Une étrange structure géologique trouvée au large de Sept-Îles
Publié par Isabelle le 09/11/2013 à 12:00
Source: Université de Laval/Jean Hamann
Un météorite de 4,1 km de diamètre s'est écrasé tout près de Sept-Îles... il y a plusieurs millions d'années. C'est l'explication la plus vraisemblable à laquelle arrive un groupe de chercheurs dirigé par Patrick Lajeunesse, professeur du Département de géographie (La géographie (du grec ancien γεωγραφία - geographia, composé de "η...) et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) au Centre d'études nordiques, qui a étudié une anomalie sous-marine découverte il y a 12 ans, en face de cette ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être...) de la Côte-Nord.


Image du cratère situé au large de la baie de Sept-Îles, obtenue par sondages à haute résolution.
Sa profondeur maximale atteint 250 mètres, ce qui témoigne de la force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les articles...) de l'impact.

En 2001, lors d'une opération de cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la représentation de données sur un...) de l'habitat du homard (Le homard est un crustacé décapode, vivant dans la mer. Le genre Homarus comprend deux espèces :), des employés du Service hydrographique du Canada ont repéré, au large de la baie de Sept-Îles, à 40 mètres de profondeur, une étrange structure de forme circulaire. "L'hypothèse d'un cratère d'impact météoritique avait été avancée, mais ce secteur a une géologie (La géologie, du grec ancien γη- (gê-, « terre ») et λογος (logos, « parole », « raison »),...) complexe. Il pouvait aussi s'agir de cheminées de volcan (Un volcan est un relief terrestre, sous-marin ou extra-terrestre formé par l'éjection et l'empilement de matériaux issus de la montée d'un magma sous forme de lave et de tephras tels que les cendres. Ce magma...) ou de remontées de sel", signale Patrick Lajeunesse. Pour en avoir le cœur net, son équipe a effectué des sondages à haute résolution dans ce secteur en 2005, 2006 et 2010. Les résultats, qui seront publiés dans la revue scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) Meteoritics and Planetary Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens...), plaident en faveur de la chute d'un météorite (Une météorite est un corps matériel provenant de l’espace extra-atmosphérique de taille comparativement petite qui atteint la surface de la Terre. On appelle...).

Le cratère qui a résulté de cette collision (Une collision est un choc direct entre deux objets. Un tel impact transmet une partie de l'énergie et de l'impulsion de l'un des corps au second.) est plus grand que celui du Nouveau-Québec (3,4 km). Sa forme est celle d'un cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est appelée rayon du cercle....) presque parfait au centre duquel se trouve un noyau surélevé. Il s'agit de matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) qui ont été déplacés vers le haut à la suite de l'impact, comme lorsqu'une goutte d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) tombe dans un liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.), explique le professeur Lajeunesse. De plus, le cratère présente une série de trois anneaux concentriques. "Sa morphologie et sa géométrie (La géométrie est la partie des mathématiques qui étudie les figures de l'espace de dimension 3 (géométrie euclidienne) et, depuis le XVIIIe siècle, les figures d'autres types d'espaces...) sont semblables à celles des cratères d'impact météoritique", résume-t-il.

On ignore encore à quel moment l'écrasement de ce météorite est survenu. "Nous savons que l'événement s'est produit il y a au moins 2,6 millions d'années, mais il pourrait remonter à aussi loin que 470 millions d'années. Le météorite est sans doute tombé sur la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...) ferme alors que le niveau marin était plus bas qu'aujourd'hui", avance le professeur Lajeunesse.

Un échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) de roche (La roche, du latin populaire rocca, désigne tout matériau constitutif de l'écorce terrestre. Tout matériau entrant dans la composition du sous-sol est formé par un assemblage de minéraux,...) recueilli à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois...) du cratère a révélé la présence de minéraux produits par fusion (En physique et en métallurgie, la fusion est le passage d'un corps de l'état solide vers l'état liquide. Pour un corps pur, c’est-à-dire pour une substance...) à des températures dépassant 1600 degrés Celsius. "C'est le genre de température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations de froid et de chaud,...) que peut produire l'écrasement d'un météorite", précise le chercheur. Toutefois, on ne peut écarter la possibilité que ce fragment provienne d'ailleurs et qu'il ait été transporté sur le site par les glaciers, reconnaît-il. "Pour apporter une preuve irréfutable à la thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à l'égard du sujet ou du thème qu'il...) du météorite, il faudrait forer le cratère et trouver des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous...) de fusion dans les échantillons prélevés. Des travaux de terrain de cette nature sont toutefois très coûteux. Avant de nous attaquer à pareil projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité de contribution, et...), nous devions faire la démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir de propositions initiales, ou précédemment démontrées à partir de propositions initiales,...) que l'hypothèse du cratère météoritique tenait la route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour...)."

La découverte de cratères météoritiques et la datation de ces structures revêtent un grand intérêt pour les scientifiques parce qu'elles permettent d'expliquer des fluctuations dans les climats du passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose...). "Un météorite comme celui qui a formé le cratère près de Sept-Îles met en suspension ( Le fait de suspendre des particules En chimie, la suspension désigne une dispersion de particule. En géomorphologie, la suspension est un mode de transport des sédiments. ...) d'énormes quantités de poussières qui peuvent perturber, pendant des années, les conditions climatiques à l'échelle continentale."

L'étude qui paraît dans Meteoritics and Planetary Science est signée par Patrick Lajeunesse (Géographie) et Jacques Locat (Géologie et génie géologique), de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) Laval, Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) St-Onge, de l'UQAR, Mathieu J. Duchesne, de la Commission géologique du Canada, Michael Higgins, de l'UQAC, Richard Sanfaçon, du Service hydrographique du Canada, et Joseph Ortiz, de l'Université Kent State.
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