COVID-19: dépister le coronavirus en quelques minutes
Publié par Adrien le 21/03/2020 à 09:00
Source: Université de Montréal
Une équipe de recherche québécoise vient d'obtenir le feu vert des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour tester un appareil qui écourtera le délai de réponse au test de dépistage de la maladie COVID-19. "En quelques minutes, l'instrument pourrait indiquer si l'échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) contient les anticorps du coronavirus, une opération qui prend actuellement plusieurs heures (L'heure est une unité de mesure  :)", dit Jean-François Masson, professeur au Département de chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces d'investigations communs ou proches.) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires...).


Une équipe de recherche québécoise vient d'obtenir le feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.) vert (Le vert est une couleur complémentaire correspondant à la lumière qui a une longueur d'onde comprise entre 490 et 570 nm. L'œil humain possède un récepteur, appelé cône M, dont la bande passante est axée sur cette...) des Instituts de recherche en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) du Canada pour tester un appareil qui écourtera le délai (Un délai est d'après le Wiktionnaire, « un temps accordé pour faire une chose, ou à l’expiration duquel on sera tenu de faire une certaine chose.  ».) de réponse au test de dépistage (Le dépistage, en médecine, consiste en la recherche d'une ou de plusieurs maladies ou d'anomalies dites "à risques" chez les individus d'une population donnée....) de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) COVID-19. Crédit: Getty

Spécialiste de l'instrumentation (Le mot instrumentation est employé dans plusieurs domaines :) biomédicale, le professeur Masson travaille en collaboration avec sa collègue du département Joelle Pelletier au sein d'une équipe dirigée par Denis Boudreau, professeur de chimie à l'Université Laval. Une collègue chinoise, Qing Huang, qui a travaillé à la détection du virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous la forme intracellulaire (à...) Ebola, complète l'équipe. Ils ont obtenu des fonds spéciaux que les IRSC ont débloqués récemment pour lutter contre la pandémie (Une pandémie (du grec ancien πᾶν / pãn (tous) et δῆμος / dễmos (peuple)) est une épidémie touchant une part...) appréhendée. Le total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le total n'est...) de la subvention (Une subvention est une aide financière, c’est-à-dire une somme d’argent, qui est allouée par une institution publique ou privée à une personne ou une organisation privée ou publique dans le...) s'élève à un million (Un million (1 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (999 999) et qui précède un million un...) de dollars sur deux ans. Une dizaine d'étudiants et de chercheurs postdoctoraux participeront aux travaux de recherche. Les chercheurs ont eu l'autorisation de poursuivre leurs activités liées à la maladie COVID-19 durant la fermeture (Le terme fermeture renvoie à :) des laboratoires à l'Université de Montréal, qui seront menées dans le respect des règles de distanciation définies par le gouvernement.

Si les scientifiques ont de bonnes raisons de croire que leur prototype fonctionnera ‒ ils ont travaillé sur un prototype capable de détecter les réactions allergiques à un médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en vue d'établir un...) contre la leucémie (La leucémie (du grec leukos, blanc, et haima, sang), ou leucose, est un cancer des cellules de la moelle osseuse (les cellules de la moelle produisent les cellules sanguines, d'où le terme parfois utilisé de cancer du sang). Les...) et ont obtenu des résultats positifs ‒, ils ne veulent pas donner l'impression que l'appareil pourra être utilisé durant l'offensive actuelle contre la pandémie. "Je crois que, dans le meilleur des cas, on aura un dispositif fiable d'ici un an, pour une prochaine vague (Une vague est un mouvement oscillatoire de la surface d'un océan, d'une mer ou d'un lac. Les vagues sont générées par le vent et ont une amplitude crête-à-crête allant de quelques centimètres à...) de l'épidémie s'il y a lieu", nuance-t-il.

Mais compte tenu de son approche radicalement différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application...) des tests employés actuellement, le prototype pourrait s'avérer utile lors de nouvelles menaces virales.

Il faut également souligner que cette technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) pourrait servir à déterminer l'immunité de certaines personnes quant à la maladie COVID-19. "On peut penser à un membre du personnel de la santé qui veut savoir s'il est immunisé", indique-t-il.

Résonance des plasmons de surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa...)


Jean-François Masson
Jean-François Masson s'intéresse à l'instrumentation biomédicale depuis plus d'une décennie (Une décennie est égale à dix ans. Le terme dérive des mots latins de decem « dix » et annus « année.). Au carrefour de la chimie analytique, de la nanotechnologie (Les nanosciences et nanotechnologies (NST) peuvent être définies a minima comme l'ensemble des études et des procédés de fabrication et de manipulation de structures, de dispositifs et de systèmes matériels à...) et de l'intelligence artificielle (L'intelligence artificielle ou informatique cognitive est la « recherche de moyens susceptibles de doter les systèmes informatiques de...), son expertise se concentre sur un type de biocapteur de résonance des plasmons de surface. Un peu plus compact qu'un dictionnaire, ce système est muni d'une puce qui analyse presque instantanément les échantillons qu'on lui présente.

Alors que les dispositifs actuels doivent compter sur l'analyse de l'ADN du génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de certains virus dont le génome est...) du virus, qu'il faut prélever dans le larynx (Le larynx est un organe situé au niveau de la gorge. Il est situé après la jonction du pharynx. Il est l'intermédiaire entre le pharynx et la trachée et...) du patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.), ce système tenterait de détecter les anticorps du malade. Une différence de taille.

Le dispositif qu'ont mis au point (Graphie) les professeurs Masson et Pelletier a été testé dans le cadre de travaux de recherche en milieu hospitalier au Canada. Un de ses avantages est qu'il peut être utilisé sur le terrain, les résultats pouvant être enregistrés dans une puce insérée à l'intérieur d'une cartouche jetable. Celle-ci peut être emballée individuellement après chaque analyse. Le tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) est relié à un ordinateur portable (Un ordinateur portable, laptop (en Suisse) ou encore PC portable est un ordinateur personnel qui, grâce à un poids et un encombrement limités, peut être transporté très facilement.).

L'instrument qu'on souhaite réaliser exploitera les connaissances existantes sur la maladie COVID-19 en complémentarité avec l'analyse génomique (La génomique est une discipline de la biologie moderne. Elle étudie le fonctionnement d'un organisme, d'un organe, d'un cancer, etc. à l'échelle du génome, et non plus limitée à...) et en collaboration avec plusieurs chercheurs engagés dans les efforts présentement déployés pour enrayer la pandémie. "La clé de notre approche de développement est notre effort collectif international avec des centres hospitaliers et de recherche en Chine", précisent les chercheurs dans leur demande de financement.

En effet, l'équipe collabore avec plusieurs équipes chinoises expertes en maladies infectieuses et un partenaire industriel québécois, Affinité Instruments. D'ailleurs, le professeur Masson était lui-même en Chine lorsque l'épidémie a fait ses premières victimes.
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