L'écorce dévoile son rôle dans la posture des arbres

Publié par Adrien le 20/12/2019 à 08:00
Source: CNRS INSIS
Afin de pousser droit et de maintenir leur forme, les arbres produisent des forces de tension dans le tronc et les branches. Des chercheurs des laboratoires LMGC, EcoFoG et AMAP ont montré la grande diversité des structures du bois et de l'écorce (L'écorce est le revêtement extérieur du tronc, des branches et des racines des arbres, et plus généralement des plantes ligneuses.) à l'origine de ces forces, sur un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'espèces de forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible étendue...) tropicale et montré la contribution relative du bois et de l'écorce. En effet, certains arbres n'utilisent qu'une seule de ces solutions à la fois, d'autres les combinent.


Bois de tension (gauche) et bois normal (droite) de différentes espèces d'arbres: Hevea guianensis (A), Macrolobium bifolium (B), Protium guianense (C), Manilkara bidentata (D), Guarea guidonia (E) et Licania macrophylla (F).
© Barbara Ghislain, Ecofog.

Les arbres maintiennent leur posture (En posturologie, la posture est l'élaboration et le maintien actif de la configuration des différents segments du corps dans l'espace, elle exprime la manière dont l'organisme affronte les...) et se redressent en générant des forces de tensions sur la face supérieure des tiges. On a longtemps considéré que ces forces proviennent uniquement du bois, appelé dans ce cas "bois de tension". Dans ces bois, le gonflement d'une matrice gélatineuse écarte les fibrilles de cellulose disposées en treillis, ce qui provoque l'apparition d'une tension dans la paroi des cellules. Comme cette couche gélatineuse n'est pas présente dans toutes les espèces, des chercheurs du Laboratoire de mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission, pistons, ...), bref, de tout ce qui...) et génie civil (Le Génie civil représente l'ensemble des techniques concernant les constructions civiles. Les ingénieurs civils s’occupent de la conception, de la réalisation, de l’exploitation et de la...) (LMGC, CNRS/Université de Montpellier), du laboratoire Écologie des forêts de Guyane (EcoFoG, CNRS/Université des Antilles/Université de Guyane/CIRAD/INRA/AgroParisTech), et du laboratoire Botanique (La botanique est la science consacrée à l'étude des végétaux (du grec βοτάνιϰή; féminin du mot...) et modélisation de l'architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) des plantes et des végétations (AMAP, CNRS/INRA/CIRAD/Université de Montpellier/IRD) ont revisité la question.

Grâce à l'étude de 242 espèces d'arbres en Guyane, cette équipe a montré que 14 % des espèces observées sont en fait dépourvues de tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) bois de tension. De fortes contraintes de tension sont alors mesurées dans les écorces, toutes caractérisées par des fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.) organisées en treillis. Lors de sa croissance, le bois pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) l'écorce qui génère en retour une force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les articles...) de redressement. Les chercheurs ont ensuite évalué l'efficacité de ces systèmes sur une vingtaine d'espèces, dont certaines où le bois de tension et l'écorce agissent conjointement. Résultat, plus le bois est efficient, moins l'écorce contribue au redressement, et inversement. Toutes les espèces sont capables de se redresser, quel que soit l'apport relatif du bois ou de l'écorce, mais l'efficacité est d'autant plus grande que l'écorce ou le bois agissent seuls.

Références

B. Ghislain, J. Engel, B. Clair,
Diversity of anatomical structure of tension wood among 242 tropical tree species.
IAWA Journal, 40(4), 765-784 (2019)
DOI: doi.org/10.1163/22941932-40190257

B. Ghislain, T. Alméras, J. Prunier, B. Clair,
Contributions of bark and tension wood and role of the G-layer lignification in the gravitropic movements of 21 tropical tree species.
Annals of Forest Sciences, 76:107 (2019)
DOI: doi.org/10.1007/s13595-019-0899-7
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