International Business Machines

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

Logo de International Business Machines
Création1911, création déclarée
Dates clés1914, création de IBM France
Fondateur(s)George Winthrop Fairchild
Forme juridiquesociété anonyme
Action
Slogan(s)« Bâtissons une planète plus intelligente »
Siège socialÉtats-UnisArmonk (New York) (États-Unis)
DirectionSam Palmisano, Chairman & CEO ; Marc Lautenbach, General Manager Americas
Activité(s)Informatique, consultant
Produit(s)Voir ci-dessous
Effectif399 409 (2009)
Site Web
Capitalisation202,713 milliards USD (19/03/2010)
Chiffre d’affairesAugmentation 95,8 Mds USD (2009)
Résultat netAugmentation 13,4 Mds USD (2009)

International Business Machines, exactement International Business Machines Corporation, connue sous l'abréviation IBM, est une société multinationale américaine présente dans les domaines du matériel informatique, du logiciel et des services informatiques.

La société est née le 15 juin 1911 de la fusion de la Computing Scale Company et de la Tabulating Machine Company sous le nom de Computing Tabulating Recording Company (CTR). Celle-ci a changé de nom pour devenir International Business Machines Corporation le 14 février 1924. On lui prête le surnom de Big Blue en référence au bleu sombre, couleur longtemps associée à l'entreprise.

Activités

IBM était autrefois très centrée sur la conception et la commercialisation de matériels informatiques et en particulier d'ordinateurs centraux (souvent appelés mainframes) auxquels son image est longtemps restée associée. IBM a en effet eu un rôle décisif dans leur développement et leur utilisation par la plupart des grandes organisations publiques ou privées.

1993 a été une année charnière qui a lancé la grande transformation dont la société actuelle est le résultat. Alors même que la communauté financière, inquiète des mauvais résultats, faisait pression pour que le groupe soit éclaté en de multiples sociétés indépendantes libres d'exploiter les différentes lignes de produits, le choix fut pris par le PDG récemment nommé, Louis V. Gerstner, de conserver l'intégrité du groupe. Le pari fait était que par une meilleure gestion du portefeuille d'offres de produits et services, IBM saurait mieux tirer parti de ses forces historiques (à commencer par ses puissantes capacités en recherche et développement) pour proposer des solutions intégrées et non plus seulement des produits isolés.

C'est aussi le moment choisi pour revoir toute l'organisation commerciale. La volonté de pouvoir répondre de manière globale et unifiée aux demandes émanant des grands clients internationaux.

C'est encore à ce moment qu'IBM se lance de manière très volontariste dans les activités de services avec en particulier les débuts de l'infogérance. Le développement de ces activités de services a notamment permis de recycler une partie des employés dont les postes avaient été supprimés suite à la réorganisation.

En 2009, la contribution au bénéfice des différentes activités se décompose comme suit :

  • Matériels = 7 %
  • Activités de financement = 9 %
  • Logiciels = 42 %
  • Services = 42 %

Les services représentent désormais un peu plus de la moitié du chiffre d'affaires. Ceci témoigne de la profonde transformation opérée par IBM depuis une dizaine d'années.

Depuis 2002 et l'acquisition de la branche conseil de PricewaterhouseCoopers, IBM est devenu la première entité de conseil dans le monde entier.

Matériel

L'histoire de la division Matériel d'IBM commence en 1886 lorsque Docteur Herman Hollerith mène les premiers tests de son système de tabulation en enregistrant et calculant des statistiques vitaux destinés au département de santé de Baltimore au Maryland. Depuis cette date, IBM n'a eu cesse d'innover dans le domaine du matériel : processeurs, serveurs, réseaux et solutions de calcul et de stockage. Aujourd'hui, la division Matériel d’IBM (appelée Systems & Technology Group) propose une offre complète de matériels professionnels, destinés à satisfaire tous les besoins informatiques, de la TPE à l’entreprise du CAC40. La stratégie de la division est de construire pour ses clients une infrastructure dynamique, qui s'adapte à leurs besoins métiers. La mission de la division Matériels d’IBM couvre tous les aspects du cycle de vie des matériels informatiques, depuis la vente des composants et systèmes jusqu’au recyclage de ces systèmes en passant par l’intégration et le déploiement.

