Sciences et lettres
Le corps des maîtres-assistants fut créé en 1960 dans les facultés des sciences, dans les facultés des lettres et sciences humaines, dans les écoles normales supérieures et dans certains grands établissements d'enseignement supérieur. Les maîtres-assistants avaient pour mission d'encadrer les étudiants en petit groupe afin d'organiser et de diriger les travaux pratiques et les exercices et de dispenser un enseignement d'appoint dans les propédeutiques sous le contrôle des professeurs et maîtres de conférences chargés de la partie fondamentale de cet enseignement. Ils devaient d'autre part contribuer aux travaux de recherche dans les services de recherche auxquels ils étaient affectés. Leurs services d'enseignement étaient initialement de 4 séances de travaux pratiques ou 5 séances d'exercices ou 6 heures d'enseignement en propédeutique. Ils exerçaient leurs fonctions sous l'autorité du chef du département ou, à défaut, du professeur ou maître de conférences responsable.
« L'institution de cette catégorie intermédiaire d'enseignants-chercheurs a été rendue indispensable par l'avènement d'un enseignement supérieur de masse (80 000 étudiants en 1939, 350 000 en 1964, 509 000 en 1968, 704 000 en 1972, 845 000 en 1980, plus de 900 000 en 1984) »
Les candidats à un poste de maître-assistant devaient être inscrit sur une liste d'aptitude établie par le comité consultatif des universités. Pouvaient être candidats à l'inscription sur la liste d'aptitude : les docteurs ès sciences ou ès lettres, les ingénieurs-docteurs, les titulaires d'un doctorat de troisième cycle, les professeurs agrégés, les assistants des facultés ayant exercé leurs fonctions depuis au moins trois ans.
Pour accéder à la premiere classe du corps il fallait être inscrit sur la liste d'aptitude à l'enseignement supérieure (ensuite liste spéciale d'aptitude à la première classe) ou bien avoir été lauréat d'un concours d'agrégation de l'enseignement secondaire.
Droit, sciences économiques et sciences politiques
Un corps de maître assistant fut également créé dans les facultés de droit et des sciences économiques en 1962. Ils avaient pour mission d'encadrer les assistants, les chargés de travaux pratiques, les moniteurs et les étudiants en petits groupes. Il devaient participer à l'organisation et à la direction des travaux pratiques et exercices et, sur designation annuelle de l'assemblée, à l'enseignement dans les années de capacité et éventuellement dans les années de licence, sous le contrôle des professeurs et agrégés chargés de la partie fondamentale de cet enseignement. Ils devaient en outre contribuer aux travaux de recherche dans les établissement ou les services de recherche auxquels ils étaient affectés. Ils exerçaient leurs fonctions sous l'autorité du doyen et sous la direction du professeur ou agrégé responsable. Leurs services d'enseignement étaient de quatre séances dirigées d'études et de recherches au niveau du doctorat ou cinq séances d'exercices de licence ou six heures d'enseignement dans les années de licence ou de capacité.
Les candidats à un poste de maître-assistant dans les facultés de droit devait être inscrit sur une liste d'aptitude établie par le comité consultatif des universités. Pouvaient être candidats à l'inscription sur la liste d'aptitude : les docteurs en droit, en sciences économiques ou sciences politiques qui ont exercé les fonctions d'assistant, de chef de travaux ou de chargé d'enseignement durant deux ans au moins.
Pour accéder à la 1 classe il fallait être inscrit sur la liste spéciale d'aptitude à la 1 classe ou avoir été admissible au concours d'agrégation des facultés de droit.
En 1978 fut créée l'appellation de « chargé de conférences » dont pouvaient bénéficier les maîtres-assistants de 1ère classe titulaire du doctorat d'Etat.
Pharmacie
En 1969 fut créé un corps de maîtres-assistants pour les disciplines pharmaceutiques. Ils avaient pour mission d'encadrer les assistants, les moniteurs et les étudiants en petits groupes. Ils étaient chargés des travaux dirigés et des exercices, participaient à l'organisation et à la direction des travaux pratiques et à l'enseignement en première année et, éventuellement, dans les autres années d'études, sous le contrôle des professeurs et maîtres de conférences agrégés chargés de la partie fondamentale de cet enseignement. Ils devaient également contribuer aux travaux de recherche. Ils exerçaient leurs fonctions sous l'autorité du doyen ou du chef d'établissement responsable et sous la direction du professeur ou maître de conférences agrégé intéressé. Leur service d'enseignement hebdomadaire était de quatre séances de travaux pratiques, cinq séances de travaux dirigés ou six heures de cours.
Réforme de 1979
Les modalités de recrutement et de titularisation pour les trois corps de maîtres-assistants ont été substentiellement modifiées par le décret 79-686. Celui-ci supprima la liste d'aptitude aux fonctions de maître-assistant, supprima la possibilité pour les assistants de plus de 3 ans non docteurs de postuler pour devenir maître-assistant et instaura une procédure de concours nationale sur emplois affectés aux établissements. L'examen des candidatures fut confié aux commissions de spécialistes créée en 1977 qui devaient arrêter une liste de classement de deux à quatre candidats transmise au conseil de l'université devant formuler un avis. La liste de classement était ensuite examinée par la section compétente du conseil supérieur des corps universitaires qui auditionnait chaque candidat après avoir entendu deux rapports sur chacun d'eux et proposait un candidat au ministre des universités en vue de sa nomination.
Pour être titularisé, les maîtres-assistants issus du corps des professeurs agrégés ou des corps de professeurs et de professeurs techniques de l'école nationale supérieure des arts et métiers et des écoles normales nationales d'apprentissage devaient soutenir avec succès dans un délai de deux ans une thèse de doctorat (d'Etat, 3 cycle ou docteur-ingénieur).
Suppression en 1984
Les trois corps de maîtres-assistants furent mis en extinction par le décret 84-431 et les maîtres-assistants eurent la possibilité d'être intégrés dans le nouveau corps des maîtres de conférences.