trace jusque dans les sociétés contemporaines. Plusieurs chercheurs ont ainsi tenté, notamment à partir des années 1970, de lutter contre ce qu'ils percevaient comme un biais sexiste des sciences sociales, notamment en anthropologie et en histoire : l'absence des femmes en tant qu'objet d'étude.
Le problème de la condition des femmes dans la société, jugée inéquitable et injuste par les féministes, a été un des thèmes de réflexion les plus étudiés au XX siècle et l'actualité lui a parfois donné une place prépondérante dans le débat civil et politique, comme pendant les événements de mai 68 en France. Dans certaines cultures, la place des femmes est actuellement un enjeu politique et d'actualité important, comme par exemple au Québec,où la Fédération des femmes du Québec initia la Marche mondiale des Femmes en l'an 2000.
Sociétés traditionnelles
Femmes au Dahomey, avant 1900
Voir l'article Anthropologie politique
Les femmes dans l'Antiquité
En Grèce
Dès la naissance, les filles subissent un traitement spécifique à leur sexe et qui tient à l'eugénisme pratiqué habituellement en Grèce pour des raisons économiques et raciales. Ainsi les filles, jugées plus inutiles que les garçons (en effet, ces derniers étant formés à l'art de la guerre et importaient pour la défense de la Cité), étaient plus facilement exposées qu'eux (c'est-à-dire abandonnées dans la nature), ou vendues. De plus, elles bénéficiaient de moins de soins et d'attention. En général, les femmes sont méprisées : « c'est Zeus qui a créé le mal suprême : les femmes. » (Sémonide d'Amorgos).
On trouve cependant quelques exceptions chez les Pythagoriciens (voir Théano).
À Rome
À Rome, la fonction de la femme est de se marier et d'avoir des enfants. Son statut civil est surtout déterminé par le rôle qui est le sien relativement à l'homme :
puella, virgo (jeune fille) : la fille reçoit essentiellement une instruction domestique ; elle porte, comme le garçon, une bulle qu'elle abandonne le jour de son mariage ;
uxor, conjux (épouse) : les filles se marient à partir de 14 ans environ, puis de plus en plus tôt au cours des siècles (vers 12 ans à la fin de l'empire romain d'occident) ; la femme est considérée comme une mineure qui passe par le mariage de l'autorité du père à celle de son mari ;
matrona, materfamilias (mère de famille) : comme mère, la femme est gardienne du foyer.
Les femmes dans les sociétés industrielles
De nos jours, on constate une différence d'accès aux professions et dans les salaires, qui peut s'expliquer partiellement par les dispositions de maternité, plus contraignantes pour l'employeur. Les femmes occupent majoritairement des emplois dans le secteur tertiaire (services), notamment dans des postes relationnels ou touchant aux fonctions domestiques (cuisine, ménage, soins, garde et éducation des enfants). Elles sont plus sujettes à l'emploi précaire ou à temps partiel, et la maternité constitue souvent un frein à leur progression professionnelle.
Selon une étude de la Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares), en France en 2002, plus de la moitié des emplois féminins sont concentrés dans 10 familles professionnelles sur 84.
Profession
Taux de féminisation
Toutes professions confondues
45,3 %
(10,8 millions)
cadre
(toutes professions confondues)
dont moins de 35 ans
39,6 %
45 %
assistant(e) maternelle
99 %
secrétaire
97 %
aide-soignant(e)
91 %
sage-femme, infirmier(e)
87 %
technicien(ne) de surface
74 %
enseignant(e)
64 %
(716 000 emplois)
informaticien(ne)
20 %
Il est à remarquer que la plupart des emplois créés le sont aujourd'hui dans le tertiaire également.
35.9%: travail a domicile
14.4%: domestique
25%: ouvrière
8%: employée de bureau
Les femmes travaillent notamment le textile dans les usines. Les manufacturiers préfèrent les femmes aux hommes à l'embauche car ils leur attribuent un salaire inférieur à celui des hommes. En plus de leur travail, elles s'occupent de l'entretien de leur domicile, des repas de toute la famille et de l'éducation des enfants. Pendant la guerre, elles ont occupé tous les emplois laissés vacants, jusque dans les mines où le travail exige beaucoup de force.
Les inégalités homme-femme
Traditionnellement, les femmes sont, sauf dans quelques rares sociétés matriarcales, inférieures aux hommes sur un plan social. Le plus souvent, cette infériorité se limite à une infériorité vis-à-vis de leur mari.