La gamme de produits de la division Matériel d'IBM se décompose en 6 grandes familles :

  • System z (grands systèmes ou mainframes) : ligne de produits adaptée pour la continuité des affaires, l’optimisation de la charge de travail (workload) et l’intégration de processus d’entreprise.
  • Power IBM Power Architecture® est la famille de processeurs RISC construits par IBM. On les retrouve aussi bien dans les consoles de jeux que dans les plus grands super calculateurs. Power Systems a redéfini la façon dont l’infrastructure informatique se met au service des objectifs métier
  • System x et BladeCenter : Dotés des processeurs Intel® et AMD Opteron hautes performances, les serveurs IBM System x sont idéaux pour permettre aux entreprises de toute taille de mettre en place des infrastructures flexibles et rentables pour un rapport prix/performances défiant toute concurrence.
  • Solutions de Stockage : IBM offre un ensemble de solutions matériels (disques, bandes, réseaux) et logiciels pour maitriser la forte croissance des données des entreprises.
  • Terminaux point de vente et bornes libre service : IBM est aujourd'hui le leader mondial des terminaux points de vente vendus et de parcs installés dans le monde.
  • Offres réseaux : IBM commercialise aussi du matériel de connexion réseau, adapté à l’évolution de l’infrastructure des entreprises.

Principales contributions :

  • Construction et maintenance de mainframes et de gros serveurs (qui possèdent nettement plus de RAM et d’espace de stockage que les ordinateurs grand public).
  • 47% de la recherche et développement d’IBM est consacrée au matériel.
  • Fabrication de disques durs. Technologie inventée par IBM en 1956. Cette activité a cependant été cédée à Hitachi en 2002 quand IBM s'est intéressée à millipede.
  • Recherche en nanotechnologie (entre autres : millipede).
  • IBM est l’un des deux architectes et fondeurs, et le promoteur principal, des processeurs Power utilisés dans la série Power Systems d’IBM (UNIX et i5), dans les anciens Macintosh d’Apple et en informatique embarquée. En 2005, Apple annonça son intention de migrer à des processeurs x86 au moment même où IBM consacrait son nouveau processeur, nommé CELL, à la console de jeu PlayStation 3, mais aussi aux consoles de Microsoft et Nintendo.
  • Concepteur et assembleur du Roadrunner, l'ordinateur le plus rapide au monde (en date du 11 juin 2008).
  • Fabrication de semi-conducteurs (puces électroniques) avec notamment un service de fonderie pour des sociétés fabless de semi-conducteurs.
  • En 2005, IBM Microelectronics pointe à la 19 place des 20 plus grands fabricants de semi-conducteurs (sans tenir compte de son service de fonderie).
  • IBM a introduit en juin 2009 CloudBurst 1.1, premier système de Cloud Computing intégré prêt à l’emploi, à base de BladeCenter destiné aux environnements de développement et de test.

Logiciels

Avec un chiffre d’affaire mondial de 22,089 milliards de $ et 21 % de parts de marché en 2008, la branche logicielle d’IBM (IBM Software Group) est le premier fournisseur de solutions logicielles d’infrastructure.

La branche logicielle d’IBM dans le monde, c’est :

  • 50 000 professionnels, dont 26 000 développeurs, 17 000 ingénieurs commerciaux et ingénieurs avant-vente.
  • Une part de 40 % des 3 125 brevets déposés par IBM aux États-Unis en 2008.
  • Un total de 80 laboratoires de R&D et de plus de 40 centres d'innovation,
  • Une représentation dans plus de 170 pays.
  • Un écosystème de plus de 100 000 partenaires

Depuis sa création en 1995, IBM Software Group construit une gamme complète de logiciels d’infrastructure ouverts, évolutifs, interconnectables et adaptés aux problématiques sectorielles.

Le portefeuille de technologies logicielles s'articule autour de cinq marques :

  • Information Management, pour la gestion de l’information à la demande, propose des solutions intégrées dans les domaines du décisionnel, de l’ILM (Information Life cycle management) et du MDM (master data management).
  • Lotus, première marque historique de IBM Software, propose des solutions de communication et de collaboration unifiées ainsi que des solutions de portail d'entreprise.
  • Rational répond aux problématiques de développements, de tests logiciels, de gouvernance de projets.
  • Tivoli, pour l’administration des systèmes d’information, fournit des solutions intégrées pour améliorer la qualité de service et les performances de l'infrastructure et des applications.
  • WebSphere, pour la gestion et l’intégration des applications, propose des solutions intégrées autour de l’ESB (Enterprise Service Bus) et du BPM (Business Process Management ou pilotage des processus métier) pour mettre en œuvre des architectures orientées services (SOA).

