Multics n'eut pas beaucoup de succès commercial, mais il était apprécié dans le monde scientifique et a toujours ses admirateurs. De grandes entreprises comme la NSA, Ford et General Motors utilisèrent Multics.
En France, Multics fut populaire dans le monde universitaire dans les années 1980 dans la mesure où l'équipement obligatoire devait être Bull. C'est ainsi que le Centre Interuniversitaire de Calcul de Grenoble (CICG) disposa, au début des années 1980, d'un ordinateur HB68 sur lequel le système Multics fut opérationnel et fut utilisé par de nombreux chercheurs dont ceux de l'IMAG.
Bull, partenaire de Honeywell, vendit des configurations sur 31 sites pour succéder aux Iris 80 de CII. Bull développa le système d'exploitation GCOS 6 dérivé de Multics. Ce fut un succès financier (et technique), avec des centaines de clients dans les années 80 et 90.
Toujours en France, en 1973, Multics était enseigné à l'Université Paris VI - Jussieu au sein de "l'Institut de Programmation, DEA de Programmation et Recherche Opérationnelle".
Les premières conversations (Chat) entre deux terminaux Télétypes l'un à Billerica près de Boston et l'autre au siège de Honewell-Bull (au 64, avenue Gambetta à Paris 20) ont été réalisées sous Multics en mai 1974 et avaient lieu quotidiennement pour échanger sur l'état d'avancement du développement du DPS7 (GCOS-64 ou GCOS7). Les mainframes utilisées des deux côtés étaient des GE-645, version évoluée du GE-635.
Le dernier serveur au monde utilisant Multics, au Ministère de la Défense Nationale du Canada, a été éteint le 31 octobre 2000.