Les oiseaux marins sont capables de prédire et d'éviter l'arrivée d'un cyclone
Publié par Adrien le 03/04/2019 à 08:00
Source: CNRS INEE
Les cyclones formés en mer ont des effets dévastateurs bien connus sur la faune et la flore lorsqu'ils arrivent sur les milieux terrestres. En mer, chaque année les espèces marines tropicales comme les oiseaux marins se trouvent dans l'aire (Aires (en espagnol, les airs) est une compagnie aérienne intérieure de Colombie.) d'influence des cyclones tropicaux. Sont-elles capables de prédire l'arrivée d'un cyclone (Un cyclone (du grec kyklos, cercle) est un terme météorologique qui désigne une grande zone où l'air atmosphérique est en rotation autour d'un centre de basse pression...), et en mesure de les éviter ? Ces questions restaient une énigme jusqu'à aujourd'hui ? En utilisant des systèmes de télémétrie par satellite (Satellite peut faire référence à :), une étude pilotée par Henri Weimerskirch du Centre d'études biologiques de Chizé (CNRS/Université de La rochelle) démontre que deux espèces d'oiseaux marins sont capables de répondre à l'arrivée d'un cyclone en changeant de comportement un à deux jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début...) à l'avance et en évitant la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) des cyclones en les contournant.

Dans le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les...) du changement climatique, on ignore encore comment des phénomènes climatiques extrêmes, tels que les cyclones, qui vont augmenter en fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot fréquence...) et en intensité, affecteront les capacités d'alimentation des vertébrés (Les vertébrés forment un sous-embranchement du règne animal. Ce taxon, qui dans sa version moderne exclut les myxines, est considéré comme monophylétique....) marins. Au cours d'une étude sur le comportement alimentaire de deux oiseaux de mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) tropicaux dans le Canal du Mozambique et en Nouvelle Calédonie, les fous à pieds rouges (Sula sula) et les frégates du Pacifique (Fregata tropica), Henri Weimerskirch du Centre d'études biologiques de Chizé (CNRS/Université de La rochelle) a observé plusieurs aires de reproduction et zones d'alimentation dévastées par des cyclones. Cela a permis l'étude des réactions de ces animaux aux conditions de vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur Neptune et sur Saturne. Il...) extrêmes. Il est apparu que, si les adultes et les jeunes oiseaux étaient capables de prévoir l'arrivée d'un cyclone et de se comporter en conséquence afin de réduire les risques de mortalité et d'optimiser la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) de nourriture.


Jeune frégate du Pacifique en vol
© A. Prudor

L'étude, paru dans Scientific Reports, montre qu'à l'approche d'un cyclone, les juvéniles et les adultes des deux espèces prennent une décision différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application...) adaptée à leur morphologie contrastée et à leur histoire de vie (La vie est le nom donné :). Lorsque le centre du cyclone est encore à plusieurs centaines de kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299 792 458 seconde.), les juvéniles des frégates et les frégates adultes restent dans la colonie, tandis que les fous adultes poursuivent leur quête de nourriture en mer. La mortalité des individus restant à terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...) est limitée lors du passage du cyclone sur l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné...). Pour les individus qui ont rencontré des conditions cycloniques en mer, les oiseaux adultes ont réussi à éviter l'oeil du cyclone autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au...) duquel les vents sont les plus violents et se sont déplacés vers l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) pour contourner la route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.) du cyclone. Les frégates font le choix de monter à haute altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau de base. C'est une des composantes géographique et...) lorsqu'elles sont proches de l'oeil du cyclone pour le contourner à grande vitesse (On distingue :). Cela réduit le risque de mortalité en mer mais peut amener temporairement les oiseaux à se déplacer en dehors de leur aire de répartition normale.

Lors du cyclone intense PAM, quatre des cinq frégates suivies ont pu éviter la trajectoire du météore avant de retourner sur leur site à terre qui a été dévasté. Le cinquième, lui, parti trop tard, a été tué en mer. Les résultats de cette étude ouvrent la voie à une meilleure compréhension des conséquences d'une potentielle augmentation des conditions cycloniques sur les populations d'oiseaux de mer.


Mouvement de contournement du cyclone Guito par une frégate du Pacifique: les mesures de vitesses et d'altitude montrent que lorsque l'oiseau est au plus près de l'oeil du cyclonee, il monte à plus de 1 600 mètres d'altitude et se déplace à 100 km/h
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