Par ailleurs IBM Software Group propose des solutions de PLM (Product Lifecycle Management) en partenariat avec Dassault Systèmes. Les solutions CATIA, ENOVIA, SMARTEAM permettent de concevoir, analyser et gérer les produits tout au long de leur cycle de vie, de leur conception à leur retrait du marché.

Principales contributions :

  • Bases de données (Edgar F. Codd pour les bases de données relationnelles en 1970)
  • Construite autour du noyau des bases de données (DB2), la branche Logiciels (Software Group en jargon interne) a été principalement constituée par croissance externe. Ses produits, peu connus du grand public (Tivoli, Websphere, Lotus, DB2, Rational) mais appréciés des professionnels, sont soit des « couches » intermédiaires (middleware) entre les logiciels applicatifs (Microsoft Office, SAP…) et les systèmes d’exploitation, soit des « suites professionnelles » visant le marché de la R&D (Rational Software).
  • Le système d'exploitation de type UNIX AIX développé à partir de 1986 avec la contribution de Bull.

Services

La branche services (IBM Global Services ou IGS) représentent la moitié du chiffre d’affaires d’IBM en 2008, mais l’essentiel de la marge opérationnelle provient encore du matériel et du logiciel, sur lesquels IBM dispose de positions dominantes discrètes mais fructueuses.

IBM Global Services couvre deux grand domaines activités :

  • Le conseil métier Global Business Services ou GBS qui intervient sur les couches organisationnelles et les systèmes d’information de l’entreprise pour en améliorer l’efficacité opérationnelle,
  • les services pour les infrastructures informatiques Global Technology Services ou GTS qui regroupe un ensemble d’offres de services à forte valeur ajoutée permettant d’accompagner les entreprises dans leur transformation et de répondre à leurs nouveaux enjeux mondiaux.

GTS se différencie sur quatre segments d'activités principaux :

  • Les services dédiés aux infrastructures informatiques Integrated Technology Services ou ITS : ensemble de services d’infrastructure aidant les entreprises à optimiser et tirer pleinement parti de leurs infrastructures informatiques.
  • Les services de maintenance Maintenance and Technical Support Services ou MTS : maintenance matériel et logiciel informatique avec actions préventives et correctives pour assurer une disponibilité optimale du matériel informatique par une approche multi-constructeur.
  • Les services d’infogérance Strategic Outsourcing ou SO, qui propose des solutions d’externalisation de la fonction Informatique (IT outsourcing) comme l’hébergement de serveurs intranet et extranet, la gestion de la sécurité, du stockage et des sauvegardes, ou encore l’externalisation d’applications de messageries ou de progiciels de gestion intégrés.
  • Les services de transformation des processus métier Managed Business Process Services ou MBPS : marché émergeant d’externalisation des processus métiers de Ressources Humaines ou de back office, comme la comptabilité, la paie ou les achats de commodités.

La stratégie d’IBM dans les services est de s'implanter sur les marchés de services de masse en s’affranchissant de toute connotation technologique. IBM Global Business Services s’appuie sur la notoriété de la marque - qui dispose d’un fort capital de confiance - et sur la puissance de feu de son organisation pour faire valoir sa position de leader sur le marché des services informatiques  : dotée du capital technologique et intellectuel pour répondre à ses propres besoins informatiques internes pour gérer ses 300 000 employés dans le monde, IBM peut et sait gérer les besoins informatiques de toute entreprise quelle que soit sa taille.

Financement

IBM Global Financing (filiale d'IBM France) est un établissement bancaire sous réglementation de la Banque de France. N° 1 mondial du financement informatique, IBM Global Financing (IGF) bénéficie de 25 années d'expérience dans le financement de projets informatiques et solutions métiers. IGF est présent dans 50 pays et compte plus de 125 000 clients, ainsi que 120 employés et ingénieurs commerciaux financement qui sont au service des clients localement.

IGF propose :

  • une palette d'offres de financement adaptées aux besoins des PME/PMI comme à ceux des grandes entreprises,
  • des solutions de financement informatique incluant des matériels, des logiciels et / ou des et des prestations de services, fournis par IBM ou par d’autres prestataires,
  • un savoir-faire dans la gestion du cycle de vie complet des matériels en location: reconditionnement, recyclage et effacement des données, mise au rebut du matériel selon les normes environnementales.

