🧲 Ce cristal devient supraconducteur lorsqu’on le comprime

Un cristal composé de couches très fines change profondément lorsqu’il est comprimé. À forte pression et presque au zéro absolu, il devient supraconducteur. Le courant peut alors y circuler sans résistance électrique mesurable. Ce changement apparaît précisément lorsque l’organisation magnétique du matériau disparaît, un rapprochement qui intrigue les physiciens.

Le matériau étudié s’appelle CeSiI. À pression normale, il conduit déjà l’électricité et possède un comportement magnétique bien ordonné. Mais il ne devient supraconducteur qu’à une température extrêmement basse. Le maximum mesuré se situe vers -272.9 °C, soit 0.24 K, à seulement 0.24 °C au-dessus du zéro absolu.

L’effet Meissner : une manifestation de la supraconductivité

L’effet Meissner : une manifestation de la supraconductivité
Image : Peter Nussbaumer - CC BY-SA 3.0

Sa structure ressemble à un empilement de feuillets reliés assez faiblement entre eux. Cette organisation permet d’étudier des comportements proches de ceux des matériaux bidimensionnels. CeSiI appartient aussi à une famille où les interactions entre électrons sont particulièrement fortes. Les électrons mobiles y réagissent aux petits aimants portés par certains atomes.

À pression normale, ces petits aimants s’orientent selon un ordre précis : des voisins pointent dans des directions opposées. On parle d’antiferromagnétisme. En comprimant progressivement le cristal, les chercheurs ont constaté que cet ordre s’affaiblit, puis disparaît autour de 6 GPa. Cette pression correspond à environ 60 000 fois la pression atmosphérique au niveau de la mer.

C’est près de cette disparition de l’antiferromagnétisme que la supraconductivité apparaît. Ce voisinage est intéressant, car il peut renseigner sur la façon dont les électrons s’associent. Dans un supraconducteur ordinaire, cette association dépend principalement des vibrations des atomes du cristal.

Les chercheurs disposent ainsi d’un même matériau où pression, magnétisme et supraconductivité peuvent être réglés ensemble. CeSiI peut notamment être séparé en couches très fines, ce qui permettra d’étudier ces interactions lorsque l’épaisseur diminue. Les prochaines expériences chercheront à déterminer plus précisément quel mécanisme associe les électrons et produit la supraconductivité dans cet environnement magnétique.

BI
Bienvenito

Par ce biais, je demande aux générations du futur et aux êtres évolués et bienveillants des autres espèces galactiques de nous fournir rapidement les technologies de supraconduction et de lévitation autrement que sous de trop grosse pression dans un froid absolu car nos petits corps célestes ne le supporte pas. Vous devez être très plats et glaçants si vous vivez dans cet état trop bridant pour nous.

BI
Bienvenito

Et aussi si vous pouvez nous dire comment voyager dans l'espace facilement, vu que que pour nous c'est quand même épuisant et coûteux. Faudrait vous dépêcher car on est pas tous cinglé quand même comme vu à la télé !

Anonyme

PTDR

RE
Reeeee

60 000 fois la pression de l'air et presque -273 °C... pratique, reste juste à trouver la prise qui va avec.

MA
Mamazone

Bienvenito, avant les extraterrestres, il faudra surtout réussir à obtenir cet effet à une température moins basse. Pour l'instant, ce matériau est surtout intéressant pour comprendre ce qui se passe entre magnétisme et supraconductivité.

KR
Kroco_8

Je demande à voir ce que ça donnera sur des couches vraiment très fines. Entre un cristal comprimé à 6 GPa et un feuillet minuscule, j'imagine que le comportement peut changer pas mal.

MI
MissTinguette

Au moins, ce matériau pourra servir à mieux comprendre le lien entre magnétisme et supraconductivité. Les applications viendront peut-être bien plus tard.

MI
MissTinguette

Ces expériences à des températures aussi basses restent très éloignées de notre quotidien, mais elles permettent au moins de mieux comprendre ces matériaux.

KR
Krokus42

On nous vend souvent la supraconductivité comme une révolution, puis on découvre -272.9 °C et 6 GPa. Pour l'instant ça reste surtout de la physique de labo.

MI
mimipartie

Ah, ça me rappelle quand j'avais vu une démo avec un petit aimant qui flottait au-dessus d'un matériau refroidi. Hop, ça avait l'air magique alors que les conditions étaient déjà pas simples ! Là avec 6 GPa en plus, on est clairement dans une autre catégorie.