En théorie des ensembles, les entiers naturels peuvent être construits avec des ensembles :
0 = {} (ensemble vide)
1 = {0} = { {} }
2 = {0,1} = { {}, { {} } }
3 = {0,1,2} = {{}, { {} }, { {}, { {} } }}
4 = {0,1,2,3} = { {}, { {} }, { {}, { {} } }, {{}, { {} }, { {}, { {} } }} }
etc.
De cette manière, tout entier naturel est un ensemble bien ordonné, et l'inclusion des ensembles se traduit par un ordre sur les entiers naturels. Cela nous conduit à la définition d'un nombre ordinal par John von Neumann : un ensemble E est un ordinal si et seulement si E est totalement ordonné pour l'inclusion et tout élément de E est un sous ensemble de E. Cette approche permet d'envisager les nombres ordinaux infinis, appelé aussi nombres ordinaux transfinis.
L'existence des ordinaux infinis est assurée par l'axiome de l'infini.
Le premier nombre ordinal transfini est noté ω, dernière lettre de l'alphabet grec. Il correspond à l'ensemble des nombres entiers naturels N={0,1,2,3,…}.
Si α et β sont deux ordinaux, on dit que α < β si et seulement si α∈β. On peut alors comparer deux ordinaux quelconques.
Si α est un ordinal, on définit le successeur de α comme étant l'ordinal β=α∪{α}, noté α + 1. En itérant l'opération, on montre qu'il existe une infinité d'ordinaux et on définit une addition entre ordinaux. Par exemple, on a :
- ω<ω+1<ω+2<⋯<ω+ω=ω2<ω2+1<⋯<ω3<⋯
Cette addition est associative mais pas commutative. Ainsi ω < ω + 1 < ω2, mais ω = 1 + ω. On peut aussi définir une multiplication et une exponentielle, ce qui donne lieu à une arithmétique sur les nombres ordinaux transfinis.
- ω2<ω3<⋯<ωω=ω2<ω3<⋯<ωω<⋯<ωωω<⋯
Il existe des nombres ordinaux transfinis qui ne peuvent pas être obtenus en effectuant un nombre fini d'opérations arithmétiques n'utilisant que les nombres ordinaux finis et ω. Le plus petit d'entre eux est appelé ε0 et vaut ωωω⋯. Il est en outre solution de l'équation x = ω.
Les ordinaux ne forment pas un ensemble, au sens des axiomes de la théorie des ensembles, mais une classe propre. Cette propriété s'appelle le paradoxe de Burali-Forti, sa démonstration repose sur l'argument suivant: si l'ensemble des ordinaux existait, il serait par définition un ordinal qui serait strictement plus grand (par définition) que tous les ordinaux, ce qui est contradictoire.