économique : inégalité des hommes et des femmes devant les emplois, les femmes ne pouvant pas toujours travailler ou disposer de leur salaire sans l'accord du mari... ;
politique : quasi absence des femmes sur la scène politique ;
sur le plan familial, le divorce peut être limité, notamment au divorce pour faute à la demande du mari du fait de l'absence d'héritier mâle ; certaines sociétés admettent également des sévices corporels à l'encontre des femmes, à la discrétion du mari ; la polygamie est presque toujours exclusivement masculine (un homme pour plusieurs femmes).
au niveau de la sexualité féminine
les femmes seraient "passives" : ainsi, jusqu'au début du XX siècle, l'Église n'admettait qu'un seul type de rapports sexuels : les rapports hétérosexuels vaginaux d'un couple marié, avec la femme sur son dos et l'homme au dessus d'elle (position dite "du missionnaire") ; tout autre rapport était considéré comme un pécher et la femme ne pouvait refuser à l'homme d'avoir des rapports sexuels.
cette passivité supposée donne lieu également à des mutilations génitales féminines, notamment l'excision.
les diverses méthodes contraceptives (stérilets, préservatifs, IVG...) sont souvent illégales dans de nombreux pays, la femme n'étant alors plus maîtresse de son corps.
Le mouvement d'égalisation des rapports homme-femme est, somme toute, assez récent. Il s'est notamment généralisé dans les sociétés occidentales dans les années 1960 (mouvements féministes qui s'y sont notamment développés).
Ce mouvement est plutôt resté circonscrit aux sociétés occidentales. Mais depuis peu, on peut voir des ébauches de mouvements en faveur des droits des femmes se diversifier dans le monde entier. On peut ainsi citer le congrès sur le "féminisme islamique" à Barcelone du 3 au 5 novembre 2006, ou encore une série de lois indiennes du 25 octobre 2006 qui ont modifié l'essentiel du droit de la famille dans un sens égalitaire.(lien)
Il demeure donc de nombreuses inégalités, même dans les sociétés occidentales.
La violence
Concernant la violence, en particulier conjugale, les femmes sont traditionnellement considérées comme des victimes (pour ce qui concerne les agressions sexuelles, plus de 99% des viols sont du fait des hommes, et seulement 3% de la population carcérale française est féminine).
Cette vision traditionnelle est en train de se modifier.
D'une part, la féminisation des corps de métiers, en particulier des policiers et des juges, entraîne une plus forte répression des violences envers les femmes. La vision antérieure de la police et de la justice était quelque peu "paternaliste". La victimisation des femmes étant naturelle, il était considéré comme normal (au sens où c'était courant et que l'on ne pouvait rien y faire) qu'un homme batte sa femme, par exemple. Les femmes victimes cachaient alors souvent les violences à leur encontre (pas de déclaration de viols ; l'idée que les violences conjugales étaient inexistantes dans les classes moyennes...).
D'autre part, la délinquance féminine augmente.
À noter cependant que cette délinquance reste le plus souvent sans violence et que, de plus, ce sont souvent des contentieux sans victime (absence de papiers d'identité, racolage...). Il s'agit moins dans ce cas d'une augmentation de la délinquance que d'une répression plus sévère.
Dans les cas de violences graves commises par les femmes, à cause du mouvement d'égalité sociale, on accepte moins que les femmes se déresponsabilisent (« Oui, j'ai tué mon mari, mais c'est parce qu'il me battait... »).
La stabilité de cette délinquance féminine s'explique, pour Frédéric Ocqueteau par le fait que la violence féminine est différente par nature de la violence masculine. Tandis que la violence masculine est tournée vers l'extérieur, les femmes, de par l'oppression masculine, retournent cette violence contre elles-mêmes : on a vu récemment l'augmentation importante du nombre de jeunes filles afghanes mariées de force qui s'immolent par le feu... L'État n'est en mesure de s'occuper que de la première ; la seconde, elle, n'est pratiquement pas prise en compte par la société.
Cela se manifeste en particulier par des pathologies typiquement féminines. Les femmes ont tendance à vouloir se conformer à un modèle ; or, celui qui est quasiment universel aujourd'hui est le modèle de type occidental, c'est-à-dire celui de femmes sveltes et d'apparence jeune. Cela entraîne de nombreuses anorexies. Dans d'autres sociétés traditionnelles (Mauritanie, Mali...), cependant, la femme modèle est au contraire une femme mature avec des formes très prononcées. Les femmes peuvent alors être gavées ou se gaver dès leur plus jeune âge(lien).
Discours scientifique de l'inégalité homme-femme
Le discours scientifique a longtemps (dès l'Antiquité) tenté de justifier des inégalités culturelles par des inégalités qui seraient naturelles. Darwin, notamment, dans son étude sur l'évolution de l'homme, tente de justifier la société victorienne (femmes dépendantes et restant à la maison). Au cours du XX siècle, cependant, les scientifiques ont pu démontrer l'indifférence des sexes antérieurement à 2 ans, ce qui signifie que les différences entre homme et femme qui peuvent exister sont essentiellement culturelles et sociales, car résultant de l'éducation.
