On distingue généralement :
- myiase cuticole, parfois furonculaire ;
- myiase cavitaire (ou luminale) ;
- myiase intestinale (une des formes de myases luminales).
Myiases « cuticoles » et « furonculaires »
Ce sont des infestations cutanée et sous-cutanée endoparasitaire, causées par une ou plusieurs larves de diptères dont les larves ectoparasites sont pondues directement par la mouche sur la peau, ou sur un vecteur secondaire (tel qu’un moustique) ou au sols et sur les tissus. Ces larves ne s’attaquent qu’aux zones cutanées mais peuvent s’enfoncer jusqu’à 1 cm voire un peu plus sous la peau. La présence de la larve se manifeste généralement par un furoncle ou un kyste sébacé, souvent surinfecté ne réagissant pas au traitement antibiotique. Quand elle grandit, la larve est parfois perçue par son hôte (sensation de mouvement sous la peau), mais pas toujours.
Les formes les plus connues chez l'homme
Les formes sévissant en Amérique du sud
On les trouve du Mexique à l’Argentine, dans les zones forestières humides), impliquant les larves de Dermatobia hominis (Diptera Cuterebridae) également nommées berne, vers macaque (en Guyane), human botfly, el tórsalo (au Brésil), beefworm).
Ces infestations ne sont pas toujours douloureuses et le vers semble sécréter un antibiotique qui rend les infections rares tant que la larve est vivante sous la peau. Des surinfections bactériennes douloureuses due à des staphylocoques, streptocoques, Clostridium, etc. sont néanmoins toujours à craindre, en particulier en cas d’extraction provoquée, faite dans de mauvaises condition d’hygiène. Sinon la "plaie" est normalement bactériologiquement stérile. La "plaie" exècre cependant des sérosités et résidus fécaloïdes (qui pourraient attirer d’autres insectes éventuellement porteurs de parasites ?).
L’insecte adulte femelle a l’apparence d’une mouche bleu-gris d’environ 1,5 cm. Elle utilise un vecteur (moustique, mouche ou tique) sur lequel elle dépose quelques œufs qui seront ainsi véhiculés jusqu’à la peau de l’hôte (humain, animal). Une minuscule (microscopique) larve dite primaire émerge de l’œuf et pénètre la peau dans laquelle elle grandira durant six à douze semaines avec un stade de larve secondaire puis tertiaire. Au stade tertiaire, le corps de la larve est garni de plusieurs cernes de "poils épineux" qui l’ancrent dans la peau, rendant son extraction plus difficile à l’aspivenin. La réaction immunitaire de l’organisme ne la chasse pas, mais marque son emplacement d’une papule rougeâtre, puis d’un nodule cutané percé en son centre pour permettre à la larve de respirer. Grâce à cette ouverture, entretenue par la larve, on peut quand la larve est assez grosse, l’enlever en la tirant délicatement à la pince à épiler ou par le moyen d’une seringue spéciale aspirant le venin (par exemple pour les larves de Dermatobia hominis chez l’homme).
Traitement : Il consiste généralement à asphyxier la larve durant la phase initiale de l’infection en bouchant l’ouverture de son gîte par de la vaseline, du gras de porc, un autre corps gras (Si l’on applique une tranche de gras de lard durant environ 48 heures, la larve cherche à remonter en surface pour respirer. Elle traverse la couche de lard où on la piège alors (le lard est parfois remplacé par une épaisseur de coton imprégnée de biafine ou de vaseline). Certains utilisent un morceau de scotch (scotch en large bande). Ces méthodes basées sur l’asphyxie permettent souvent l’extraction spontanée du parasite, ou son extraction facilitée à la pince à épiler. Dans certains cas une infection bactérienne suit. Un nettoyage chirurgical est nécessaire si la larve est incomplètement extraite. Les seringues spécialement conçues pour aspirer les venins semblent également efficaces dès la phase précoce de l’infection et à tous les stades, évitant la chirurgie et diminuant a priori le risque d’infection. Le geste chirurgical s’il doit être fait se fait sous anesthésie locale et doit être suivi d’une désinfection soigneuse.
Lutte préventive : limiter l’exposition aux moustiques, mouches et tiques (répulsifs, moustiquaire, évitement des zones à risque aux heures où les moustiques attaquent…).
On trouve aussi en Amérique centrale et du Sud Cochliomyia hominivorax (Diptera Calliphoridae) dont la larve (de 15 à 17 mm) se développe beaucoup plus vite (4 à 8 jours).
Les formes africaines
- Une autre forme, très différente, (mais dont la larve est également équipée de cernes de poils noirs) sévit en Afrique tropicale. Elle est due aux larves (ovales, de 11 à 15 mm, couverte de fins poils sur tout le corps) de Cordylobia anthropophaga (Diptera Calliphoridae) également nommée mouche tumbu (ver de Cayor). Ces larves émergent au sol ou sur des tissus à partir des œufs qui y sont déposés par la mouche (une centaine d’œufs par mouche, pondus à l’aube ou au crépuscule). De là elles cherchent à gagner la peau d’un hôte pour s’y développer, plus rapidement que les larves de myases américaines, en 9 à 15 jours. Le développement de la larve se fait souvent dans la peau des pieds et est généralement marqué par un papule évoluant en nodule. Plusieurs larves infectent souvent un même organisme-hôte. Un risque de surinfection bactérienne existe, mais moindre, selon certains auteurs que dans la forme américaine.
- On trouve aussi la larve de Cordylobia rodhaini, un peu plus rare et plus forestière.
Traitement : Il est réputé plus facile que pour les myases américaines. Les larves de ces mouches sortent en effet plus facilement de leur gîte, par simple pression bilatérale sur le furoncle ou nodule. Elles peuvent aussi être facilement asphyxiées par application d’un corps gras sur l’orifice de respiration (vaseline par exemple). Certains préfèrent attendre quelques jours que la mouche émerge spontanément sous sa forme adulte. Un traitement antibiotique oral et un vaccin antitétanique de rappel sont souvent recommandés pour limiter le risque de surinfection bactérienne.
Lutte préventive : trempage des draps et habits dans l’eau bouillante avant de les utiliser, ou repassage au fer très chaud des tissus qui seront en contact avec le corps (dont lit de camp). Les tissus non utilisés peuvent aussi être stockés derrière une moustiquaire.