La démographie de la Creuse est caractérisée par une faible densité et une population vieillissante, en constante diminution depuis le début du siècle.
En janvier 2007, le département français de la Creuse comptait officiellement 123 863 habitants, se situant en 99 position sur le plan national.
En huit ans, de 1999 à 2007, sa population a perdu près de 1 000 unités, c'est-à-dire de plus ou moins 100 personnes par an. Mais cette variation est différenciée selon les 706 communes que comporte le département.
La densité de population de la Creuse, 22,3 habitants par kilomètre-carré en 2007, est égale à un peu plus du cinquième de celle de la France entière qui est de 100,5 pour la même année.
Peuplement du territoire de la Creuse
Des hameaux néolithiques
L’habitat isolé de la période gauloise
Période romaine
Ruralité au Moyen Âge
Dès le Moyen Âge, les creusois émigrent vers les grandes villes. Dans tous les villages les hommes partent souvent dans les métiers du bâtiment de mars à novembre. Certains s'installent définitivement dans ces villes.
Évolution démographique du département de la Creuse
Avec 265 384 habitants en 1831, le département représente 0,81 % de la population française, qui est alors de 32 569 000 habitants. De 1831 à 1866, il va gagner 8 673 habitants, soit une augmentation de 0,9 % moyen par an, égal au taux d’accroissement national de 0,48 % sur cette même même période (repère A à B).
L’évolution démographique entre la Guerre franco-allemande de 1870 et la Première Guerre mondiale est négative, après un pic en 1886, alors qu'elle croît au niveau national. Sur cette période, la population baisse de 8 428 habitants (repères C à D), soit une baisse de -3,7 % alors qu’il est de +10 % au niveau national. La population baisse de 11,57 % pour la période de l’entre-deux guerres courant de 1921 à 1936 alors qu’elle croit au niveau national de 6 9 % pour la France entière (repères E à F).
A contrario des autres départements français, le Creuse va poursuivre son déclin démographique après la Deuxième Guerre mondiale. Le taux d’accroissement démographique entre 1946 et 2007 est de 34,35 % alors qu’il croît de 57 % au niveau national.
De 1963 à 1980, 1 630 enfants enfants réunionnais "orphelins" furent déplacés par les autorités françaises dans le but de repeupler les départements français victimes de l'exode rural comme la Creuse, le Tarn, du Gers. Ce déplacement d'enfants par avions entiers fut organisé sous l'autorité de Michel Debré, député de La Réunion à l'époque.
Cet épisode de l'histoire française, très connu à La Réunion, qui a donné lieu à de nombreuses études écrites ou filmées est communément appelé l'affaire des Enfants de la Creuse ou des Réunionnais de la Creuse.
Fait historique, pour la première fois depuis de nombreuses décennies, la population départementale a augmenté entre les recensement 2006 et 2007, de 460 habitants.
1791
1801
1806
1821
1826
1831
1836
1841
1846
238 352
218 041
226 283
248 785
252 932
265 384
276 234
278 029
285 680
1851
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
287 075
278 889
270 055
274 057
274 663
278 423
278 782
284 942
284 660
1896
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
279 366
277 831
274 094
266 235
228 244
219 148
207 882
201 844
188 669
1954
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2007
172 702
163 515
156 876
146 214
139 968
131 349
124 470
124 354
123 863
Sources : SPLAF et INSEE pour les années 2006 et 2007
Le département de la Creuse comporte deux arrondissements. La population se concentre principalement sur l'arrondissement de Guéret puisqu'on y recense en 2007 69 % de la population totale du département, avec une densité de 15 habitants/km², et 31 % pour celui de Aubusson.
Arrondissement
Population
2007
Population
1999
variation
2007/1999
Superficie
km
Densité
hab./km
Guéret
85 039
84 483
== 0,7 %
3 027
28
Aubusson
38 825
39 999
-2,9 %
2 539
15
Source : Insee
Cantons
La Creuse comprend 27 cantons. Six d'entre eux voient leur population augmenter sur la période 1999-2007, celle des autres stagne ou régresse.
Sur les 706 communes que comprend le département de la Creuse, cinq seulement ont en 2007 une population municipale supérieure à 2 000 habitants, deux communes ont plus de 5 000 habitants, seule Guéret en a plus de 10 000.
Les évolutions respectives des cinq communes de plus de 2 000 habitants sur la période 1999-2007 sont présentées dans le tableau ci-après.
