Aujourd'hui, la progression exponentielle de la capacité des ordinateurs, permet à tout ordinateur individuel la mise en place de productions identiques, où l'auditeur participe à l'élaboration de sa propre œuvre.
Les systèmes actuellement mis en œuvre essaient de rassembler, au sein de réseaux ouverts (banque de données de sons ou de modules de composition), des connaissances et des apprentissages particuliers offerts par chacun pour fournir à tous une matrice universelle. En s'attachant à l'architecture de l'œuvre, les compositeurs ont perçu comment la structuration s'effectue non seulement par des modèles théoriques ou développés à partir du matériau, mais aussi par des intuitions immédiates des métamorphoses de ces modèles. Ce formalisme homogène fournit une création, unique par nature et pourtant déjà jointe aux révélations de l'univers.
Une telle création contrecarre notre vision linéaire d'un temps qui s'écoule dans une direction. En introduisant la notion de processus compositionnel, de sémantique processuelle ouverte, les compositeurs sont parvenus, avec l'informatique musicale, à intégrer l'évolution temporelle de l'œuvre ; non plus la procédure elle-même, une quelconque stratégie du changement, mais bien certaines phases continues de ce changement. Les nouvelles modélisations musicales des processus de composition, à l'œuvre dans la musique assistée par ordinateur en devenir, traduisent cet affrontement permanent du sonore informel et de son organisation musicale.
Plus récemment, les travaux de René-Louis Baron, principalement axés sur l'intelligence artificielle, ont permis d'obtenir la génération automatique d'une multitude de mélodies orchestrées dites « à caractère populaire », c'est-à-dire « agréable à l'oreille » et aisément mémorisables par l'humain. La découverte est basée sur de nouvelles règles musicales permettant, en temps réel, une interactivité « homme-machine » et, dans le domaine de la robotique, une réactivité musicale à tout paramètre physique extérieur. Le procédé et le dispositif sont actuellement protégés par brevets internationaux. Ils permettent notamment de minimiser le poids des programmes informatiques de composition musicale appliquant ce procédé (20 à 50Ko). Cette faculté majeure permet d'embarquer le logiciel dans une puce musicale à faible coût afin d'envisager une production industrielle visant des applications diverses (téléphonie, jouets, jeux vidéo, etc.).