En 2009, IBM s’est associé à OSEO, établissement public qui soutient la croissance et l’innovation des entreprises. Ce partenariat permet à IBM de renforcer son aide aux PME en temps de crise en s’appuyant sur l’expertise d’OSEO en termes de financement des entreprises. Il s’inscrit dans le programme mondial de financement d’IBM qui a décidé en mai 2009 de débloquer 1,5 milliard d’euros pour stimuler les projets d’investissement informatique des entreprises en Europe. Le groupe IBM devient l’une des premières entreprises du secteur industriel français à être agréée par OSEO pour la garantie des financements octroyés.

Principaux apports

  • Disque magnétique (RAMAC), 1956
  • Langage Fortran, 1957
  • Mémoire dynamique (DRAM), 1966
  • Base de données relationnelle, 1970
  • IBM 3750 Switching System, 1970 autocommutateur développé à IBM La Gaude, France
  • IBM 1750 Switching System, 1970 autocommutateur développé à IBM La Gaude, France
  • Géométrie fractale, 1975
  • Data Encryption Standard (DES), 1977
  • Architecture RISC, 1980
  • Le 12 août 1981, IBM lançait une nouvelle machine, « l'IBM 5150 », une innovation qui allait donner un nouvel essor au marché des « ordinateurs personnels » vers le grand public, et entraîner une révolution économique.
  • Microscope à effet tunnel, 1986, Nobel
  • Supraconductivité à « moyenne » température, 1987, Nobel

En douze ans, IBM a déposé 29 021 brevets divers. En 2005, IBM a déposé 2 941 brevets.

IBM en France

La division française d’IBM a été créée dès 1914 et comptait 11 000 employés en 2006. Depuis novembre 2009, le nouveau siège social d'IBM France accueille 4 000 collaborateurs dans un bâtiment HQE (Haute Qualité Environnementale) à Bois-Colombes, dans le quartier de Bécon-les-Bruyères, à quelques kilomètres de Paris. Le Président d'IBM France est Alain Bénichou depuis janvier 2010.

Culture

La compagnie a souvent été décrite comme possédant une culture fortement tournée vers les affaires. Ses cadres et directeurs généraux ont traditionnellement été sélectionnés parmi ses représentants. Ce recrutement aurait, par ailleurs, souvent été motivé par l'objectif de concrétiser des perspectives de ventes à des clients importants.

IBM est probablement l'une des structures qui a développé le plus fortement et précocement le principe de culture d'entreprise. Durant la majeure partie du XX siècle, l'uniforme, constitué d'un costume bleu, d'une chemise blanche et d'une cravate foncée, y était de rigueur pour les commerciaux. Ces codes ont commencé à s'assouplir à la fin des années 1970, puis l'ont été considérablement dans les années 1990. À ses débuts, IBM faisait aussi chanter à ses salariés des hymnes a la gloire de l'entreprise. Actuellement, l'habillement et l'attitude de ses employés ne diffèrent pas particulièrement de ceux d'autres grandes entreprises.

Évolution de la société

IBM a été dirigée depuis sa création par neuf PDG qui ont chacun durablement marqué la Compagnie.

George W. Fairchild : le père fondateur

Président de l’International Time Recording Company depuis 1900, il la fit fusionner en 1911 avec la Tabulating Machine Company fondée par Herman Hollerith pour former la Computing-Tabulating-Recording Company ; il la renomma en International Business Machines en 1924, peu avant sa mort.

Thomas J. Watson Sr : la mécanographie

La société se développa dans les années 1930, grâce aux brevets sur la carte perforée Hollerith.

Thomas J. Watson Jr : les mainframes

En 1954, IBM lance sur le marché le modèle 650, premier calculateur produit en grande série : il coûtait un demi-million de dollars, occupait plusieurs mètres cubes et était doté d’une mémoire vive de 2 000 « mots » (2 kilo-octets). IBM France lui fera forger pour l’occasion le néologisme ordinateur.

T. Vincent Learson

T. Vincent Learson prit le relais lors du départ de Watson Jr. Ce dernier devint président du comité de direction avant d'être nommé ambassadeur des États-Unis en Union soviétique (1979).

