Une carte interactive montre l'apport de la nature à l'humanité
Publié par Adrien le 14/10/2019 à 08:00
Source: Université McGill
La nature aide l'humain à bien des égards, souvent à très petite échelle. C'est l'abeille sauvage qui traverse une ferme et pollinise au passage quelques plants de légumes. C'est encore, tout près, le marécage qui filtre les produits chimiques ruisselant de la ferme pour protéger la source d'eau potable (Une eau potable est une eau devant satisfaire à un certain nombre de caractéristiques la rendant propre à la consommation humaine.) d'une localité (Une localité est une agglomération habitée de taille indéterminée, en général peu importante, qui peut éventuellement être le chef-lieu d'une...) voisine. Dans les milieux habités du monde (Le mot monde peut désigner :) entier, la nature procure sans cesse des bienfaits aux populations. Une équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) internationale comptant des scientifiques de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) McGill cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la représentation...) déjà ces apports à l'échelle locale depuis des années, mais une nouvelle étude de l'Université Stanford (La Leland Stanford Junior University, plus connue sous le nom d'université Stanford, est l'une des plus prestigieuses universités américaines. Située au...) vient répondre à une question critique, à savoir comment utiliser cette information pour faire avancer les politiques et le développement mondiaux.


Abeilles domestiques (Apis mellifera) se livrant à un échange de nourriture (trophallaxie) au sein de la ruche. L'abeille receveuse (à gauche) a étendu son proboscis (trompe) pour lécher le nectar régurgité par la butineuse (à droite)
© E. Tourneret

Pour l'étude, publiée dans la revue Science, des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) satellites (Satellite peut faire référence à :) à haute résolution ont été converties en cartes interactives qui font la synthèse d'analyses locales à l'échelle planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire (le Soleil et ses planètes) en tout ou partie. Généralement les...). L'article se base sur ces recherches mondiales pour mettre en évidence l'affaiblissement de la capacité de la nature à protéger les populations humaines contre la pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.), les tempêtes côtières et la sous-pollinisation des cultures.

"Grâce aux rapides avancées technologiques, on peut désormais faire état de l'apport de la nature à différents endroits dans le monde de façon détaillée et accessible, explique Becky Chaplin-Kramer, chercheuse responsable du projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) de l'Université Stanford pour le capital naturel (Le capital naturel fait référence aux ressources telles que minéraux, plantes, animaux, air, pétrole de la biosphère terrestre, vus comme un moyen de production...) (Natural Capital Project) et auteure principale de l'étude. L'urgence et le rythme des changements mondiaux appellent des modèles complets et détaillés. Cette nouvelle technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) nous permet de voir clairement où les humains bénéficient de l'apport de la nature dans le monde. Nous pouvons aussi voir dans quels cas les populations risquent de perdre cet apport vital au fil de la dégradation des écosystèmes."

Risque accru pour cinq milliards de personnes

Dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...), l'équipe a constaté que là où les humains ont le plus besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les...) de la nature, la capacité des écosystèmes à subvenir à ces besoins s'affaiblit. Ainsi, il appert que d'ici 2050, cinq milliards de personnes pourraient être exposées à un risque accru de pollution de l'eau, de tempêtes côtières et de sous-pollinisation des cultures.

Fait inquiétant, les résultats montrent une distribution inéquitable des répercussions; dans tous les scénarios, les pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous forme...) en développement subissent une part démesurée des conséquences. Unai Pascual, coprésident de la récente évaluation mondiale de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des populations et celle des gènes dans l'espace et...) et les services écosystémiques (IPBES), sonne l'alarme: "Si nous poursuivons notre trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) actuelle, les écosystèmes ne pourront plus fournir de protection naturelle contre les effets des changements climatiques sur l'agriculture, l'eau et les infrastructures."

Au service des politiques d'investissement pour l'environnement

Dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu...) de mondialisation (Le terme « mondialisation » désigne l'expansion et l'harmonisation des liens d'interdépendance entre les nations, les activités humaines et les systèmes politiques à l'échelle du monde. Ce...) croissante, cette nouvelle technologie utilisant des données intégrées à haute résolution nous donne l'occasion de faire une place à la nature dans les décisions politiques du monde entier. Dans une optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.) d'accessibilité, l'une des priorités de l'étude consistait à produire des cartes interactives à haute résolution consultables dans un visualiseur Web. Ainsi présentées en ligne, les données mondiales complexes seront davantage à la portée des décideurs.

L'étude, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme les projets à venir qui se baseront sur cette nouvelle méthode, a pour objectif de contribuer à la mise en place de politiques et à la prise de décisions éclairées au sujet des investissements en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière occupe de...) d'environnement. "Il est crucial de savoir où et quand la nature joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche...) son rôle le plus important si l'on souhaite procurer aux populations les meilleurs moyens de subsistance et la plus grande qualité de vie (La qualité de vie d’une population est un enjeu majeur en sciences économiques et en science politique. On utilise les notions proches d’utilité et de bien-être. Elle est mesurée par de nombreux indicateurs...) possible", soutient Stephen Polasky, coauteur de l'étude et professeur d'économie de l'environnement à l'Université du Minnesota.

"Notre nouvelle capacité à cartographier les contributions de la nature au bien-être (Le bien-être ou bienêtre est un état qui touche à la santé, au plaisir, à la réalisation de soi, à l'harmonie avec soi et les autres. René Dubos présente la santé...) des humains, partout sur la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre hydrostatique,...), est une avancée extraordinaire. Au Canada, nous avons mis sur pied un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on...) qui vise à faire le pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant par-dessus cette séparation. Le...) entre les observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...) des bienfaits de la nature à petite échelle et le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus général afin de le...) environnementale dans tout le pays. C'est un privilège pour moi de diriger ResNet, un nouveau réseau stratégique du CRSNG qui nous aide à mieux comprendre et gérer les apports de la nature au bien-être des humains ici même, chez nous", renchérit Elena Bennett, professeure de sciences des ressources naturelles à l'École d'environnement de McGill.

L'étude est publiée sous le titre "Global modeling of nature's contributions to people" dans la revue Science: lien

Ces travaux ont été financés par la Fondation Marianne-et-Marcus-Wallenberg et par les contributions de P. et H. Bing ainsi que de R. et V. Sant au Natural (Natural est un langage de programmation semi-compilé, édité par la société allemande Software AG.) Capital Project.

Natural Capital Project: https://naturalcapitalproject.stanford.edu/
Université McGill: https://www.mcgill.ca/fr
Page générée en 0.012 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique