Voyagers: détection de l'émission ultraviolette galactique

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Lancées en 1977, les sondes Voyager 1 et 2 de la NASA sortent du Système solaire et pénètrent dans le gaz ambiant de notre galaxie. À plus de quinze milliards de kilomètres de la Terre, elles continuent de transmettre des données inédites. Une équipe internationale, dirigée par Rosine Lallement de l'Observatoire de Paris, et incluant des chercheurs du CNRS et de l'Institut Pierre-Simon Laplace, obtient ainsi un résultat de premier plan: la détection de l'émission ultraviolette des atomes d'hydrogène de la Galaxie. Cette découverte a été publiée en ligne le 1er décembre par la revue Science.

Les sondes Voyager 1 et 2 sortent petit à petit du Système solaire, l'héliosphère (à gauche) où s'exerce l'influence du Soleil, pour entrer dans les abords du milieu interstellaire de la Galaxie. Elles perçoivent maintenant l'émission ultraviolette en provenance des régions de formation d'étoiles (à droite) dans la Galaxie.
(Observatoire de Paris / CNRS / GEPI / Science)

Une équipe internationale dirigée par Rosine Lallement (médaille d'argent CNRS 2004) du Laboratoire Galaxies, Étoiles, Physique et Instrumentation - GEPI de l'Observatoire de Paris, et incluant des chercheurs du CNRS et du Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales LATMOS de l'Institut Pierre Simon Laplace IPSL annonce la première détection dans notre galaxie de l'émission ultraviolette des atomes d'hydrogène, constituant essentiel de la matière interstellaire. Grâce à une analyse raffinée des observations des sondes spatiales Voyager 1 et 2 qui s'échappent du Système solaire, les chercheurs ont mis en évidence ce rayonnement dans la direction de la Voie lactée et de ses jeunes étoiles chaudes. Il s'agirait de la fameuse émission, tant recherchée et jusqu'ici introuvable. Son étude détaillée va maintenant permettre de mieux comprendre le comportement des galaxies lointaines.

L'émission Lyman alpha, du nom du physicien américain Theodore Lyman qui l'a découverte et étudiée de 1906 à 1914, est la signature principale des atomes d'hydrogène dans l'Univers. Elle se produit à 121,6 nanomètres de longueur d'onde, dans l'ultraviolet. C'est l'équivalent, avec un autre atome émetteur, de la couleur jaune-orangée des lampes à vapeur de sodium qui illuminent nos autoroutes et cités urbaines. Mais comme sa longueur d'onde se situe dans l'ultraviolet lointain, l'atmosphère de la Terre y est totalement opaque. On ne peut percevoir cette émission caractéristique que depuis l'espace. Jusqu'à présent, on n'avait pas encore pu détecter l'émission Lyman alpha associée à la Galaxie: elle est complètement masquée par une émission intense dont la source est le Soleil. Notre étoile produit une profusion de photons ultraviolets, qui sont absorbés et rediffusés par les atomes d'hydrogène interstellaire qui proviennent de la Galaxie et coulent en permanence à l'intérieur du Système solaire. Les deux vaillantes sondes Voyager 1 et 2 s'éloignent de plus en plus du Soleil. Vue des sondes, dont les distances à notre étoile sont passées de 6 à 13 milliards de kilomètres (40 à 90 Unités Astronomiques, distance moyenne Soleil-Terre), la lueur Lyman alpha est devenue vingt fois moins intense que près de l'orbite de la Terre. L'équipe de Rosine Lallement a comparé la lumière ultraviolette résiduelle captée par les sondes Voyager à un modèle théorique de la lueur interplanétaire en fonction de la direction sur le ciel. Elle a ainsi mis en évidence un petit excès de rayonnement d'environ 10% dans la direction de la Voie lactée et de ses jeunes étoiles chaudes émettrices d'un rayonnement«rouge» caractéristique, H alpha à 656,3 nanomètres de longueur d'onde. C'est le fameux rayonnement Lyman alpha recherché.

En perspective se profile la possibilité de comparer l'émission de notre galaxie à une modélisation complète. On connait bien les sources locales, (étoiles jeunes et chaudes), et le contenu en gaz et poussières de notre galaxie. Il sera donc possible de tester localement les modèles développés pour interpréter le rayonnement Lyman alpha des galaxies de l'Univers primordial et le traduire en taux de formation stellaire. Pour ces galaxies, c'est souvent la seule raie observable, mais la façon dont les photons se propagent est extrêmement complexe, et par conséquent le lien entre l'émission et le taux de formation d'étoiles l'est également.

Cependant, les sondes Voyager ne pourront pas obtenir une cartographie complète de l'émission ultraviolette de la Galaxie. Leur générateur nucléaire d'électricité vieillit, et produit de moins en moins d'énergie. Ceci a conduit à l'arrêt de la plateforme de pointage, puis à l'arrêt du spectromètre ultraviolet qui faisait les mesures. Il faudra une mission spatiale dédiée pour obtenir une cartographie plus complète de l'émission Lyman alpha de notre galaxie.