Frank T. Cary

Rapidement, c'est Frank T. Cary qui est élu PDG (1973). C'est à lui qu'échoit la double tâche :

  • de développer l'informatique distribuée de plus en plus réclamée par les clients (systèmes 32, 34, 36, 8100…)
  • de faire passer aussi IBM à la phase de la micro-informatique. Après quelques machines de succès divers (5100, Système 23 Datamaster, Visiotexte…), il lance dans le plus grand secret le projet Acorn, qui deviendra en trois ans le PC.

Il fait relooker légèrement le logo, et commence à rompre avec la traditionnelle politique de location seule : désormais, IBM vend aussi ses machines, ce qui provoque un afflux d'argent frais. Pendant quelque temps, à l'inverse de ce qui se passe habituellement dans l'industrie, IBM n'a plus de frais financiers, mais des bénéfices financiers.

Le procès antitrust qui pèse sur IBM laissant craindre une décision de démantèlement de la compagnie, il prend les devants en la réorganisant en deux grands pôles : mainframes et systèmes de grande diffusion. Le démantèlement n'aura en fin de compte pas lieu.

John R. Opel

John F. Akers

John Akers gère le succès du PC et du PC/AT, et introduit même le PC/RT, mais - impressionné par le succès du Macintosh qui constitue alors un système fermé - il décide de fermer à son tour le standard PC en lançant en 1987 le PS/2 : nouveau BIOS incompatible, bus assujetti à des droits d'usage, apparence extérieure déposée, OS/2 non finalisé encore : cette décision se révèlera la plus catastrophique jamais prise par IBM, qui - sans tout de suite le comprendre - abandonne ainsi de facto la continuité du standard à Compaq et aux clones. La page où IBM menait la danse avec 21 % du marché de l'ordinateur personnel est désormais tournée.

En revanche, la filière du Système 38 devenu AS/400 (machine de milieu de gamme introduite en février 1988) est gérée sans la moindre faute : cette machine au début secondaire, qui succède au système 38 et s'inspire donc du projet FS, sera à la fin des années Akers devenue un formidable succès avec plus de 600 000 exemplaires, dont la moitié à des entreprises ne possédant pas de service informatique en propre.

Cela ne compense pas le manque à gagner sur le PC et les mainframes, et IBM connaît alors le premier déficit financier de son histoire.

Louis V. Gerstner, Jr. : des produits vers les services

  • L’entreprise devient fortement déficitaire en 1991. Pour la première fois de son histoire, elle confie son destin non plus à un de ses membres, mais à un de ses anciens clients, Louis Gerstner (« Lou »). Sa décision fondamentale a été de ne pas céder aux demandes des analystes et marchés financiers qui réclamaient qu'IBM soit découpé en multiples sociétés indépendantes. Il a au contraire affirmé sa conviction que la valeur ajoutée d'un portefeuille intégré d'activités (matériels, logiciels et services) est supérieure à la somme de ces activités prises séparément. Celui-ci recentre la société, lance un emprunt à cent ans (totalement souscrit par le public en quelques jours), en modernise l’infrastructure (qui restait très centrée sur les mainframes) pour y généraliser Lotus Notes (plutôt que d’en acheter des licences, il acheta directement la société !), et la rend à nouveau profitable - mais amputée d’une bonne partie de son patrimoine immobilier. Le plan produit a également été drastiquement nettoyé : des milliers de produits sont abandonnés ou revendus (Lexmark est l’ancienne division imprimantes d’IBM), et le développement du système d’exploitation OS/2, concurrent de Windows, est arrêté.

  • IBM a développé en premier (2001) le concept d’e-business on demand qui peut se définir comme étant la mobilisation des ressources informatiques en fonction de l’intensité de l’activité de l’entreprise cliente. La facturation se fait alors en fonction exacte de la consommation, comme pour de l’électricité. Ce concept, lié à celui de grid computing, cherche plus à créer le besoin qu’à répondre à une attente précise auprès des grands groupes. En bonne santé financière et donc capable de supporter le financement de ce genre d’opération, IBM met ainsi la pression sur ses concurrents, selon une stratégie qui n’est pas sans rappeler le programme militaire Strategic Defense Initiative (SDI), surnommé « Guerre des Étoiles », de l'administration Reagan et qui avait pour but de saturer par réaction la recherche militaire des Soviétiques et donc de lui retirer toute capacité d’initiative.

Lou Gerstner a rejoint Thomas Watson au rang des figures mythiques d’IBM. Il est celui qui a sauvé IBM en maintenant son intégrité et a transformé la compagnie en profondeur. Il en racontera l'histoire dans son livre : J'ai fait danser un éléphant (Who Says Elephants Can't Dance? Inside IBM's Historic Turnaround).

