🌊 Les déchets plastiques créent un habitat inattendu dans la mer

Les morceaux de plastique qui dérivent près des côtes hébergent des communautés de micro-organismes différentes de celles vivant librement dans l'eau de mer.

Une surface plongée dans l'océan ne reste pas longtemps stérile. Des organismes microscopiques viennent s'y fixer et forment progressivement une communauté. Les déchets plastiques offrent ainsi de nouveaux supports durables. Cet habitat formé autour du plastique est appelé « plastisphère ».

Les chercheurs se sont intéressés cette fois aux archées. Ces organismes microscopiques ressemblent extérieurement aux bactéries, mais appartiennent à une autre grande branche du vivant. Elles sont présentes dans de nombreux environnements, y compris les océans, et certaines participent aux transformations naturelles du carbone, de l'azote ou du soufre.

Pour savoir quel est l'impact du plastique, l'équipe a comparé des débris récupérés dans des milieux marins côtiers avec l'eau située autour. Les chercheurs ont analysé le matériel génétique présent dans les échantillons. Cette méthode permet d'identifier les groupes d'archées et d'estimer les fonctions biologiques associées à leurs gènes.

Les communautés installées sur le plastique présentaient une diversité plus élevée et variaient davantage d'un échantillon à l'autre. Certains grands groupes d'archées y étaient aussi davantage représentés que dans l'eau environnante. Le plastique ne sert donc pas seulement de support neutre : il sélectionne une communauté particulière.

Les différences concernent également ce que ces organismes peuvent faire. Les chercheurs ont trouvé davantage de gènes associés aux transformations du méthane, de l'azote et du soufre sur les plastiques.

Autre observation, l'écart entre les communautés du plastique et celles de l'eau augmentait lorsque la pression liée aux substances chimiques d'origine humaine était plus forte. Cela indique que plusieurs formes de pollution peuvent agir ensemble sur les communautés microscopiques côtières, sans que l'étude permette encore d'en mesurer toutes les conséquences.

L'étude établit donc que les archées répondent elles aussi à ce nouvel habitat. Jusqu'ici, elles avaient reçu moins d'attention que les bactéries dans les recherches consacrées à la plastisphère.

Les auteurs veulent désormais mieux déterminer comment ces changements se traduisent réellement dans les échanges de carbone, d'azote et de soufre. Mesurer l'activité des organismes, et pas seulement leurs gènes, permettra d'estimer l'effet concret de ces habitats artificiels sur les zones côtières.

LU
LuluCosmos

C'est fou que la vie arrive à coloniser même nos déchets... mais ça rend le plastique encore plus dur à retirer sans embarquer tout ce qui vit dessus non ?

PL
PlumeVerte

Le piège, c’est qu’on finit par avoir tout un petit monde vivant sur un déchet qu’on voudrait retirer. Ça rend le nettoyage en mer encore plus délicat.

Anonyme

Est-ce qu’on sait si ces microbes accélèrent la dégradation du plastique, ou ils profitent juste de la surface ?

HT
HT ou TTC

Cette bonne nourriture déjà ensachée peut-elle se vendre au kilo ?