Le Séneçon du Cap est originaire des hauts plateaux d’Afrique du Sud où on le trouve sous ses formes diploïde (qui possède 2 séries de chromosomes) et tétraploïde (qui possède 4 séries de chromosomes). Il s’est naturalisé dans d’autres régions à climat méditerranéen, mais aussi dans des zones à climat atlantique ou montagnard. On rencontre la forme diploïde en Amérique du Sud (Argentine et Mexique) et en Australie où il est identifié sous le nom de Senecio madagascariensis Poir. La forme tétraploïde, la plus agressive, est présente dans toute l’Europe, de l’Espagne à l’Irlande et du Danemark à l’Italie. En France, il se développe surtout en région méditerranéenne et dans le nord, mais tend à se propager dans tout le pays à partir des voies de communication.
La tradition veut que la plante ait été introduite entre 1934 et 1936, par l'intermédiaire de graines accrochées à des toisons de moutons venues d'Afrique du Sud, importées par les usines de Calais et de Mazamet. Si le séneçon du Cap ne s'est pas développé dans le Nord, il s'est vite répandu dans le Sud, en particulier dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales, où beaucoup le considèrent comme un fléau. Il faut dire que la plante réunit un certain nombre d'« avantages » qui facilitent son expansion : elle fleurit toute l'année, avec une pollinisation soit entomogame, soit autogame ; ses graines, d'une grande longévité, sont facilement dispersées par le vent et les poils des animaux ; elle résiste bien aux incendies, qui semblent même faciliter sa croissance ; elle est toxique à la fois pour les plantes voisines et pour ses éventuels prédateurs, y compris la plupart des insectes.
Le qualificatif inaequidens signifie à dents inégales. À noter que la plante est parfois appelée aussi séneçon de Mazamet ou "séneçon sud-africain".