Hommes vivant avec le VIH: La stigmatisation sociale altère la fonction cognitive
Publié par Adrien le 28/11/2018 à 08:00
Source: Université McGill
Dans cette population, la réduction de la stigmatisation pourrait favoriser le traitement des troubles cognitifs

Une nouvelle étude a permis d'établir un lien direct entre l'ampleur de la stigmatisation dont dit être victime un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon, tandis que...) vivant avec le VIH et son score aux épreuves d'évaluation de la fonction cognitive, qui mesurent des capacités telles la mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) et l'attention.

L'étude, réalisée par des chercheurs de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel...) et hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à domicile ou dans le cabinet d'un médecin.) neurologiques de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de...) (Le Neuro), de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment où les...) McGill et du Centre universitaire de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) McGill, a été menée auprès de 512 hommes de race (En nomenclature zoologique, la race est un rang taxinomique inférieur à l'espèce (équivalent au rang de variété dans d'autres disciplines), dans le but de distinguer...) blanche et d'âge mûr vivant avec le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous...) de l'immunodéficience humaine (VIH) recrutés dans des cliniques aux quatre coins du Canada et qui ont constitué la cohorte du programme Pour un cerveau en santé, agissons! Les participants devaient répondre à un questionnaire (Les questionnaires sont un des outils de recherche pour les sciences humaines et sociales, en particulier la psychologie, la sociologie, le marketing et la géographie.) sur l'ampleur de la stigmatisation dont ils étaient victimes. On a ensuite couplé leurs réponses aux résultats qu'ils ont obtenus aux épreuves d'évaluation de la fonction cognitive et de la santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable,...).

Les chercheurs ont découvert que la stigmatisation liée au VIH a un effet immédiat sur l'anxiété (L'anxiété est pour la psychiatrie phénoménologique biologique et comportementale, un état d'alerte, de tension psychologique et somatique, en rapport avec un sentiment...) et sur les résultats aux épreuves de la fonction cognitive. On a également observé un lien direct, bien que moins marqué, entre la stigmatisation et la dépression. En raison de ses effets sur la fonction cognitive, la stigmatisation a été associée à une baisse de la participation aux activités sociales et à une perturbation du fonctionnement dans la vie (La vie est le nom donné :) de tous les jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les...).

Cette étude est la première à établir une relation franche entre la stigmatisation et le rendement cognitif chez des personnes vivant avec le VIH. Si les mécanismes par lesquels la stigmatisation affecte la fonction cognitive n'ont pas été élucidés, on soupçonne néanmoins que les répercussions du stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage courant, on parle de...) chronique sur le cerveau et certains effets psychologiques, comme des croyances négatives intériorisées, pourraient faire partie des causes éventuelles.

Le sida est désormais considéré comme une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) chronique. Grâce à la mise au point (Graphie) de traitements antirétroviraux efficaces, l'espérance de vie (L'espérance de vie est une donnée statistique. Elle est censée permettre de connaître la durée de vie moyenne qu'on peut espérer atteindre à un moment donné. Cette statistique est calculée et...) des patients s'est accrue, si bien que bon nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'entre eux sont devenus ou deviendront bientôt des aînés. Il est important de comprendre comment le virus et les facteurs connexes tels que la stigmatisation affectent les patients vieillissants. Or, cette découverte ouvre la voie à l'élaboration de nouvelles démarches pour le traitement des troubles cognitifs dans cette population et vient renforcer la nécessité de lutter contre la stigmatisation liée à l'infection par le VIH.

"Notre recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également...) révèle que l'incidence neurologique du VIH/sida ne se limite pas aux simples effets biologiques", souligne la Dre Lesley Fellows, chercheuse au Neuro et auteure en chef de l'étude. "L'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les...) psychologique et social dans lequel évolue le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) y contribue également. L'étude met en évidence le besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires,...) d'interventions destinées à réduire la stigmatisation sociale et d'appuyer la résilience face à ses effets toxiques sur la santé cérébrale."

Cette étude, publiée le 13 novembre 2018 dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes, a été rendue possible grâce au financement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et du Réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un...) canadien pour les essais VIH des IRSC. Elle a regroupé une équipe interdisciplinaire (Un travail interdisciplinaire intègre des concepts provenant de différentes disciplines.) de chercheurs et des représentants des communautés des personnes vivant avec le VIH de Montréal, de Toronto, d'Hamilton et de Vancouver.

L'Institut et hôpital neurologiques de Montréal

L'Institut et hôpital neurologiques de Montréal - le Neuro - est un établissement de calibre mondial voué à la recherche sur le cerveau et aux soins neurologiques de pointe. Depuis sa création, en 1934, par le célèbre neurochirurgien Wilder Penfield, le Neuro est devenu le plus grand établissement de recherche et de soins cliniques spécialisé en neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques, des neurones et du système...) au Canada, et l'un des plus importants sur la scène internationale. L'intégration harmonieuse de la recherche, des soins aux patients et de la formation par les plus grands spécialistes du monde (Le mot monde peut désigner :) contribue à positionner le Neuro comme un centre d'excellence unique pour l'avancement des connaissances sur les troubles du système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, de l'encéphale, de la moelle épinière, etc. Il coordonne les mouvements...) et leur traitement. En 2016, le Neuro est devenu le premier institut au monde à adopter sans réserve le concept de la science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient...) ouverte en créant l'Institut de science ouverte Tanenbaum. L'Institut neurologique de Montréal est un institut de recherche et d'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais de...) de l'Université McGill. L'Hôpital neurologique de Montréal fait partie de la mission en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill.
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