Certaines explosions dâĂ©toiles pourraient ĂȘtre dĂ©clenchĂ©es par des trous noirs formĂ©s au dĂ©but de lâUnivers. Cette hypothĂšse reste thĂ©orique, mais une nouvelle Ă©tude montre quâelle pourrait expliquer certaines caractĂ©ristiques chimiques observĂ©es dans la Voie lactĂ©e.
Les objets concernĂ©s sont des trous noirs primordiaux. Contrairement aux trous noirs issus de lâeffondrement dâune Ă©toile, ils sont extrĂȘmement petits et seraient apparus lorsque lâUnivers Ă©tait encore trĂšs jeune. Leur existence nâa pas Ă©tĂ© confirmĂ©e, mais ils font partie des candidats possibles pour expliquer la matiĂšre noire.

Minuscules, les trous noirs primordiaux se seraient formés au tout début de l'Univers
Selon le scĂ©nario Ă©tudiĂ©, un trou noir primordial traverserait une naine blanche. Cette Ă©toile compacte correspond au stade final dâune Ă©toile peu massive, aprĂšs la disparition de ses couches externes. MalgrĂ© sa petite taille, elle contient une quantitĂ© de matiĂšre comparable Ă celle du Soleil.
En se dĂ©plaçant dans la naine blanche, le trou noir exercerait une attraction gravitationnelle trĂšs intense sur la matiĂšre environnante. Ce passage chaufferait une zone situĂ©e autour de sa trajectoire. Si la tempĂ©rature devenait suffisamment Ă©levĂ©e, une rĂ©action nuclĂ©aire incontrĂŽlĂ©e pourrait sâamorcer.
Lâexplosion produite serait alors une supernova de type Ia. Ces Ă©vĂ©nements servent notamment Ă mesurer les distances dans lâUnivers, car leur luminositĂ© intrinsĂšque peut ĂȘtre estimĂ©e. Comprendre leurs origines est donc important pour reconstruire lâhistoire de lâexpansion cosmique.
Les chercheurs ont comparĂ© leurs simulations Ă plusieurs rĂ©manents de supernovae, ainsi quâĂ des explosions observĂ©es dans des galaxies proches. Ils ont aussi Ă©tudiĂ© les Ă©lĂ©ments chimiques prĂ©sents dans les Ă©toiles de la Voie lactĂ©e, notamment diffĂ©rents isotopes du nickel et du manganĂšse.
Le modĂšle indique quâune petite partie des supernovae de type Ia pourrait provenir de ce mĂ©canisme. MĂȘme trĂšs rare, cette contribution aiderait Ă expliquer une tendance dans la composition chimique des Ă©toiles de notre galaxie.
Aucun trou noir primordial nâa Ă©tĂ© observĂ© directement. LâintĂ©rĂȘt de cette Ă©tude vient donc des traces indirectes quâils pourraient laisser dans les explosions stellaires et la composition de la matiĂšre. Les chercheurs doivent encore tester ce scĂ©nario sur davantage de supernovae et de populations dâĂ©toiles.