En 1968, une première expédition franco-italienne de volcanologues parvint au sommet de l'Erta Ale. Haroun Tazieff et Giorgio Marinelli observent alors deux lacs de lave : dans le cratère nord un lac de cent mètres de diamètre et très actif et dans le cratère central un lac de 65 mètres de diamètre et moins actif, les deux étant situés à une profondeur de 165 mètres et étant vraisemblablement actifs depuis au moins 1906. Le niveau des lacs n'a cessé de remonter : en 1971, ils n'étaient qu'à une dizaine de mètres du bord des cratères et avaient à peu près le même diamètre et en 1972 ils ont débordé en noyant le plancher de la caldeira sous des coulées de lave. La situation durera jusqu'en 1974.
Aucune autre observation n'a été effectuée jusqu'en novembre 1992 hormis quelques survols aériens et des observations satellites. Un éboulement des parois du cratère nord avait enfoui le lac de lave sous une masse de débris et le niveau du lac central, dont les dimensions étaient de 40 à 70 mètres, était redescendu à cent mètres.
En 2001, la guerre avec l’Érythrée se termine et des équipes de scientifiques peuvent faire des mesures. Le lac mesure alors 80 par 100 mètres, se loge à une profondeur de 80 mètres et émet régulièrement des fontaines de lave de cinq à dix mètres de haut. Depuis cette date, le volcan est régulièrement visité. L’observation du lac de lave montre de fréquents changements de niveaux et d’activité.
Les lacs de lave montrent une intense activité : il se forme une croûte de lave refroidie mais celle-ci est percée par des fontaines de lave entretenues par des remontées régulières de gaz volcanique. De plus, des courants de convection existent dans la lave du lac, ce qui anime la croûte de mouvements. On peut alors observer en quelque sorte des zones d'accrétion et de subduction miniatures telle que dans les dorsales et les fosses de subduction.
Après une courte période où le lac s'est figé, l'éruption est repartie. Le lac de lave du cratère sud est de nouveau présent. Son niveau varie d'un mois à l'autre. Lorsqu'il s'abaisse, il laisse des terrasses de basalte figé. Elles seront recouvertes quelques mois plus tard lorsque le lac remonte.