Les Nuages de Magellan: de simples visiteurs de passage ?

Publié par Michel,
Source: Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics
Illustration: Robert Gendler and Josch Hambsch 2005Autres langues:
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Le Grand Nuage de Magellan et le Petit Nuage de Magellan sont deux des galaxies voisines les plus proches de la Voie Lactée. Elles ne sont visibles que dans l'hémisphère austral. En étudiant leurs orbites, les astronomes peuvent apprendre leurs histoires respectives et déduire en partie la structure de la Voie Lactée par son influence que cette dernière exerce sur leurs déplacements.


Les astronomes ont mesuré les vitesses tridimensionnelles
des Grand (illustré ci-dessus) et Petit Nuages de Magellan
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Les astronomes Nitya Kallivayalil et Charles Alcock du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics et Roeland van der Marel du Space Telescope Science Institute ont établi les mesures les plus précises jusqu'à aujourd'hui des vitesses tridimensionnelles à travers l'espace des deux galaxies. Leurs résultats surprenants ont été présentés au 209ème congrès de la Société Astronomique Américaine.

"Nous avons constaté que les vitesses des deux Nuages sont étonnamment élevées, presque deux fois plus que ce que l'on pensait précédemment", indique Kallivayalil.

Les vitesses radiales (mouvement suivant la ligne de la vision) des deux Nuages sont bien connues et relativement faciles à mesurer. Bien plus difficile à apprécier est le mouvement propre (déplacement à travers le ciel), qui exige une précision extraordinaire sur plusieurs années d'observation. Ces deux types de mouvements doivent être connus pour calculer la véritable vitesse en trois dimensions.

Grâce à deux séries d'observations réalisées à deux ans d'intervalle à l'aide du télescope Hubble, Kallivayalil et ses collègues ont calculé avec précision les mouvements propres des deux Nuages. Puis, en combinant ces données avec les vitesses radiales, ils ont pu conclure que le Grand Nuage se déplaçait dans l'espace à 378 km/sec et le Petit Nuage à 302 km/sec.

Selon les astronomes, il existe deux explications possibles pour ces vitesses élevées. La première serait que la masse de la Voie Lactée est plus étendue que ce que l'on supposait précédemment. Si les deux Nuages sont liés gravitationnellement à la Voie Lactée, alors celle-ci doit être beaucoup plus massive que ce que les données antérieures suggèrent. Mais la seconde explication serait simplement que les Nuages de Magellan ne soient pas gravitationnellement liés à la Voie Lactée. Si les calculs antérieurs de la masse de notre galaxie sont exacts, alors cette dernière n'est pas assez massive pour attirer ces deux compagnons. Et dans quelques milliards d'années, ils s'échapperont de son voisinage. "Les Nuages de Magellan peuvent très bien ne pas être des compagnons réels de la Voie Lactée, explique Kallivayalil, ce ne sont peut-être que des visiteurs de passage."

La vitesse relative des Nuages l'un par rapport à l'autre est également étonnamment élevée. Cela suggère qu'ils pourraient être voisins par accident et ne soient pas gravitationnellement liés. Ou bien, s'ils le sont, cette vitesse élevée pourrait expliquer pourquoi ces deux galaxies n'ont pas fusionné l'une avec l'autre il y a déjà bien longtemps.

De futures mesures effectuées sur le "Pont magellanique", une longue connexion de gaz hydrogène reliant les deux Nuages, pourraient clarifier les choses et permettre de mieux comprendre les interactions entre les deux galaxies elles-mêmes, et entre elles-même et la Voie Lactée. "Quels que soient les résultats des prochaines études, nos travaux auront montré que l'historique orbital des Nuages devait être réexaminé", conclut Kallivayalil.

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