Nageurs d'élite: un second souffle
Publié par Adrien le 08/09/2018 à 00:00
Source: Jean Hamann - Université Laval

Photo: Australian Paralympic Committee
Une personne au repos inhale environ 5 litres d'air à la minute, alors qu'un nageur d'élite qui pousse au maximum en inhale jusqu'à 200 litres à la minute. Ses bronches sont donc très exposées aux produits irritants présents dans l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de pressuriser les cabines...) des piscines.
Les bronches des nageurs d'élite retrouveraient leur état normal lorsque les athlètes se retirent de la compétition

L'air des piscines, chargé de sous-produits de chloration de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.), peut faire la vie (La vie est le nom donné :) dure aux poumons des athlètes d'élite. À preuve, environ le quart des nageurs olympiques ont un certificat médical les autorisant à faire usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) d'un bronchodilatateur pour atténuer leurs symptômes d'asthme (L'asthme (phon. : [asm]) du latin asthma signifiant « respiration difficile », est une maladie du système respiratoire touchant...) et d'hyperréactivité bronchique. Bonne nouvelle pour eux, l'inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…) et les altérations physiques de leurs bronches causées par la pratique intensive de la natation disparaîtraient lorsque les athlètes mettent un terme à leur carrière sportive, suggère une étude publiée par des chercheurs de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) Laval dans la revue Clinical & Experimental Allergy.

L'équipe de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son...) et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter...) universitaire de cardiologie (La cardiologie est la spécialité médicale qui étudie le cœur et ses maladies. Le médecin qui s’en occupe s’appelle le cardiologue. Par extension, il s’intéresse...) et de pneumologie (En médecine, la pneumologie est la branche qui s'occupe de maladies des poumons et du tractus respiratoire. Elle est, en général, considérée comme une branche...) de Québec en a fait la démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir de propositions initiales, ou précédemment...) en comparant l'anatomie (L'anatomie (provenant du nom grec ἀνατομία anatomia, provenant du verbe ἀνατέμνειν anatemnein, se traduisant par couper,...) et la physiologie (La physiologie (du grec φύσις, phusis, la nature, et λόγος, logos, l'étude, la science) étudie le rôle, le fonctionnement et...) des bronches de six nageurs d'élite pendant leur carrière d'athlète et deux ans après leur retrait de la compétition. Les participants ont accepté de fournir un échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) de tissus pulmonaires à deux reprises. Au moment de la première biopsie (Une biopsie correspond au prélèvement d'un échantillon de tissus de l'organisme dans le but de réaliser un examen microscopique.), les athlètes s'entraînaient en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous...) 17 heures (L'heure est une unité de mesure  :) par semaine. Au moment de la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une...) biopsie, ils passaient environ 2 heures en piscine chaque semaine.

Au moment où les nageurs étaient actifs, leurs bronches étaient dans un état comparable à celles de personnes souffrant d'asthme léger. L'inflammation induite par l'entraînement et le remodelage des bronches observés pendant leur carrière d'athlète sont toutefois réversibles chez la plupart des nageurs, révèlent les analyses de la seconde biopsie. "Nous savions qu'après leur retrait de la compétition, les nageurs affichaient moins de symptômes cliniques d'asthme et d'hyperréactivité bronchique, souligne le responsable de l'étude, Louis-Philippe Boulet. Nos derniers résultats confirment ces observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le...) et ils précisent par quels processus le tissu fibreux se développe et se répare dans les bronches."

Rappelons que l'asthme et l'hyperréactivité bronchique seraient causés par les sous-produits de la chloration de l'eau qui provoquent une constriction des bronches. Les nageurs récréatifs sont rarement affectés par ce problème, mais il en va tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) autrement pour les athlètes qui passent de longues heures en piscine et qui s'entraînent intensivement. Une personne au repos inhale environ 5litres d'air à la minute ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon,...), alors qu'un nageur d'élite qui pousse (Pousse est le nom donné à une course automobile illégale à la Réunion.) au maximum en inhale jusqu'à 200litres à la minute. Ses bronches sont donc très exposées aux produits irritants présents dans l'air des piscines, rappelle le professeur Boulet.

Même si l'étude suggère que les dommages aux bronches des athlètes sont réversibles, le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) insiste sur la nécessité de la prévention (La prévention est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une situation (sociale, environnementale, économique..) ne se dégrade, ou qu'un accident, une...). "Le maintien d'une bonne qualité de l'air dans les piscines est primordial. Il reste beaucoup d'éducation et de conscientisation à faire à ce sujet."

L'étude parue dans Clinical & Experimental Allergy est signée par Valérie Bougault, Patricia Odashiro, Julie Turmel, Michèle Orain, Michel Laviolette, Philippe Joubert et Louis-Philippe Boulet.

Une personne au repos inhale environ 5 litres d'air à la minute, alors qu'un nageur d'élite qui pousse au maximum en inhale jusqu'à 200 litres à la minute. Ses bronches sont donc très exposées aux produits irritants présents dans l'air des piscines.
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