Samuel J. Palmisano

Sam Palmisano poursuit le développement d’IBM vers les services et son désengagement des lignes de produit technologiques.

  • en 2002, après avoir jeté les bases de la technologie de stockage de demain Millipede, IBM invoque des problèmes de qualité ponctuels sur sa ligne de disques Deskstar pour céder cette activité à Hitachi. En fait, si Millipede aboutit, cela signifie très exactement la mort du concept même de disque dur, et la compagnie prend donc là un pari ambitieux.
  • Signe fort : IBM s'engage de plus en plus fortement sur Linux et le fait savoir. Le fait de ne plus développer de système « propriétaire » non seulement diminue les coûts, mais entend marquer la nouvelle politique d'ouverture.
  • en octobre 2002, IBM achète la branche consulting (concept anglo-saxon intégrant conseil en management classique et SSII) de PricewaterhouseCoopers et met ainsi un point d’orgue à sa stratégie de diversification dans les services : avec cette acquisition, IBM devient numéro un mondial en effectifs, devant Accenture.
  • en 2004, IBM a ouvert les spécifications de l’architecture PowerPC et invité tous les fondeurs à y prendre part ; le but est de contester à Intel le leadership dans le domaine de la micro-informatique avec son architecture x86.
  • le 8 décembre 2004, le fabricant de PC chinois Lenovo rachète pour 1,25 milliard de dollars la branche PC d’IBM et devient ainsi le troisième constructeur d’ordinateurs individuels au monde (après Dell et Hewlett-Packard). Après les disques durs, c’est un autre fleuron matériel de Big Blue qui est vendu. Officiellement, la branche n’était pas rentable, les pertes opérationnelles représentant quelques pour cent du chiffre d’affaires. Depuis 1991, la stratégie apparente d’IBM en matière de cession d’activité est de vendre quand l’avantage technologique est en passe de ne plus être suffisant pour justifier des prix supérieurs à ceux des concurrents.
  • en avril 2005, IBM annonce des résultats en deçà des objectifs, ce qui provoque un coup de tonnerre sur les places financières et amène de nombreuses questions sur la pertinence de la stratégie « plus de services, moins de technologie » de Palmisano.
  • Fin mai 2005, IBM perd le marché des ordinateurs Apple : à partir de 2006, ceux-ci seront équipés de processeurs Intel.
  • Parallèlement, lors de l'E3, il devient officiel que c'est IBM qui équipera Microsoft, Nintendo et Sony en processeurs Cell (déclinaison du POWER4 équipée de plusieurs processeurs multimédia intégrés) pour l'intégralité de leur nouvelle génération de consoles.

Les revenus du CIO d’IBM sont de 18,77 millions de dollars en 2006, 20,91 millions en 2007 et 20,97 millions en 2008.

Logo

Ce logo a été utilisé de 1924 à 1946. Il représente le globe, ceinturé du mot "international".

Ce logo a été utilisé de 1947 à 1956. Le globe a été remplacé par les simples lettres “IBM” dans une police nommée “Beton Bold”

Ce logo a été utilisé de 1956 à 1972. IBM a dit que les lettres avaient une apparence plus équilibrée et plus robuste.

Le logo en barres a été utilisé la première fois en 1967 et a remplacé le logo plein en 1972. Les barres horizontales suggèrent « la vitesse et le dynamisme ».

Le logo actuel (les 2 versions en 8 et 13 barres ), ainsi que le précédent ont été créés par le graphiste Paul Rand.
Dans les années 1980, les caractéristiques du logo d'Apple semblaient se moquer gentiment de celui d'IBM, présenté comme son principal « concurrent » à l'époque.

Un logo informel d'IBM conçu par le designer Paul Rand circule dans la Compagnie depuis les années 1990 sous forme de fond d'écran et de pin's : un œil, une abeille, et la lettre M ("eye", "bee", M).

Résultats financiers

En 2004, IBM a réalisé, d'après son rapport annuel, un chiffre d’affaires d'un peu plus de 96 milliards de dollars. L'entreprise disposait alors d'une force de travail de 330 000 hommes répartis dans 75 pays.

D'après le même rapport, la Russie, l'Inde, la Chine et le Brésil ont constitué ses principaux moteurs de croissance.

