Le principe thérapeutique
Pour le thérapeute, il s'agit de demander au patient de réaliser un mouvement, avec une intensité et une précision telles, qu'il ne sera possible qu'au prix d'une tricherie, située idéalement dans la zone concernée par la douleur ou la déformation.
Cette tricherie, parfaitement involontaire et le plus souvent inconsciente, est le résultat d'un phénomène neuro-musculaire appelé facilitation ou irradiation : l'influx nerveux est envoyé vers le muscle commandé volontairement, de façon tellement importante, qu'il "déborde" vers les groupes musculaires déjà facilités par une hypertonie.
Le thérapeute observe alors une augmentation de la dysmorphie cible, suivie quelques minutes plus tard d'un relâchement, d'un épuisement, avec diminution de la dysmorphie.
En pratique, on constate que plus la distance entre le mouvement réalisé et le lieu de la "tricherie" est grande, plus le relâchement peut être rapide et complet. Il est donc fréquent de voir le kinésithérapeute demander un mouvement précis au niveau d'un pied par exemple, alors que la plainte du patient se situe au niveau du cou. Le principe actif thérapeutique qui relie ces deux localisations est d'ordre neuro-musculaire.
Le mouvement déclencheur est nommé "Induction".
Le phénomène neuro-musculaire est appelé phénomène de "Facilitation" ou "Irradiation".
L'augmentation de la dysmorphie cible est appelé "Réponse Evoquée".
L'ensemble du processus Induction - Facilitation - Réponse Evoquée - Epuisement est appelé "Induction Normalisatrice".
Pour le thérapeute, tout l'art consiste, bien entendu, une fois repérée la dysmorphie cible, à trouver l'Induction Normalisatrice adaptée.
Pour le patient, toute la difficulté consiste à rester concentré pour participer avec le plus d'acuité possible, aux consignes données par le thérapeute.