Ouïe (pont)

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Introduction

Une ouïe de pont, parfois aussi nommé dégueuloir, est une ouverture généralement circulaire aménagée dans le tympan d’un pont en maçonnerie pour permettre l’écoulement des eaux et réduire la charge hydraulique s’appliquant sur l’ouvrage.

Histoire

Ce type de percement destiné à améliorer l’écoulement de l’eau en cas de crue fut couramment employé dans les ponts romains. Au Moyen Âge, on le trouve en France dans les ponts d’Avignon, de Pont-Saint-Esprit, ou de Montauban. Ce dispositif fut ensuite abandonné ou remplacé par une simple ouverture rectangulaire, ou surmontée d’un arc plein cintre.

Seuls deux ouvrages postérieurs à cette période disposent de telles ouïes : le pont Neuf de Toulouse, construit par Jacques Lemercier et achevé en 1632, et le petit pont de Coursan dans l’Aude, rebapti entre 1685 et 1690, un pont à trois arches en anse de panier avec des ouïes circulaires.

Fonction

Ce vide permet l’écoulement de l’eau lors d’une forte crue pour les ouvrages ayant une ou plusieurs piles en eau. L'eau trouve cet exutoire avant d'atteindre le tablier du pont, ce qui allège la charge hydraulique et évite à celui-ci d'être emporté.

Leur insuffisance peut causer la ruine de l'ouvrage (comme par exemple le pont Ambroix).

Exemples

dégueuloir excentré et pilier creux, Roussé, Bulgarie

Pont du Diable, Ardino, Bulgarie

pont roman, Cangas de Onís, Espagne

pont roman, Puenta la Reina, Espagne

Pont Saint-Bénézet, Avignon, France

Pont Fabricius, Rome

Pont Milvius, Rome

Pont Sisto, Rome (XVe s.)