Commune
Pop.
2007
var.
/1999
Commune
Pop.
2007
var.
/1999
Guéret
14 066
== -0,3 %
Bourganeuf
2 948
-6,8 %
La Souterraine
5 374
== 0,9 %
Sainte-Feyre
2 247
== -0,1 %
Aubusson
4 181
-10,3 %
Source : Insee
Structures des variations de population
Soldes naturels et migratoires sur la période 1968-2007
La variation moyenne annuelle est négative depuis les années 1970, passant de -0,6 % à -0,7 %. Le solde naturel annuel qui est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés au cours d'une même année, a baissé, passant de -0,6 à -0,7. Le taux de natalité, déjà très faible, a baissé sur la même période, passant de 11,2 % à 8,3 %. Parallèlement le taux de mortalité, très élevé par rapport à la moyenne nationale, passe de 17,1 à 15,7
Le flux migratoire, négatif en 1968, redevient positif à partir des années 80, passant de -0.4 à 0.7 %.
En 1999, 1 055 naissances ont été dénombrées contre 2 041 décès. Le nombre annuel des naissances a diminué depuis cette date, passant à 1 029 en 2007, concomitamment à une baisse du nombre de décès, avec 1 934 en 2007. Le solde naturel reste ainsi négatif, passant de -986 à -921. Rapporté à la population correspondante, le taux lié au mouvement naturel annuel est ainsi passé de 0,-8 % à 0,-7 %.
Naissances
Décès
Densité de population
La densité de population est en baisse depuis 1886, en cohérence avec la baisse de la population. En 2007, la densité était de 22,3 habitants/km².
1968
28.2
1975
26.3
1982
25.1
1990
23.6
1999
22.4
2007
22.3
Répartition par sexes et tranches d'âges
La population du département est âgée. Le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est en 2007 de 33,0 % alors qu'il est de 21,5 % au niveau national.
En fait la question de l'âge doit distinguer deux phénomènes : la gérontocroissance et le vieillissement. Le premier tient à l’augmentation du nombre de personnes âgées, due à la longévité croissante des personnes âgées et aux spécificités de la pyramide des âges. Ainsi, le nombre des 60 ans ou plus s'élève en Creuse à 40 837 en 2007. Cette hausse devrait s'accentuer avec les gains d’espérance de vie et l'arrivée dans cette tranche d'âge, à compter de 2005 des générations nées après-guerre.
Le vieillissement, c'est-à-dire la baisse de la proportion des classes d’âge les plus jeunes, se constate même si on isole le phénomène de la gérontocroissance, en considérant le rapport entre les jeunes et la population d'âge actif (20-59 ans). Comme la France, la Creuse voit ce rapport diminuer : 40 jeunes pour cent adultes en 2007. Il est de 47 en 2007 au niveau national. Le caractère vieillissant d'une population est aussi traduit par l'indicateur de jeunesse qui est le ratio du nombre des 25 ans sur le nombre des 60 ans et plus. En 2007, il est pour de la Creuse égal à 19, soit 6 points au-dessus de celui de la France.
En 2007, le département comptait 60 335 hommes pour 63 528 femmes, soit un taux de 48,7 % d'hommes, similaire au taux national (48,4 %). Les pyramides des âges du Département et de la France s'établissent comme suit.
Hommes
Classe d'âge
Femmes
0,7
90 ans ou +
2,2
11,1
75 à 89 ans
15,9
17,6
60 à 74 ans
18,2
23,3
45 à 59 ans
21,1
18,4
30 à 44 ans
17,0
14,2
15 à 29 ans
12,3
14,7
0 à 14 ans
13,2
Hommes
Classe d'âge
Femmes
0,4
90 ans ou +
1,1
6,0
75 à 89 ans
9,2
12,6
60 à 74 ans
13,5
20,5
45 à 59 ans
13,5
21,3
30 à 44 ans
20,4
19,7
15 à 29 ans
18,3
19,6
0 à 14 ans
17,5
Répartition par catégories socioprofessionnelles
Les deux catégories socioprofessionnelles surreprésentées par rapport au niveau national sont celles des retraités d’une part et des ouvriers d’autre part. Avec 39,1 %, la catégorie des retraités est 13,8 % au-dessus de la moyenne nationale. Les catégories des cadres et professions intellectuelles supérieures et celle des professions intermédiaires sont a contrario cinq points en-dessous de la moyenne nationale.