Le pin noir d'Europe (Pinus nigra), appelé simplement pin noir en Europe, est une espèce de pin présentant de nombreuses variétés et que l'on trouve en Europe méridionale, de l'Espagne à la Crimée, en Asie Mineure, à Chypre et, localement, dans les montagnes de l'Atlas en Afrique du Nord-Ouest.
L'une de ses sous-espèces, le Pin de Salzmann - en raison de sa résistance à la sécheresse - fait l'objet d'études, de la part de l'INRA notamment, qui songe à le valoriser dans le contexte de la perspective d'un réchauffement climatique . Ses populations naturelles constituent un habitat prioritaire au sens de la directive Habitats « Pinèdes (sub- )méditerranéennes de pins noirs endémiques : Pin de Salzmann ».
Sous-espèces et variétés
L'espèce est divisée en deux ou trois sous-espèces, chacune encore subdivisée en différentes variétés:
Pinus nigra subsp. nigra Arn., variété orientale, qui pousse de l'Autriche, à la Crimée et à la Turquie, en passant par le nord-est et le centre de l'Italie :
Pinus nigra subsp. nigra var. nigra Arn. : pin noir d'Autriche ;
Pinus nigra subsp. nigra var. caramanica (Loudon) Rehder : pin noir de Turquie ;
Pinus nigra subsp. nigra var. pallasiana (Lambert) Asch. & Graebn. : pin de Crimée ;
Pinus nigra subsp. salzmannii (Dunal) Franco 1943, variété occidentale, qui pousse de l'Italie du sud à l'Afrique du Nord, en passant par l'Espagne et la France :
Pinus nigra subsp. salzmannii var. salzmannii (Dunal) Franco 1943 : pin noir des Cévennes ou pin de Salzmann ;
Pinus nigra subsp. salzmannii var. mauretanicaMaire & Peyerimoff : pin noir de l'Atlas ;
Pinus nigra subsp. laricio (Poiret) Maire (ou Pinus nigra subsp. salzmannii var. laricio (Loudon) (Hylander), sous-espèces endémiques de Méditerranée :
Pinus nigra subsp. laricio var. corsicana : pin laricio de Corse ;
Pinus nigra subsp. laricio var. calabrica : pin laricio de Calabre.
Pin de Salzmann.
Pin noir d'Autriche
En Europe et en Asie Mineure, les pins noirs poussent habituellement dans un habitat commun à d'autres résineux, comme le pin sylvestre (Pinus sylvestris), l'épicéa de Serbie (Picea omorika), le pin de Bosnie (Pinus heldreichii), l'épicéa commun (Picea abies), le cèdre du Liban (Cedrus libani), le sapin blanc (Abies alba) et d'autres conifères, plusieurs espèces du genévrier (Juniperus), et divers feuillus.
Le pin noir d'Europe est utilisé comme ornement citadin, notamment aux États-Unis, du fait de sa grande résistance au sel routier utilisé en hiver, aux divers polluants industriels (y compris l'ozone), ainsi que de sa tolérance à la sécheresse.
Morphologie et habitat
Le pin noir pousse à des altitudes s'étendant entre le niveau de la mer et deux mille mètres, le plus généralement entre 250 et 1 600 m. C'est un grand arbre puisque sa taille atteint 20 à 55 m. de hauteur à sa maturité. La couleur de son écorce est jaune-brun à gris; elle est couverte de larges écailles plates séparées par de profondes fissures qui s'élargissent de plus en plus avec l'âge. Les feuilles, nommées aiguilles, ont chacune deux branches formant un V, sont de couleur vert-foncé, et ont huit à vingt centimètres de longueur. Les cônes d'ovules et de pollen apparaissent à partir de mai ou juin. Les cônes de graines mûres ont de cinq à dix centimètres de long, et ont des écailles arrondies; le mûrissement, qui s'effectue en septembre et novembre, dix-huit mois après la pollinisation, fait passer leur couleur du vert au jaune chamois clair. Les graines, pourvues d'ailes, sont dispersées par le vent lors de l'ouverture des cônes, de décembre à avril. La maturité sexuelle de l'arbre est atteinte entre quinze et quarante ans. De grosses quantités de graine sont produites tous les deux à cinq ans. Sa croissance est modérément rapide, de 30 à 70 cm. par an, et, en général, il présente une silhouette conique arrondie, devenant irrégulière avec l'âge. Il a une assez grande longévité: quelques-uns ont plus de cinq cents ans. Le pin noir n'apprécie pas l'ombre et a besoin de beaucoup de soleil pour bien se développer, mais il résiste bien aux dommages occasionnés par la neige et la glace.
Cône de pin noir.
Le bois du pin noir, semblable à celui des pin sylvestre et pin rouge (Pinus resinosa), est modérément dur et présente un grain droit. Il tend cependant à être plus rugueux, plus mou et moins fort, en raison de la croissance plus rapide de l'arbre. On l'emploie, en Europe surtout, comme combustible, ainsi que dans la fabrication de papier et dans la construction générale (par exemple, Napoléon employa notamment les pins laricios de Corse comme mâts pour ses navires).
Chaque variété est adaptée à différents types de sol, selon sa provenance géographique: les pins noirs d'Autriche ou des Pyrénées s'épanouissent facilement sur une large gamme de sols, le laricio corse supporte mal les sols calcaires contrairement aux pins d'origine turque ou criméenne. Quelle que soit sa provenance, le pin noir croît facilement sur le podzosol. La sous-espèce orientale nigra fait preuve d'une plus grande robustesse au gel en hiver, même au-dessous de -30 °C, que la sous-espèce occidentale salzmannii qui résiste jusqu'à environ -25 °C.
Le Pin de Salzmann
C'est peut-être une espècerelique, qui a aussi servi à des chantiers de reboisements, et qu'on trouve en France notamment dans 4 zones étudiées par l'INRA ;
Saint-Guilhem-le-Désert (reboisements de plusieurs centaines d'hectares) et Carlencas dans le piémont des Cévennes (Hérault),
les Cévennes proprement dites (Gard, Ardèche),
les confins des Cévennes avec le col d'Uglas (Gard) et en bosques de moins d'une centaine d'arbres dans les Gorges du Tarn (Lozère), et
le Conflent (Pyrénées-Orientales).
...mais qui est localement susceptible de ne pas être autochtone ou d'avoir subi une pollutiongénétique . Les fiches "Habitat prioritaire" relatives à ce pin recommandent à la fois ;
une gestion in situ des populations et de leur diversité génétique, par ouverture des peuplements pour favoriser la régénération naturelle, ou une gestion sylvicole classique avec élimination des pins noirs introduits. Pour l'INRA seuls les arbres de plus de 150 ans sont susceptibles d'être très probablement autochtone…) ;
une Conservation ex situ (récolte conservatoire de graines, verger conservatoire avec élevage de plants greffés ou issus de graines) .
Cette espèce fait en France l'objet de greffages et d'études génétiques et généralistes dans la perspective d'un réseau de conservation des ressources génétiques et au classement des peuplements