Anciennement appelée Vava'u, l'île fut occupée dès le IV siècle par les Polynésiens. La première mention attestée de l'atoll est faite par l'explorateur hollandais Jakob Roggeveen en 1722. James Cook la signale en 1769 et y débarque en 1777. En 1842, l'île passe sous protectorat français.
Les États-Unis y installèrent une base militaire durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant cinq ans, près de 5 000 hommes se sont relayés sur cette île. C'est à cette époque qu'un aéroport fut construit sur le Motu Mute.
Période pré-européenne
Pour Vavau (Bora-Bora) les généalogies ne remontent pas au-delà de Ofa'i-Honu, premier arii connu, appartenant à une lignée royale différente de celle de Havai'i (Raiatea).
Il existe encore dans l'île, une grande pierre taillée en forme de tortue appelée Ofa'i-Honu (Pierre-Tortue). Cette pierre appartenait à Ofa'i-Honu et symbolisait sa souveraineté sur l'île. Il épousa Hohora'i qui lui donna un fils, "Firiamata-o-Vavau". C'est à la naissance de ce dernier que le nom de Vavau fut donné à l'île et le marae ou temple de Vaiotaha fut édifié en son honneur.
Vavau fut des générations durant, le premier nom de l'île Porapora et Vaiotaha le premier marae royal de l'île sur lequel Firiamata-o-Vavau fut intronisé solennellement Ariinui ou souverain de Vavau. Ce prince plus connu sous le nom de Vavau, épousa la princesse héritière de Havai'i, Tetuamatatini i Vaeara'i, petite fille de Taaroa-nui-tahi-tumu i Vaeara'i. Ainsi, dès les origines, les deux dynasties de Havai'i et de Vavau s'unirent par les liens du mariage ; elles devaient continuer à régner sur ces îles et plus tard sur Tahiti.
Ces alliances matrimoniales étaient recherchées par les familles régnantes de ces deux îles dans le but de maintenir la paix entre ces deux royaumes.
Vavau, grand guerrier et illustre navigateur, après avoir eu un fils, Te-ohu-mata-tua-o-Havai'i, ne put résister à l'appel du large. Il s'embarqua pour un long voyage à travers les déserts océaniques et parvint à Nuku-Tere (Rarotonga) où il connut la belle To'amu, laquelle lui donna un fils appelé Mana-tere-i-te-pô.
Ce fils devint comme son père un grand navigateur ; son pahi (grande pirogue double) s'appelait Taaroa-nui-mai-tu-ra'i. Il partit pour Hitinui (Tahiti) où il épousa Taurua-horo-po'ipo'i de Vaiari (Papeari).
Mais Vavau reprit la mer et réussit à gagner Avaru (Nouvelle-Zélande) où il eut deux fils : Tepou et Tu-hoho'i-ru. Ils grandirent près de leur mère, car leur père poursuivit ses voyages d'exploration qui le menèrent à Nukalofa (Tonga). Dans cette île, il rencontra Papauri dont il eut un fils nommé Papatea.
Au retour de ce long voyage, Vavau visita les îles Tuamotu, où il connut Te-arii-o-te-ra'i vahine, de cette liaison naquirent : Tiihopu, Taehau et Rere-i-hotu. Ce dernier fils à l'exemple de son père devint un grand navigateur.
L'histoire raconte, qu'il sillonna, lui aussi le grand Océan et parvint jusqu'à Oahu (îles Hawaii) où il se fixa.
C'est à l'époque de Firiamata-o-Vavau vers le milieu du IXè siècle, qu'un groupe important de chefs guerriers quittèrent Havai'i (Raiatea) pour des raisons politiques et démographiques.
Ils arrivèrent à Hitinui (Tahiti) et débarquèrent à la pointe de Taunoa dans le district de Vaiari (Papeari).
Les Manahune, premiers habitants de l'île, s'opposèrent à l'établissement de ces colons ; mais les grandes familles de Vaiari, Papara, Punaauia firent exception, préférant l'alliance avec les nouveaux venus, des guerriers dont la supériorité paraissait éclatante. La lutte du petit peuple manahune ne dura pas longtemps ; après quelques combats, la supériorité technique des guerriers de Havai'i s'imposa.
Les Manahune qui ne voulurent pas se soumettre aux vainqueurs se réfugièrent dans les montagnes ; ce sont les ancêtres de ceux qui seront appelés plus tard les "taetaevao".
Ceux qui purent s'enfuir devinrent les serviteurs des conquérants et formèrent la dernière classe de la socièté, celle des manahune. Les vainqueurs en accord avec les chefs des grandes familles Manahune s'installèrent dans le pays. Hurimaavehi de Vaiari qui était le chef de la famille la plus puissante de l'île, fut l'artisan du rapprochement entre ces grandes familles Manahune et les chefs guerriers de Havai'i.
Des mariages eurent lieu entre ces deux communautés et il se forma un gouvernement calqué sur celui de Havai'i, lequel fut appelé "Gouvernement des chefs guerriers" et Vaiari devint le centre politique de Hitinui (Tahiti).
Revenons à Firiamata-o-Vavau qui finit par regagner son île natale où l'attendait fidèlement la reine Tetuamatatini i Vaeara'i qui assurait la régnence durant son absence qui dura de nombreux mois lunaires. Leur fils aîné Te-oho-mata-tua régnait déjà à Havai'i, lorsqu'ils eurent un second fils nommé Firiamata-o-Hiti.
Après la conquête de Hitinui par les chefs guerriers de Havai'i, le prince Firiamata-o-Hiti vint à Vaiari où il épousa Tetuanui-Taurua-horo-po'ipo'i. De leur union naquit Te-toa-o-te-moana alias Teriitemoanarau qui épousa Hitinui de Punaauia. Ils eurent un fils , l'illustre "Tetuana'e nui" surnommé plus tard le législateur.
On peut dire que la dynastie tahitienne des anciens rois du pays, commença véritablement avec Tetuana'e nui, qui fut le premier prince de cette lignée à ceindre le "maro ura" et le "maro tea" sur le marae de Farepu'a construit pour son sacre à Vaiari.
Tetuana'e nui tenait légitimement les deux ceintures royales de plumes rouges et de plumes claires - les équivalents de la couronne royale - de son grand père Firiamata-o-Hiti, fils de Tetuamatatini i Vaeara'i, princesse héritière de Havai'i (Raiatea) et donc titulaire des deux maro sacrés.
Le principe de la transmission légitime des maro royaux par ordre de primogéniture est extrêmement important. L'intronisation de Tetuana'e sur le marae sacré de Farepu'a vers le Xè siècle, marque le début du règne des arii nui maro ura, les souverains à la ceinture de plumes rouges, sur Tahiti.