Le discours scientifique, traditionnellement masculin (les femmes scientifiques restant une minorité), conserve cependant beaucoup d'a priori.
Plus dangereux, on voit aujourd'hui une certaine recrudescence des discours scientifiques tentant de justifier des inégalités homme-femme. C'est le cas notamment des études sur les comportements différenciés et les réactions cérébrales (dimorphisme psychologique). Souvent prises hors de leur contexte, on vulgarise souvent ces études en disant notamment que les femmes sont plus émotionnelles que les hommes car elles ont l'hémisphère gauche du cerveau plus développé, tandis que les hommes, eux, usant plus de l'hémisphère droit, seraient plutôt scientifiques. C'est oublier que les différences comportementales entre hommes et entre femmes sont bien plus importantes que celles entre hommes et femmes.
Femmes et politique
Les femmes ont acquis un statut de citoyenne à part entière très tardivement, puisque le droit de vote leur a été reconnu pour la première fois en 1869 dans le Wyoming, 1893 en Nouvelle-Zélande, 1919 en Allemagne, 1944 en France et 1918 au Canada ((au niveau fédéral, les provinces ayant déjà accordé le droit de vote au niveau provincial entre 1916 et 1922 mais seulement en 1940 au Québec).
Après une lente conquête de leurs droits, en Europe, les femmes se font plus présentes sur la scène politique, avec par exemple Angela Merkel devenue chancelière ou Tarja Halonen, présidente de Finlande. Elles restent cependant encore très largement minoritaires.
Femmes chef d'État ou de gouvernement en exercice
Chefs d'État
Chefs de gouvernement
N.B. : il y a aujourd'hui 195 États reconnus par l'Organisation des Nations unies.
Femmes et sport
Certaines disciplines sportives, comme l'athlétisme, la gymnastique ou les sports de ballons, sont organisées sans mixité. Pour les disciplines pratiquées à la fois par des hommes et par des femmes, la règle courante consiste à comparer les performances des femmes exclusivement entre elles. Dans la plupart des compétitions mixtes, telles que le marathon, où les hommes et les femmes sont ensemble, les organisateurs appliquent cette règle de comparaison entre hommes d'un côté et entre femmes d'un autre. Les disciplines qui ne réservent aux femmes aucune catégorie particulière et, donc où la performance de chacun est comparée sans distinction "homme/femme", sont peu nombreuses ; la plupart des sports hippiques, la courseautomobile et la voile appartiennent à ce dernier type de discipline.
Dans le sport professionnel, les salaires et les primes des femmes sont le plus souvent inférieurs a ceux des hommes : le sport masculin étant plus diffusé dans les médias et suscitant donc plus de revenus. Le football et le cyclisme sont des exemples frappants. Les principales disciplines qui comptent des femmes comme athlètes de renommée internationale sont l'athlétisme, la gymnastique, la natation, le tennis et la voile.
Dans le monde échiquéen, des prix spéciaux sont souvent attribués aux femmes; Parfois, les catégories sont distinctes, ou bien les joueurs/joueuses sont ensembles mais les classements sont distincts. Ceci est dû à une volonté d'encourager la participation féminine dans une activité notoirement masculine, encouragement dont les effets ont pu être constatés. Cependant ce système de récompenses est souvent compris comme s'adaptant à une différence de capacités entre hommes et femmes. (et peut-être parfois adopté pour ce motif) La seule mesure en faveur de la mixité qui n'encourt pas ce dangereux sous-entendu est le quota : une équipe de division trois ou plus doit présenter au moins une femme. Si cette femme est le plus souvent au dernier échiquier, c'est dû à la faible population de joueuses, qui fait une faible population de fortes joueuses, mais là encore, ce fait est souvent perçu comme le signe de la supériorité des capacités masculines.
Voir aussi : Le sport au féminin
Femmes et développement
Les femmes sont en général plus durement touchées que les hommes par les problèmes de développement. Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) mesure cela avec deux indices composites de développement humain :
l'ISDH, indicateur sexo-spécifique de développement humain ;
l'IPF, indicateur de la participation des femmes.
Voir l'article : Indicateur de développement humain.
Dans son rapport (lien) paru en 2005 sur l'état de la population mondial, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) dresse une liste de chiffres montrant l'inégalité dont font l'objet les femmes par rapport aux hommes dans le monde. Parmi tous ces chiffres, on peut noter celui du nombre de femmes analphabètes, 600 millions, soit le double de celui des hommes.
De plus, toutes catégories confondues, il faut appliquer aux femmes en matière de travail la règle des 2/3-1/3 : elles effectuent environ les deux-tiers du travail (en tenant compte du travail domestique) dans le monde mais ne reçoivent que le tiers des salaires.