Château médiéval de Pouancé

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Introduction

Château médiéval de Pouancé
Château médiéval de Pouancé
Période ou styleMédiéval
TypeForteresse
Début constructionfin XII siècle - début XIII siècle
Fin constructionXV siècle
Protectionclassé Monument historique (1929)
Latitude

Longitude
47° 44′ 29″ Nord

1° 10′ 30″ Ouest / 47.7413888889, -1.175
PaysFrance France
Région historique Anjou
RégionPays de la Loire
DépartementMaine-et-Loire
Commune françaisePouancé

Le château médiéval de Pouancé est situé dans la commune de Pouancé, dans le département de Maine-et-Loire, à la frontière entre la Bretagne et l’ancienne province de l’Anjou.

Avec l’enceinte urbaine de la ville, dont une partie est encore visible aujourd’hui, il couvre une superficie de trois hectares, faisant de lui le plus grand château d’Anjou, après le château d'Angers. Il fait partie des Marches de Bretagne et est le pendant angevin du château de Châteaubriant.

Classé monument historique depuis le 7 juillet 1926, le château a subit 40 ans de fouilles ponctuelles et de rénovations. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens, dans l'attente d'une étude archéologique approfondie.

Construction

Reproduction du Château de Pouancé vers le XVe siècle

La date exacte de l'occupation militaire du site est encore inconnue. Selon Racineux, le château a probablement été construit par Manguinoë, premier seigneur de Pouancé, entre 990 à 1037. Pour Jean-Louis Ormilières, il aurait pu être bâtit par Foulque Nerra. Une seule certitude, la place forte de Pouancé est attestée dès le XI siècle, vers 1050 puisque Geoffroy Martel, fils de Foulque Nerra, en fait mention en parlant de Landry, son vicaire de Pouancé (Landricum Vicarium de Poenciacum). Le style de la forteresse d'origine est encore inconnu, peut-être de style motte féodale, aucun vestige de donjon de pierre n'ayant à ce jour été retrouvé.

La construction du château médiéval débute vraisemblablement vers la fin du XII et le début du XIII siècle. Les premières tours s'élèvent, bientôt suivi des courtines. Le château est construit en moellons de schiste du pays. De cette période datent encore la tour de la Dame Blanche et la tour Saint-Antoine, et les restes de la tour du Moulin et de la tour Criminelle, ainsi que certaines courtines.

Entre 1371 et 1379, Pierre II de Valois, propriétaire de la seigneurie, « fist faire ou castel de Pouencé une belle tour », probablement l'actuelle Grosse Tour. Il fit également poser des mâchicoulis. C'est vers le XIV siècle que furent effectuées des reprises sur les tours du XIII, notamment la Saint-Antoine, afin d'y inclure des escaliers à vis.

Le XV siècle vit l'utilisation de la première artillerie à poudre. Le château subit alors une réorganisation défensive, en condamnant l'accès des poternes nord et sud pour y inclure des éléments défensives, notamment des moineaux. On érigea également la tour Heptagonale, une caponnière, ainsi qu'un bastion dans la basse-cour.

Historique

Dès la fin du haut Moyen Âge, le site de Pouancé, situé aux confins des Marches de Bretagne et de l'Anjou, fut certainement fortifié afin de contrecarrer la place-forte bretonne de Châteaubriant. La première mention du château remonte à la période 1049-1060 dans le cartulaire de Carbay ; le comte d' Anjou y entretenait des hommes et un vicarius. Des fragments de sarcophages datables du haut Moyen Âge (découverts dans les murs de l'église de Saint-Aubin et de Grugé-l'Hôpital) prouvent l'existence de peuplements antérieurs à l'édification du château fort dans cette zone. De plus, dés 1066, le duc de Bretagne Conan II voulant s'emparer de l'Anjou, assiège Pouancé.

Vue en contre-plongée de la Grosse Tour (XIVe siècle) avec sa caponnière (XVe siècle) à gauche, et la tour de la Dame Blanche ( fin XIIe siècle) à droite.

Le château subit un second siège par l'armée bretonne de Jean IV de Bretagne en 1379, où la forteresse est prise par trahison. Pierre de Valois échange avec Bertrand Du Guesclin les terres de Pouancé et de La Guerche contre des terres en Normandie. Pouancé est alors sous contrôle du duc Jean IV qui rend la forteresse à Olivier du Guesclin en 1381. Celui-ci la lui vendra en 1390. Suite au mariage entre Jean I d'Alençon et Marie de Bretagne, celle-ci reçoit en dot les seigneuries de Pouancé et La Guerche, qui appartiendrons dès lors à la famille d'Alençon. Sous leur règne, Pouancé sera assiégé à deux reprises, en 1432 par Jean V de Bretagne, et une seconde fois en 1443 par les anglais du duc de Somerset.

En 1488, la place forte de Pouancé voit le rassemblement de près de 12000 hommes de l'armée royale commandée par La Trémoille, qui mettra le siège sur Châteaubriant, débutant ainsi une campagne militaire contre le duché de Bretagne qui aboutira à terme à son annexion au royaume de France.

Jusqu'au premier quart du XVII siècle, bien que délaissé d'un point de vue militaire et résidentiel, il trouve encore un usage administratif.

C'est probablement au XVIII siècle que les habitants de la ville décident de détruire le châtelet d'entrée, de combler les fossés, et de construire plusieurs maisons et ateliers à l'intérieur de la haute-cour, le long des courtines. S'en suit une longue période d'abandon et de dégradation. En 1915, une des tours, latour Criminelle, s'effondre, suivie de la Tour du Moulin en 1936.

Malgré les travaux de consolidation et de sauvegarde mises en place à partir de 1980, une partie de l'enceinte s'effondre de nouveau en 1982, puis en 1995.

Description

Moineau du château médiéval

Implanté sur un surplomb schisteux naturel, dominant l'étang de Saint-Aubin à l'ouest et la rivière de la Verzée, protégé par une enceinte comprenant onze tours et percée de trois accès, le château fort se compose d'une basse et d'une haute cour, séparées par une douve sèche (utilisée comme dépotoir au XIX siècle). L'accès à la haute-cour était gardé par un châtelet d'entrée avec une passerelle. Deux poternes percées dans le mur d'enceinte, une au nord (passage cavalier) et une au sud (passage charretier) débouchaient dans les douves sèches. On ignore le système de communication entre celles-ci et la haute-cour. Le logis seigneurial, dégagé lors des fouilles, est un vaste bâtiment rectangulaire d'environ 24 mètres sur 8 mètres, à un étage. Les traces d'ancrage des rampants du toit sont visibles sur la courtine. Sous le corps de logis, une salle souterraine entièrement aveugle, voûtée en berceau, est habituellement qualifiée de glacière : son sol est taillé dans le schiste et une rigole faisant le tour de la pièce permet de récupérer les eaux d'infiltration. Une tour Porche (XV siècle) permet d'accéder à la basse-cour depuis la ville ; elle est percée de deux portes, une charretière et une piétonne (murée côté ville), couvertes par des voûtes en berceau brisé. Agrandie sur son côté nord au XVII siècle, cette tour Porche a perdu son aspect défensif ; les deux étages et l'étage de comble ont été alors transformés en logement. Un reste de tour est conservé chez un particulier à l'angle sud-est de la cour.

Panoramique intérieur du Château médiéval

Restauration

Une partie de la restauration a été effectuée par une association employant des bénévoles.

Renvois

Bibliographie

  • Alain Racineux, À travers l’histoire, au pays de Pouancé, 1983

Notices Mérimée