Cellule polymère photovoltaïque

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Introduction

Les cellules polymères photovoltaïques désignent une technique de cellules solaires organiques produisant de l'électricité à partir de la lumière à l'aide de polymères semiconducteurs. Il s'agit d'une technique relativement récente étudiée en laboratoire par des groupes industriels et des universités à travers le monde.

Fullerène C60.

Deux maillons de PEDOT.

Poly(styrène sulfonate).

Encore largement au stade expérimental, les cellules polymères photovoltaïques offrent néanmoins d'intéressantes perspectives. Elles reposent sur des macromolécules organiques dérivées de la pétrochimie, dont les procédés de fabrication sont bien moins consommateurs d'énergie que ceux mis en œuvre pour les cellules à base de semiconducteurs minéraux. Leur coût de revient est bien plus faible et elles sont plus légères et moins fragiles. Leur nature flexible les rend même aptes à s'intégrer à des matériaux souples en polymères organiques ou en silicones, voire à des fibres textiles. Leur développement peut tirer parti des progrès du génie chimique, par exemple dans l'auto-assemblage de ces molécules. Leur principale faiblesse réside dans leur durée de vie encore limitée induite par la dégradation des polymères lorsqu’ils sont exposés au soleil.

Principe de fonctionnement

La physique sous-jacente à l'effet photovoltaïque dans les semiconducteurs organiques est plus complexe à décrire que celle des cellules à semiconducteurs minéraux. Elle fait intervenir les différentes orbitales moléculaires, certaines jouant le rôle de bande de valence, d'autres de bande de conduction, entre deux espèces moléculaires distinctes, l'une servant de donneur d'électrons et l'autre d'accepteur, organisées autour d'une hétérojonction comme dans le cas des semiconducteurs minéraux :

  1. Les molécules servant de donneurs d'électrons (par génération d'excitons, c'est-à-dire de paires électron-trou) sont caractérisées par la présence d'électrons π, généralement dans un polymère conjugué dit « de type p ».
  2. Ces électrons peuvent être excités par des photons visibles ou proches du spectre visible, les faisant passer de l'orbitale moléculaire haute occupée (jouant ici un rôle similaire à celui de la bande de valence dans un semiconducteur inorganique) à l'orbitale moléculaire basse vacante (jouant un rôle similaire à celui de la bande de conduction) : c'est ce qu'on appelle la transition π-π* (qui correspond, en poursuivant l'analogie avec les semiconducteurs minéraux, à l'injection des porteurs dans la bande de conduction à travers la bande interdite). L'énergie requise pour cette transition détermine la longueur d'onde maximale qui peut être convertie en énergie électrique par le polymère conjugué.
  3. Contrairement à ce qui se passe dans un semiconducteur inorganique, les paires électron-trou, dans un matériau organique, demeurent étroitement localisées, avec un couplage fort (et une énergie de liaison comprise entre 0,1 et 1,6 eV) ; la dissociation des excitons est réalisée à l'interface avec un matériau accepteur d'électrons sous l'effet d'un gradient de potentiel chimique à l'origine de la force électromotrice du dispositif. Ces accepteurs d'électrons sont dits « de type n ».

Matériaux

Structure de polymères conducteurs : polyacétylène ; poly(para-phénylène-vinylène) (PPV) ; polyaniline (X = N, NH), sulfure de polyphénylène (X = S) ; polypyrrole (X = NH) et polythiophène (X = S).

Les cellules photovoltaïques organiques utilisent souvent des films en poly(éthylène naphtalate) (PEN) comme revêtements protecteurs en surface, dont le rôle essentiel est de prévenir l'oxydation des matériaux constituant les cellules photovoltaïques organiques : O2 est en effet une impureté qui agit comme un centre de recombinaison électron-trou, dégradant les performances électroniques des composants. Sous ces revêtements protecteurs, on trouve une ou plusieurs jonctions p-n entre matériaux donneurs et accepteurs d'électrons, comme dans une cellule photovoltaïque classique à semiconducteurs minéraux.

Un exemple de réalisation consiste à insérer des molécules de fullerène C60 comme accepteurs d'électrons (type n) entre des chaînes de polymères conjugués (telles que le PEDOT:PSS, formé de poly(3,4-éthylènedioxythiophène) (PEDOT) comme donneur d'électrons (type p) mélangé au poly(styrène sulfonate) (PSS) assurant sa solubilité).

D'une manière générale, les recherches actuelles se portent par exemple sur des dérivés de polythiophènes comme polymères de type p, notamment le poly(3-hexylthiophène) (P3HT), avec des dérivés de fullerène comme accepteurs (type n) tels que le [6,6]-phényl-C61-butyrate de méthyle (PCBM).

D'autres couples p / n sont investigués, notamment à base de para-phénylène-vinylène (PPV) comme donneurs, tels que MEH-PPV / PCBM ou MDMO-PPV / PCBM, ou à la fois comme donneurs et comme accepteurs, tels que MDMO-PPV / PCNEPV.

Enduction

Les cellules polymères photovoltaïques peuvent être déposées sur des surfaces flexibles comme des encres à l’aide de procédés peu onéreux et pourraient donc permettre de réaliser des cellules photovoltaïques bon marché. Elles n’offrent néanmoins pour l’instant que des rendements ne dépassant pas 5 % en laboratoire et doivent donc être sensiblement améliorées avant de pouvoir jouer un rôle important dans la production d’énergie photovoltaïque.