🌡️ L'Antarctique a perdu 13 000 km² de glace "ancrée"

Publié par Adrien,
Source: Proceedings of the National Academy of Sciences
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Une vaste étude couvrant trente ans montre que la majorité des côtes de l'Antarctique ne bougent pas, alors que certaines zones subissent un recul spectaculaire. Comment cette stabilité générale coexiste-t-elle avec des pertes massives de glace ?

Afin d'éclaircir cette question, des glaciologues ont analysé trois décennies d'observations satellitaires. Ils ont combiné des données de nombreuses missions spatiales, dont celles de l'Agence spatiale européenne et de satellites commerciaux. Cette approche a permis d'établir la première carte continentale des mouvements de la ligne d'échouage, là où la glace continentale rencontre l'océan.


Les résultats, publiés dans Proceedings of the National Academy of Sciences, indiquent que 77% des côtes antarctiques sont restées stables depuis 1996. Pourtant, dans l'ouest du continent, la péninsule antarctique et certaines parties de l'est, la glace a reculé de manière significative. Au total, près de 13 000 kilomètres carrés de glace ancrée ont disparu.

Le retrait le plus marqué concerne les glaciers de la mer d'Amundsen et de la région de Getz. Par exemple, le glacier Pine Island a reculé de 33 kilomètres, et celui de Thwaites de 26 kilomètres. Les scientifiques attribuent généralement ces changements à l'eau océanique chaude qui s'infiltre sous les plateformes de glace, les amincissant par en dessous.

Cependant, une énigme demeure dans le nord-est de la péninsule antarctique. Là, des glaciers comme Edgeworth ou Hektoria ont reculé de plusieurs kilomètres, sans que la présence d'eau chaude ne soit avérée. Les chercheurs admettent qu'un autre facteur entre en jeu, mais ils ne l'ont pas encore identifié.

Cette carte détaillée des mouvements de la ligne d'échouage sert désormais de référence pour les modèles de prévision de l'élévation du niveau de la mer. Les équipes de modélisation doivent pouvoir reproduire ces trente ans d'observations pour valider leurs projections. Dans le cas contraire, elles devront revoir leurs hypothèses.


Evolution de la ligne d'ancrage de l'Antarctique entre 1992 et 2025.
Les couleurs vont du noir (1992) au rouge et blanc (2025). Elle est superposée à une carte de vitesse des glaciers (du blanc au bleu) et à un relief de l'Antarctique de 2011.
Des cercles indiquent les zones où la ligne d'ancrage a reculé entre 1996 et 2025 pour 31 régions. Leur couleur va du rouge au blanc selon la surface concernée. Un cercle de référence montre 500 km² de recul.


Qu'est-ce que la ligne d'échouage ?


La ligne d'échouage est la frontière où la glace continentale de l'Antarctique commence à flotter sur l'océan. Elle marque la transition entre la glace ancrée au sol et les plateformes de glace flottantes. Sa position est un indicateur clé de la stabilité des glaciers.

Lorsque la ligne d'échouage recule, cela signifie que la glace perd de son ancrage et que le glacier devient plus vulnérable. Ce recul peut entraîner une accélération de l'écoulement de la glace vers l'océan, contribuant ainsi à l'élévation du niveau de la mer.

Les scientifiques mesurent cette ligne à l'aide de radars satellitaires, qui percent les nuages et l'obscurité polaire. Ces instruments détectent les mouvements subtils de la glace sur de longues périodes, permettant de cartographier les changements avec précision.
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