Le projet Osisko est un projet de mine aurifère situé dans la ville de Malartic, dans la région administrative de l'Abitibi-Témiscamingue au Québec et qui deviendra l'une des plus grandes mines à ciel ouvert d'or au Canada en 2011. La mine est sous la gestion de la Corporation Minière Osisko (Osisko Mining Corporation), une société de développement minier basée à Montréal, Québec. Il s’agit d’un des 20 sites les plus prometteurs au monde pour une compagnie.
Projet Osisko en 3D autour des années 2025
Le gisement mesuré est estimé à 11.2 millions d'onces d'or ou 348 tonnes d'or. Les ressources mesurées comme telles sont de 9.17 millions d'onces, soit une valeur d'environ 11 milliards de dollars canadiens avec environ 1100 $ US l'once d'or sur les marchés (gold markets) en fin 2009 et des coûts d'exploitation de 319 $ US l'once, se situant dans le plus bas quartile parmi les producteurs d'or mondiaux.
31.1 g. ou une once d'or vaut environ 1 100 $ US (2009)
Description
La fosse sera au terme de son exploitation de deux kilomètres de longueur sur 780 mètres de large et d’une profondeur de 380 mètres. Pour l'exécution du projet, un cinquième de la ville a été déplacée, soit 500 à 600 personnes sur une population totale de 3 592 hab. (2005) et 205 maisons et 6 édifices publics ont été relocalisées dans un nouveau secteur dans la partie nord de la ville.
Historique
Au niveau municipal
En mai 2006, une première consultation à l’église de Malartic est organisée sur le projet Osisko, l’animatrice du débat est Hélène Thibault, commissaire d’école et directrice générale du Conseil local de développement de la ville de Malartic. Environ 350 personnes sont présentes.
En mai 2007, c’est-à-dire un an plus tard, Hélène Thibault devient à la fois directrice des communications de la compagnie Osisko et présidente de groupe de consultation de la ville. Jacques Saucier, un habitant de la ville de Malartic s'interrogea sur la transparence du groupe de consultation. Ce fut selon ces dires, « l’élément déclencheur » pour la mise en place du Comité de Vigilance de Malartic. Un mois plus tard, en aout 2007, à l'École secondaire Le Tremplin de Malartic, 75 personnes se présentent à la première réunion du Comité de Vigilance de Malartic et le fonde officiellement avec un noyau de 15 personnes. Selon Jacques Saucier, élu président, le Comité se donne pour objectif d'interpeller le groupe de consultation de la compagnie, vérifier le niveau de qualité des informations émises par la compagnie Osisko et de surveiller le groupe de consultation qui est composé de deux conseillers municipaux de la ville de Malartic, de deux employés de la compagnie et de trois citoyens issus du secteur relocalisé.
En septembre 2007, présidé par Gaétan Gilbert, aussi dirigeant de la compagnie Avionnerie Val-D’Or, la commission scolaire de l’Or et des Bois accepte que la compagnie paye tous les frais d’inscriptions scolaires aux enfants malarticois du niveau primaire et secondaire.
En décembre 2007, M. Sean Roosen, président et chef de la direction du projet depuis 2003, fait distribuer une dinde à chaque famille de Malartic et en même temps un sondage de la compagnie prend le pouls de la population sur son projet. Jude Boucher, un conseiller municipal de Malartic, en 2008 devient le directeur de la santé et sécurité d’Osisko.
En mars 2008, l’ancien maire de Malartic, Fernand Carpentier accepte de créer le Fonds d’Essor Malartic-Osisko (FEMO), un organisme à but non lucratif voué au développement durable de Malartic, dans lequel la compagnie Osisko verse en actions de la compagnie à la ville, la somme de 1,5 million de dollars, en plus d’une somme de 150 000 dollars qui sera renouvelée annuellement. Cela correspond à environ 0.04% de la valeur totale du gisement exploitable. Sur chaque 10 000 $ que la mine exploitera, la ville de Malartic recevra environ 4 dollars sur 20 ans en incluant les 1,5 million de dollars en actions. Ce sont les seules redevances que recevra la communauté malarticoise.
