Une immense structure de galaxies Ă©tait dĂ©jĂ en train de sâassembler alors que lâUnivers Ă©tait encore trĂšs jeune.
Les astronomes lâont appelĂ©e COSMOS-z3.1-A. Sa lumiĂšre a voyagĂ© pendant environ 11,7 milliards dâannĂ©es avant de nous parvenir. Nous la voyons donc telle quâelle Ă©tait seulement 2,1 milliards dâannĂ©es aprĂšs le Big Bang. Ă cette Ă©poque, les grandes structures de lâUnivers Ă©taient encore en pleine formation.

Le tĂ©lescope VĂctor M. Blanco de 4 m sous son dĂŽme Ă Cerro Tololo, au Chili, utilisĂ© dans cette dĂ©couverte.
Crédit : CTIO/NOIRLab/NSF/AURA. Licence CC BY 4.0.
Pour comprendre ce qui a Ă©tĂ© dĂ©couvert, il faut oublier lâimage dâun simple amas de galaxies. COSMOS-z3.1-A rassemble plusieurs zones trĂšs denses, qui devraient finir par former des amas. Lâensemble constitue ce que les astronomes appellent un proto-superamas : lâancĂȘtre dâune structure regroupant plusieurs amas de galaxies.
Les chercheurs ont reconstituĂ© cette rĂ©gion en trois dimensions. Ils ont combinĂ© des galaxies repĂ©rĂ©es sur des images avec des mesures plus prĂ©cises de leurs distances. Ces observations proviennent notamment des tĂ©lescopes Keck et Gemini, ainsi que de lâinstrument DESI. Cette mĂ©thode rĂ©duit le risque de confondre des galaxies rĂ©ellement voisines avec des objets simplement alignĂ©s dans le ciel.
La carte obtenue rĂ©vĂšle dix grandes concentrations de matiĂšre dans COSMOS-z3.1-A. La structure est Ă©tirĂ©e et comporte plusieurs prolongements reliant ses zones les plus denses. Ces filaments pourraient acheminer de la matiĂšre vers les rĂ©gions oĂč les galaxies et les futurs amas grandissent.

Vue annotée du champ de COSMOS-z3.1-A, montrant la position des principales concentrations de galaxies du proto-superamas.
Crédit : CTIO/NOIRLab/DOE/NSF/AURA ; traitement T.A. Rector, M. Zamani, D. de Martin. Licence CC BY 4.0.
Sa taille et sa masse future sont particuliĂšrement remarquables. Les calculs indiquent que lâensemble pourrait Ă©voluer vers une structure dĂ©passant 2 000 000 milliards de masses solaires aujourdâhui. Cela reprĂ©sente plusieurs milliers de fois la masse de la Voie lactĂ©e. Les chercheurs ont aussi Ă©tudiĂ© COSMOS-z3.1-C, une autre grande concentration situĂ©e Ă la mĂȘme Ă©poque.
Pourquoi remonter aussi loin ? Les superamas actuels sont le rĂ©sultat de milliards dâannĂ©es dâĂ©volution sous lâeffet de la gravitĂ©. Retrouver leurs ancĂȘtres permet de suivre cette construction beaucoup plus tĂŽt. COSMOS-z3.1-A devient ainsi le proto-superamas confirmĂ© le plus lointain de ce type Ă©tudiĂ© par cette Ă©quipe.
La mĂ©thode devrait maintenant servir Ă rechercher dâautres structures trĂšs anciennes. Le programme ODIN observe de vastes rĂ©gions du ciel et dispose encore dâautres champs Ă analyser. Les futures donnĂ©es de lâobservatoire Vera C. Rubin pourront complĂ©ter ces observations et aider Ă suivre la croissance des amas sur une plus grande partie de lâhistoire cosmique.