David Gunn se dit dans un interview qu'il a passé son adolescence à faire de l'entrainement au combat et à monter-descendre dans les montagnes avec des sacs à dos remplis de briques. Telle est la culture familiale depuis des générations.
Au milieu d'une des missions secrètes en Amérique Centrale, David Gunn, alors dans un delirium maladif entre des vomissements, des diarrhées et des somnolences pendant cinq jours à l'hôtel Skuzzy, est victimes des hallucinations d'où il voit un individu rampant avec un couteau depuis son matelas pour vomir dans les toilettes :
« Le personnage de Sven me trotte dans la tête depuis des années. Un grand type avec un bras de métal, taillant son chemin dans les décombres d’une cité en feu alors que la bataille fait rage. Je ne sais pas d’où cette idée m’est venue ni pourquoi. Un jour, je me suis retrouvé terrassé par la fièvre dans une chambre d’hôtel miteuse en Amérique centrale, hallucinant, vomissant et rampant vers les toilettes. Il y a une scène du livre dans laquelle Sven, en proie à la fièvre, nettoie les vomissures de son matelas déjà douteux avec la lame de son couteau. C’est du vécu. Je suis resté des jours dans cette chambre à marteler un portable bon marché. J’ai peut-être écrit cinq mille mots par jour. La femme de ménage ouvrait la porte, jetait un œil, fronçait le nez et repartait. Je ne mangeais quasiment rien, buvais du Pepto Bismol à même la bouteille et travaillais sans relâche. Quand j’ai eu terminé j’étais fourbu, mais j’avais un livre. Et Sven était sorti de ma tête pour se retrouver sur les pages. »
— David Gunn.
De cette expérience, il écrit en trois mois son premier roman Le Faucheur : il s'inspire évidemment de lui-même pour le personnage nommé Sven "Tveskoeg", un lieutenant qui, souffrant le martyr, n'est humain qu'à 98,2%.