En septembre 2008, le maire de Malartic, Fernand Carpentier démissionne prématurément de son poste et déménage dans la municipalité voisine de Rivière-Eva.
Exemple de mine à ciel ouvert
Chantier
Canadian Malartic, Sladen Malartic et East Malartic ont été les principaux producteurs indépendants d'or dans la municipalité entre 1935 et 1983 avec une production totale d'environ 4,22 millions d'onces d'or. Le gisement Canadian Malartic qui appartient désormais à Osisko, seul dépôt aurifère souterrain à fort tonnage du Québec, a été l'objet d'une exploitation par la méthode de chantiers en longs trous jusqu'à une profondeur de 350 mètres et limitée aux zones minéralisées de hautes teneurs (> 3g/t Au,).
Géologie régionale
Faille de Cadillac
Le gisement aurifère, qui s'étend d'est en ouest sur 3 km, est situé sur la faille de Cadillac, une anomalie géologique du Québec qui tire son nom du canton de Cadillac où elle fut découverte. Longue d'environ 320 km, la faille est très riche en gisements d'or, de cuivre, de zinc, de nickel et autres métaux non ferreux.
De type porphyre à or, le gisement se présente, selon les géologues d'Osisko, « sous forme d'un halo continu de disséminations d'or fin natif avec 1-3% de pyrite à l'intérieur des sédiments clastiques altérés du Groupe de Pontiac (turbidites, grauwackes, mudstones et un peu de siltstones) qui recouvrent une intrusion dioritique porphyrique épizonale. La minéralisation se retrouve également dans les parties supérieures du porphyre. L'altération, à la fois dans le porphyre et les métasédiments, consiste en biotite – feldspath potassique – carbonate (altération potassique) à laquelle se surimpose une silicification de remplacement à grains fins. Les zones hautement silicifiées (« cherts ») sont fréquemment bréchifiées. Des veines tardives, de texture grossière, composées de quartz – feldspath – muscovite recoupent et causent de l'hématisation dans le porphyre des mines Canadian Malartic et Sladen Malartic. Ces veines remobilisent l'or pour produire localement des minéralisations filoniennes (stockwerks) de haute teneur (> 10 g/t Au) présentant de l'or visible. »
Impacts
Impacts sur l'environnement
Impacts socio-économiques
Revendications autochtones
Le Conseil Tribal de la Nation Algonquine Anishinabeg soutien que le gouvernement du Québec devrait exiger au préalable de la compagnie Osisko qu'elle respecte les droits des Algonquins. Le Conseil tribal, à travers son Chef Lucien Wabanonik, reproche à Québec de faire fi des décisions prises par la Cour à propos du titre aborigène. En effet, la Cour suprême du Canada a statué sur l’obligation qu’a la Couronne de consulter les groupes d’Autochtones concernés, en précisant que la consultation « doit être menée de bonne foi, dans l’intention de tenir compte réellement des préoccupations des peuples autochtones dont les terres sont en jeu ». Dans le même arrêt de l’article 35, la Cour clarifie davantage certains aspects de la relation fiduciaire entre la Couronne et les Autochtones : « la Couronne a l’obligation morale, sinon légale, d’entamer et de mener [des] négociations de bonne foi » avec les peuples autochtones.
Steeve Mathias, chef de Winneway qui est un Établissement dans la MRC du Témiscamingue, soutien que 75 membres de sa communauté qui vivent à Malartic n'ont ni été consultés sur le projet et ne recevront aucune « richesse qui seront extraites » selon ses propos.
Prix et dons
En 2009, la minière Osisko a reçu plusieurs prix dont celui de prospecteur de l'année au Canada et au Québec. Osisko Mining Corporation et M. Robert Wares, vice-président directeur, chef de l’exploitation et fondateur d’Osisko, ont fait un don commun d’actions ordinaires à l’Université McGill, l'une des deux universités à Montréal offrant une instruction en langue anglaise, d’une valeur d’environ 4,1 millions de dollars.