💀 Pesticides et cancers: une Ă©tude rĂ©vĂ©latrice de l’Institut Pasteur

Une nouvelle étude scientifique, publiée dans Nature Health, révÚle un lien solide entre l'exposition aux pesticides agricoles présents dans l'environnement et le risque d'apparition de cancers.

En combinant des données environnementales, des registres nationaux du cancer et des analyses biologiques, les chercheurs de l'IRD, de l'Institut Pasteur, de l'Université de Toulouse et de l'Instituto Nacional de Enfermedades Neoplåsicas (INEN) du Pérou ont mis en lumiÚre pour la premiÚre fois comment des expositions aux pesticides peuvent contribuer au développement de certains cancers.

Image Wikimedia

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Les pesticides sont présents de maniÚre diffuse dans l'alimentation, l'eau et les milieux naturels, souvent sous forme de mélanges. Jusqu'à présent, il était difficile d'évaluer précisément leurs effets sur la santé humaine, car la plupart des travaux se concentrent sur des substances isolées et sur des modÚles expérimentaux éloignés des conditions réelles d'exposition. Cette nouvelle étude adopte une approche innovante et intégrative, capable de prendre en compte la complexité des expositions telles qu'elles sont vécues par les populations.

Le Pérou, un terrain d'étude pertinent

Le pays est marqué par une agriculture intensive dans certaines régions, une grande diversité de climats et d'écosystÚmes, ainsi que de fortes inégalités sociales et territoriales. Le cancer y est devenu une priorité de santé publique et les niveaux de contamination corporelle par les pesticides sont préoccupants.

Les résultats mettent en évidence une exposition accrue de certaines populations, en particulier rurales et autochtones, aux pesticides. En moyenne, elles sont exposées simultanément à 12 pesticides différents détectés à des concentrations élevées.

L'Ă©tude s'appuie sur une modĂ©lisation qui permet de cartographier les zones du territoire les plus exposĂ©es Ă  la pollution environnementale liĂ©e aux pesticides. AppliquĂ©e Ă  l'ensemble du pays, cette approche intĂšgre 31 substances chimiques utilisĂ©es en agriculture — dont aucune n'est classĂ©e comme cancĂ©rogĂšne avĂ©rĂ© pour l'ĂȘtre humain par l'Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) — et modĂ©lise leur dispersion dans l'environnement.

"Nous avons d'abord modélisé la dispersion des pesticides dans l'environnement sur une période de six ans, de 2014 à 2019, ce qui nous a permis de réaliser une cartographie à trÚs haute résolution et d'identifier les zones présentant le risque d'exposition le plus élevé", explique Jorge Honles, docteur en épidémiologie de l'Université de Toulouse.

En croisant cette cartographie avec les donnĂ©es de plus de 150 000 patients diagnostiquĂ©s entre 2007 et 2020, les chercheurs ont pu identifier des zones oĂč les populations sont Ă  la fois plus susceptibles d'ĂȘtre exposĂ©es aux pesticides dans l'environnement et davantage touchĂ©es par certains cancers. Dans ces territoires, le risque de dĂ©velopper un cancer Ă©tait en moyenne 150 % plus Ă©levĂ©.

“C'est la premiĂšre fois que l'on peut relier, Ă  l'Ă©chelle nationale, l'exposition aux pesticides et des perturbations biologiques suggĂ©rant un risque accru de cancer”, explique StĂ©phane Bertani, directeur de recherche en biologie molĂ©culaire Ă  l'Institut de Recherche pour le DĂ©veloppement, au sein du laboratoire PHARMA-DEV (IRD/UniversitĂ© de Toulouse).

Des effets biologiques précoces et silencieux

L'Ă©tude montre que certaines tumeurs, bien que touchant des organes diffĂ©rents, partagent des vulnĂ©rabilitĂ©s biologiques communes liĂ©es Ă  leur origine cellulaire et peuvent ĂȘtre fragilisĂ©es par l'exposition aux pesticides. On sait notamment que le foie est un organe clĂ© dans la transformation des substances chimiques considĂ©rĂ© comme une sentinelle de l'exposition environnementale. Or, des analyses molĂ©culaires rĂ©alisĂ©es par le groupe de Pascal Pineau Ă  l'Institut Pasteur sur de Ă©chantillons pĂ©ruviens montrent que les pesticides perturbent les mĂ©canismes qui maintiennent l'identitĂ© et le fonctionnement normal des cellules.

