Changement climatique: le seuil d'un réchauffement dangereux pourrait être franchi entre 2027 et 2042

Publié par Adrien le 04/01/2021 à 09:00
Source: Université McGill
Le seuil d'un réchauffement climatique dangereux sera probablement franchi entre 2027 et 2042, intervalle nettement plus court que l'estimation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), selon laquelle nous franchirons ce seuil entre aujourd'hui et 2052.

Dans une étude publiée dans la revue Climate Dynamics, des chercheurs de l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des...) ont présenté une nouvelle méthode qui permet de prédire les températures de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance...) avec une plus grande précision. S'appuyant sur des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent...) historiques, cette méthode réduit considérablement les incertitudes observées à l'aide des méthodes utilisées jusqu'à présent.

Depuis des décennies, les scientifiques ont recours à des modèles climatiques pour faire des projections quant au réchauffement planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire...). Ces modèles jouent un rôle important dans la compréhension du climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une...) de la Terre et de son évolution probable. Mais quel est leur degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines...) de précision ?

Composer avec l'incertitude

Les modèles climatiques sont des simulations mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide...) de différents facteurs qui interagissent et influencent le climat, tels que l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :), l'océan (Un océan est souvent défini, en géographie, comme une vaste étendue d'eau...), la glace (La glace est de l'eau à l'état solide.), la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a...) terrestre et le soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile...). Néanmoins, ces modèles ont beau reposer sur la meilleure compréhension des systèmes terrestres dont nous disposons, les prévisions demeurent incertaines.

"Les climatosceptiques soutiennent que les prévisions du réchauffement climatique (Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou...) ne sont pas fiables, car elles reposent sur des modèles défectueux de supercalculateurs. Ces critiques, aussi injustifiées soient-elles, mettent en évidence la nécessité d'utiliser des méthodes de prédiction des températures indépendantes et différentes", indique Bruno Tremblay, coauteur de l'étude et professeur au Département des sciences atmosphériques et océaniques de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la...) McGill.

Jusqu'à présent, la fourchette d'estimation de la température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et...) globale affichait une amplitude (Dans cette simple équation d’onde :) telle qu'il était difficile de déterminer les conséquences dans les différents scénarios d'atténuation (Perte d'intensité et amplitude d'un signal...). Par exemple, selon les modèles de circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles...) générale (MCG) utilisés par le GIEC, il est très probable que la température moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de...) mondiale augmente de 1,9 à 4,5 °C, si la concentration de CO2 présente dans l'atmosphère double. Il s'agit d'une fourchette de grande amplitude dont le scénario le plus optimiste prévoit des changements climatiques modérés, alors que le pire des scénarios, lui, laisse présager des bouleversements catastrophiques.

Une nouvelle méthode

"La nouvelle méthode que nous utilisons pour prédire la température planétaire s'appuie sur des données climatiques historiques, plutôt que sur les relations théoriques mesurées de façon incomplète par les MCG. Cette méthode permet d'évaluer la sensibilité climatique et son incertitude à l'aide d'observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les...) directes, et ne relève qu'un faible nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre...) d'hypothèses", explique Raphaël Hébert, coauteur et ancien étudiant-chercheur à l'Université McGill, aujourd'hui à l'emploi de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est...) Alfred-Wegener à Potsdam, en Allemagne.

Dans une étude publiée dans la revue Climate Dynamics, les chercheurs ont présenté ce nouveau modèle - Scaling Climate Response Function (fonction de calcul de l'ampleur de l'action contre les changements climatiques) SCRF - dans le but de faire des projections de la température de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de...) d'ici 2100. Fondé sur des données historiques, ce modèle réduit de moitié environ les incertitudes prévisionnelles obtenues à l'aide de la méthode utilisée actuellement par le GIEC.

En analysant les résultats, les chercheurs ont constaté que le seuil d'un réchauffement dangereux, soit une augmentation de 1,5 °C de la température mondiale, sera probablement franchi entre 2027 et 2042. C'est là un intervalle beaucoup plus court que l'estimation des MCG, selon laquelle nous franchirons ce seuil entre aujourd'hui et 2052. En moyenne, les chercheurs ont également constaté que le réchauffement attendu était inférieur d'environ 10 à 15 %. Néanmoins, ils ont également relevé que la fourchette d'un réchauffement "très probable" établie à l'aide du SCRF était comprise dans celle obtenue à l'aide des MCG, et appuyait ainsi cette dernière.

"Les gouvernements s'apprêtent enfin à agir sur la question du changement climatique. Nous devons par conséquent éviter de fournir aux dirigeants des prétextes dont ils se serviront pour affirmer que même les politiques les plus timides suffiraient pour éviter des conséquences dangereuses, déclare Shaun Lovejoy, coauteur de l'étude et professeur au Département de physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la...) de l'Université McGill. Notre modèle climatique de nouvelle génération et ses améliorations rendent plus difficile la tenue de tels propos."

L'étude:
"An observation-based scaling model for climate sensitivity estimates and global projections to 2100", par Raphaël Hébert, Shaun Lovejoy et Bruno Tremblay, a été publiée dans la revue Climate Dynamics.
DOI:http://doi.org/10.1007/s00382-020-05521-x
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