En 2005, l’entreprise cède sa division PCD (Personal Computing Division), chargée de l’informatique personnelle, à la société chinoise Lenovo, et conforte ainsi sa stratégie orientée vers l’intégration et les services.

En 2006, IBM dans son rapport annuel [2] annonce 91,4 milliards de dollars de Chiffre d'affaires pour un bénéfice de 9,4 milliards de dollars. Les systèmes (hardware) représentent 23 % des bénéfices avant impôts, les services 37 % et les logiciels 40 %. IBM est présent dans 170 pays dont 25 % dans la zone Europe/Moyen Orient/Afrique, 30 % dans la zone Asie/Pacifique et 45 % dans la zone Amériques. Les augmentations de bénéfices les plus marquantes concernent la Chine (+16 %), le Brésil (+19 %), la Russie (+21 %) et l'Inde (+38 %).

De 2002 à 2007, les investissements d'IBM ont débouché sur des économies cumulées de 4,1 milliards de dollars dans le cadre de la transformation de ses propres centres informatiques. Et IBM prévoit de doubler sa puissance de calcul d'ici 2010 sans accroître sa consommation d'énergie ni son empreinte carbone. Cette multinationale américaine fait partie des entreprises cotées au Dow Jones Industrial Average. Elle est également, ce qui est moins connu, présente dans le NASDAQ.

Critiques

IBM et le régime nazi

Dès 1934 la filiale allemande d'IBM, Dehomag (pour « DEutsche HOllerith MAschinen Gesellschaft ») fournit au régime nazi des machines mécanographiques de poinçonnage de cartes perforées qui servent au réarmement, à la gestion de la force de travail des prisonniers politiques et aux nombreux recensements de la population allemande dès 1933, ce qui fit de Dehomag la filière d'IBM la plus profitable à la fin des années 1930. En parallèle, ces mêmes machines servirent au décompte de la population juive dans les ghettos et les camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.

Ce sont aussi ces recensements efficaces, contenant des données ethniques et religieuses, qui permirent aux nazis de se saisir rapidement et presque totalement des populations de Juifs et de Roms en Allemagne et, avec une efficacité plus variable, dans les autres pays sous domination allemande.

Edwin Black, dans son livre intitulé IBM et l'holocauste publié d'abord en anglais en 2001 puis en français la même année, démontre que le système informatique vendu par la corporation IBM (surtout la machine Hollerith) et les cartes perforées imprimées aux États-Unis expliquent en grande partie l'efficacité du recensement des Juifs et des Roms sous le Troisième Reich ce qui donna à ces machines IBM, ainsi qu'aux experts qui les faisaient fonctionner, un rôle essentiel dans la Shoah.

Parmi les différents éléments de la démonstration figure l'écart significatif entre la mortalité des Juifs de France et de Hollande, 25 % contre 73 % : pour la France on observe une différence significative entre le nombre de Juifs français effectivement déportés, environ 85 000, et le quota initial fixé à 100 000, sur un total situé entre 300 000 et 350 000, avec un effet inverse en Hollande. En effet, René Carmille, chef du service national de statistiques, et en fait un résistant, manipula les fiches des machines Hollerith de façon à les rendre inutilisables (ce qui le conduisit lui-même à Dachau où il mourut en 1944), alors qu'en Hollande le système, servi par des fonctionnaires zélés tel Jacobus Lambertus Lentz, fonctionna parfaitement et permit même aux nazis de revoir à la hausse le quota initial de Juifs hollandais déportés.

Par ailleurs, ce livre nous apprend aussi que pendant un temps le tatouage inscrit sur le bras des détenus à Auschwitz a correspondu à leur numéro d'identification dans le système informatique.

En tout état de cause, le dirigeant de IBM, Thomas J. Watson, se révéla indifférent à l'aspect éthique des activités d'IBM sous le régime nazi, bien qu'il fût au courant des politiques ouvertement racistes de ce dernier.

Suite à la parution très médiatisée (certains regrettent d'ailleurs cet aspect) du livre de Edwin Black, IBM s'engagea à donner des explications, qui prirent la forme de démentis assez mous s'appuyant sur quelques historiens qui critiquèrent vivement Edwin Black en l'accusant d'avoir recours à des méthodes d'investigation très approximatives, allégations qui furent assez rapidement balayées : les travaux de Edwin Black sur les liens, certes non causaux, de IBM avec la Shoah ainsi que le Porajmos sont maintenant avérés et respectés.