Ces altérations biologiques apparaissent avant le développement du cancer, suggérant des effets précoces, cumulatifs et silencieux. Elles pourraient rendre les tissus plus vulnérables à d'autres facteurs, comme des infections, des inflammations ou des facteurs environnementaux.

Les rĂ©sultats remettent en question les approches toxicologiques classiques, basĂ©es sur l'Ă©valuation de substances isolĂ©es et la fixation de seuils considĂ©rĂ©s comme sĂ»rs. Ils montrent l'importance de prendre en compte les mĂ©langes de pesticides, l'exposition environnementale et les contextes socio-Ă©cologiques rĂ©els. L'Ă©tude suggĂšre Ă©galement que des Ă©vĂ©nements climatiques extrĂȘmes, tels qu'El Niño, peuvent aggraver l'exposition en modifiant l'usage et la dispersion des pesticides dans l'environnement. Elle plaide pour une réévaluation des mĂ©thodes d'Ă©valuation des risques et des politiques de prĂ©vention.

Au-delĂ  du PĂ©rou, cette Ă©tude s'inscrit dans une rĂ©flexion plus large sur la santĂ© mondiale et les limites planĂ©taires. Elle illustre comment les changements environnementaux, les pratiques agricoles non durables, les Ă©vĂ©nements climatiques extrĂȘmes et les inĂ©galitĂ©s sociales peuvent se combiner pour affecter la santĂ© des populations, en particulier celle des plus vulnĂ©rables, comme pour les communautĂ©s rurales et autochtones du PĂ©rou.

Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs travaux pour mieux comprendre les mécanismes biologiques identifiés et renforcer les outils de prévention, afin de soutenir des politiques de santé publique plus justes et efficaces.

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Eretol

Bravo à ces scientifiques qui on su prouver ce que tout le monde sait depuis plus de 50 ans. Il n'y a pas à dire, notre argent est bien dépensé !
Tout comme celui des lobbyistes qui fait qu'en 2026, nous sommes encore en train de nous demander si les pesticides qui tuent beaucoup d'ĂȘtre vivant pourrait avoir un impacte nĂ©gatif sur les humains. Quelle perspicacitĂ© !

Demain, nous verrons si manger des aliments sans vitamines est bon pour la santé. Ensuite, si de l'eau chaude + de l'eau froide = de l'eau tiÚde.

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Eretol

Je profite du moment pour remercier l'admin (?) de nous prĂȘter son vieux ordi au fond du garage pour nous permettre d'Ă©crire dans le forum. Quand on s'y trouve, c'est comme se retrouver au dĂ©but des annĂ©es 2000 avec le 56k.

Mais j'y pense, peut-ĂȘtre que l'intention de l'admin n'Ă©tait pas de nous rendre nostalgique. Qui sait ?

Quand je remarque que nous sommes déconnectés automatiquement toute les 5 minutes, qu'il faut remettre l'adresse mail et le mot de passe comme si nous étions sur les serveurs d'un lieu trÚs sécurisé, dans le genre agence gouvernementale ou autres secteurs sensibles, alors que ce n'est que "Techno-Science", je me dis qu'il y a un problÚme. Et ceci depuis de nombreuses années...
MĂȘme lorsque nous allons sur le site d'une banque nous disposons de plus de temps avant d'ĂȘtre automatiquement dĂ©connectĂ©s.

Quand je constate (subis ?) la lenteur de ce site et que je me souviens que nous sommes en 2026, j'ai toute une liste d'adjectifs qui me viennent à l'esprit pour décrire ce forum : unique ; exceptionnel ; atypique ; déviant ; inhabituel ; remarquable ; anormal ; spectaculaire ; marquant ; singulier ; notable ; surprenant ; formidable ; redoutable ; impressionnant ; inquiétant.