Electrifier le cerveau booste la mémoire
Publié par Olivier Manette le 11/11/2006 à 00:00
Source: Nature (DOI: 10.1038/nature05278)
Appliquer un faible courant électrique au cerveau pendant le sommeil peut significativement booster la mémoire.

Une nouvelle étude a montré qu'une stimulation électrique du cerveau pendant une demie heure accroît d'environ 8% les performances d'étudiants sur des tâches de mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) verbale. L'approche accroît la mémoire en créant une forme de courant électrique (Un courant électrique est un déplacement d'ensemble de porteurs de charge électrique, généralement des électrons, au sein d'un matériau conducteur. Ces...) observée dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le...) normal pendant des phases de sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur,...) profond.

Jan Born et ses collègues, de l'université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Luebeck en Allemagne, ont recruté 13 étudiants en bonne santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) pour l'étude et leurs ont donné une liste d'association de mots tel que "oiseau (Un oiseau (ou classe des Aves) est un animal tétrapode appartenant à l'embranchement des vertébrés. S'il existe près de 10 000 espèces d'oiseaux, très...)" et "air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de pressuriser les cabines...)" à apprendre le soir. Après cela, les chercheurs ont placé 2 électrodes sur le front et une derrière chaque oreille (L'oreille est l'organe qui sert à capter le son et est donc le siège du sens de l'ouïe, mais elle joue également un rôle important dans l'équilibre. Le mot peut référer au...) des volontaires et les ont ensuite laissé dormir. Les différentes phases de sommeil de ces étudiants ont été visualisées sur des appareils à électroencéphalogramme (EEG). Au moment où les étudiants entrent dans une période de sommeil léger, l'équipe de Born commence à appliquer le léger courant par des impulsions d'une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. ...) pendant environ 30 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain. ...). La lecture de l'EEG a révélé que ce courant a placé les étudiants dans une phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) de sommeil plus profonde. Le lendemain matin, les étudiants ont réalisé le test de mémoire des mots avec une performance d'environ 8% supérieure que sans stimulation (Une stimulation est un événement physique ou chimique qui active une ou plusieurs cellules réceptrices de l'organisme. La cellule traduit la stimulation par un potentiel d'action, qui est transmis par...) électrique.

Born pense que ce gain de mémoire est dû à la forme du courant appliqué qui mime le courant naturel observé pendant les phases de sommeil profond, au moment où la consolidation de la mémoire est censée prendre place. Un fort courant cérébral pendant cette phase de sommeil cause probablement une activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) plus intense des nerfs a-t-il ajouté, laquelle peut augmenter l'activité dans les centres de mémoire du cerveau tel que l'hippocampe.

Certains chercheurs sont sceptique sur la théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur...) de "mimer le sommeil profond" de Born. Toutefois, Felipe Fregni du centre de stimulation non-invasive du cerveau à l'université de Harvard à Boston (USA) précise lui ainsi que d'autres scientifiques ont montré que stimuler le cerveau avec des courants de types différents des courants naturels du sommeil peut produire des améliorations similaires de la mémoire. Il y a donc de plus en plus de preuves indiquant que la stimulation du cerveau peut un jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit...) aider à améliorer la mémoire de patients atteints de démences ou d'autres formes de défaillance cognitive, l'expert a t'il dit.

"Cela peut être très utile de restaurer des fonctions chez des gens ayant des dommages au cerveau" selon Daniel Herrera de L'université Cornell à New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis,...) (USA) qui a étudié les effets de la stimulation cérébrale chez les rats. Les gens en bonne santé peuvent éventuellement essayer d'utiliser cette approche pour maximiser la puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) de leur cerveau, déclare Herrera. Mais Born ajoute également qu'il serait "un peu hésitant" à utiliser régulièrement la stimulation cérébrale pendant le sommeil pour booster (Le nom de booster (ou propulseur d'appoint) est donné au moteur-fusée qui est attaché aux navettes spatiales américaines.[1] Par...) la mémoire: "A la fin, nous ne savons pas s'il y a de possibles effets secondaires que pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré...) nous n'avons pas pu reconnaître".

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