Référence

Voyager Measurements of Hydrogen Lyman-a Diffuse Emission from the Milky Way, à paraître en ligne le 1er décembre 2011 sur Science ExpressRosine Lallement, Eric Quémerais, Jean-Loup Bertaux Bill R. Sandel, Vlad Izmodenov

LE
le fennec

Avoir des sondes en état de fonctionnement avec des instruments des année 70's, qui ont parcouru 14 milliards de km pendant plus de 30 ans, qui n"ont couté "que" 250 millions de dollards .... ca me laisse sur le cul :haaa:

ça c'était un programme ambitieux !
et maintenant ?

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cisou9

:_salut:
Eh oui et le matos était bon à l'époque, 30 ans et depuis 15 ou 20 ans à 3°K. :bon:

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Troll

Je rêve d'une dernière mission pour les navettes à la retraite : utiliser les futurs moteurs Vismir pour envoyer des navettes bourrées de matos à la limite du système solaire ( et plus loin encore ) mais à une vitesse jamais égalée.
Faire tout le montage au niveau de l'iss, le "vaisseau" partirait depuis l'espace, avec déjà une vitesse de base. Mais ça pourrait être aussi un moyen de reconvertir les vieux modules de l'ISS dans un avenir à moyen terme ( 15 à 20 ans ) comme structure de base pour l'envoie de matos d'observation et de mesure, ce serait une bonne reconversion !!

Aux dernières nouvelles (il y a 2 ans environ ), il devait y avoir des essais sur la l'ISS en 2013.......je ne sais pas où en sont ces projets.
Mais de mettre en place un projet pour 2020 ayant pour but d'aller le plus loin possible et le plus rapidement possible n'est peut-être pas dans les priorités, ni même dans un quelconque projet à long terme.........dommage !

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cisou9

Je rêve d'une dernière mission pour les navettes à la retraite : utiliser les futurs moteurs Vismir pour envoyer des navettes bourrées de matos à la limite du système solaire ( et plus loin encore ) mais à une vitesse jamais égalée.

:_salut: Oui mais le moteur n'est pas encore fonctionnel. :non:

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Xanavi

Tiens j'y pense mais la sonde New Horizons aprés avoir rapidement croisée Pluton elle aussi pourrait avoir le mm objectif que Voyager.

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cisou9

Xanavi
Tiens j'y pense mais la sonde New Horizons aprés avoir rapidement croisée Pluton elle aussi pourrait avoir le mm objectif que Voyager.

:_salut: Mais ce n'est possible que si elle a un générateur nucléaire et non des panneaux solaires. :_grat2:

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franckpiton

Wikipédia a dit:

New Horizons a été développé pour fonctionner dans cette région très éloignée de la Terre et du Soleil. La conception de la sonde et de la mission prennent ainsi en compte la faiblesse de l'ensoleillement qui impose le recours à un générateur thermoélectrique à radioisotope et à une isolation thermique renforcée

Wikipédia a aussi dit:

Après le survol de Pluton, New Horizons continuera dans la ceinture de Kuiper où un ou plusieurs objets d'environ 50 à 100 km de diamètre pourront être visés et observés. Comme les possibilités de manœuvre sont limitées, cette partie de la mission dépendra des objets que l'on aura pu identifier à proximité du trajet de la sonde.


En 2004, cette partie fut remise en cause à la suite d'une pénurie de Plutonium 238 causée par l'arrêt du Laboratoire national de Los Alamos (où le plutonium de la mission était produit). Ce problème a depuis été résolu (grâce au Plutonium 238 russe) et, bien que New Horizons disposera de moins de puissance que prévu (190 W vers Pluton, au lieu de 225 W), cela devrait être suffisant pour que la mission se poursuive jusqu'en 2025, date à laquelle New Horizons aura atteint la distance de 50 à 60 ua.

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bongo1981

Plutonium 238 ?
En fait ce n'est pas un réacteur nucléaire, mais l'utilisation de l'énergie libérée par la désintégration ?

BA
Bap2703

C'est ça, la différence c'est qu'il n'y a pas de réaction en chaine.
Sémantiquement ça reste un réacteur nucléaire.

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cisou9

Bap2703
Sémantiquement ça reste un réacteur nucléaire.

:_salut: Because le combustible nucléaire. :siffle:

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Troll

Si j'ai bien compris, le moteur Vismir doit de toute façon avoir un second moteur ( nucléaire celui-ci ) pour que le tout fonctionne.

cisou9
:_salut: Oui mais le moteur n'est pas encore fonctionnel. :non:

Je sais ça, c'est pour cette raison que je rappelais les tests prévus sur l'ISS en 2013. Et ce ne sont certainement pas des tests finaux, mais justes intermédiaires !!
J'espère toutefois que d'ici 2020, ce moteur sera opérationnel.