Cerveau: quand la taille ne fait pas tout
Publié par Adrien le 21/03/2014 à 00:00
Source: CNRS-INEE
Plesiadapis est le plus proche cousin des "primates vrais", le groupe auquel l'homme et les grands singes actuels appartiennent. Une reconstitution du cerveau de ce petit animal disparu il y a 52 millions d'années, à laquelle ont collaboré des équipes de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute...) des sciences de l'évolution de Montpellier - ISEM (CNRS/Univ.Montpellier 2/IRD) et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements - CR2P (CNRS/MNHN/UPMC/EPHE), suggère que la structure de l'encéphale des primates s'est modifiée avant même que sa taille n'augmente.


Reconstruction 3D in situ du moulage endocrânien de Plesiadapis tricuspidens. © M. Orliac, / CNRS, Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier (ISEM)

Les primates sont caractérisés par un cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de...) de grande taille relativement à leur masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre...) corporelle. L'étude du cerveau de Plesiadapis, un petit primate (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des mammifères placentaires. Ce clade regroupe...) ayant vécu entre 58 et 52 millions d'années, suggère que l'augmentation du volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) de l'encéphale n'est pas le seul effet de l'évolution. La structure même de ce tissu mou a elle aussi subi de remarquables transformations. Pour arriver à ce résultat inédit, une équipe internationale de chercheurs a utilisé le dernier-né des scanners - le microtomographe à rayons X - afin de percer les mystères d'un crâne (Le crâne est une structure osseuse ou cartilagineuse de la tête, caractéristique des crâniates (dont font partie les vertébrés). Le...) fossilisé de Plesiadapis conservé dans les collections du Muséum (Salle d'exposition du Muséum Provincial (1908) à Toronto (Ontario, Canada) Mangattan Museum (2001) à Ishinomaki (Japon),...) d'histoire naturelle (La démarche d'observation et de description systématique de la nature commence dès l'Antiquité avec Théophraste, Antigonios de Karystos et Pline...). "Cette technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) donne à voir ce qui se cache à l'intérieur des fossiles et permet d'accéder à des informations nouvelles, comme la forme de l'endocrâne" indique Maëva Orliac, chercheuse CNRS à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISEM) et co-auteur de l'article paru dans Proceedings of the Royak society B.


D'après les chercheurs, Plesiadapis possédait un cerveau peu volumineux. Sa structure, en revanche, préfigure celle du cerveau des "primates vrais", dont l'homme et les grands singes font partie. (© Illustration M. Orliac)

Grâce aux marques laissées par le cerveau de Plesiadapis sur la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est...) interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée variable selon le "Diplôme...) du crâne, les chercheurs ont pu reconstituer la forme et l'apparence globale de celui-ci. "Contrairement à ce que l'on imaginait, le néocortex (le siège des fonctions supérieures chez les primates) de Plesiadapis a une surface lisse, semblable au cerveau d'un petit rongeur, et un volume encéphalique peu important, décrit la paléontologue. La morphologie générale du cerveau, notamment la position relativement basse des bulbes olfactifs (aujourd'hui quasi-invisibles chez l'homme), préfigure en revanche celle des "primates vrais", le groupe dont nous faisons partie". De quoi mettre un terme à l'obsession du volume et montrer que les modifications structurelles - même discrètes - sont au moins aussi importantes dans l'évolution du cerveau des primates.
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