Pétrole et charbon: tout ce qui devra rester dans le sol

Publié par Adrien le 14/09/2021 à 09:00
Source: ASP
Il y a plusieurs façons de calculer comment les pays riches pourraient atteindre leurs cibles de réduction des gaz à effet de serre. Mais l'une d'elles est sans équivoque: pour éviter de dépasser le seuil de 1,5 degré, il faudrait laisser dans le sol près de 90% des réserves encore inexploitées de charbon, et 58% de celles de pétrole (Le pétrole est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. L'exploitation de...).


Et encore, réussir cet exploit n'apporterait que 50% de chances d'éviter de dépasser le seuil des 1,5 °C d'augmentation de la température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et...) planétaire (Un planétaire désigne un ensemble mécanique mobile, figurant le système solaire...) par rapport aux moyennes d'avant la révolution industrielle. Ces chiffres sont contenus dans une étude parue le 8 septembre dans la revue Nature.

Le point (Graphie) de départ de ces calculs est plus simple qu'il n'en a l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et...): pour éviter de dépasser ce seuil de 1,5 °C, il ne faut pas émettre plus de 580 gigatonnes de dioxyde de carbone (Le dioxyde de carbone, communément appelé gaz carbonique ou anhydride carbonique, est un...) d'ici 2100. Partant de là, ont tenté d'évaluer des chercheurs sous la direction de l'économiste Dan Welsby, du Collège (Un collège peut désigner un groupe de personnes partageant une même...) universitaire de Londres (Londres (en anglais : London - /?l?nd?n/) est la capitale ainsi que la plus grande ville...), quelle quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire,...) de pétrole, de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et...) et de charbon peut-on se permettre d'exploiter -et qu'est-ce que cela représente par rapport aux gisements en cours d'exploitation et à ceux qui n'ont pas encore été exploités.

C'est ce dernier chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.) -les gisements encore inexploités, par exemple ceux de l'Arctique- qui est par définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la...) approximatif: il est possible qu'il subsiste davantage de réserves de carburants fossiles dans le sol que ce qu'on estime généralement. Toutefois, on peut évaluer avec une plus grande assurance les gigatonnes de CO2 que représenteront les gisements qui sont d'ores (ORES, l'Opérateur des Réseaux Gaz & Électricité est le l'opérateur des...) et déjà en cours d'exploitation.

Et avec ces calculs, certains pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue...) ont un plus gros défi que d'autres devant eux: ainsi, l'Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de...) devrait laisser 95% de ses réserves de charbon dans le sol, la Russie et les États-Unis, 97%, tandis que le Canada devra se détourner de 84% de ses réserves de pétrole des sables bitumineux.

Les auteurs de l'étude ont même inclus dans leur modèle le développement de technologies d'entreposage ou de "capture (Une capture, dans le domaine de l'astronautique, est un processus par lequel un objet céleste, qui...)" du carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C,...): ces technologies donneront un petit répit supplémentaire, à condition qu'elles puissent être développées dans les prochaines décennies à plus grande échelle (La grande échelle, aussi appelée échelle aérienne ou auto échelle, est un...) que maintenant.

Si la cible de 1,5 °C semble utopique, même celle des 2 °C est difficile: déjà en 2015, une étude aux objectifs similaires avait évalué que, pour éviter de dépasser ce seuil des 2 degrés, un tiers des réserves de pétrole, un quart de celles de gaz et 80% de celles de charbon, devraient rester dans le sol.

Or, aussi théoriques que soient ces "seuils" de 1,5 et de 2 °C, on sait d'ores et déjà que certains des "points de bascule (Une bascule ou un basculeur est un circuit intégré logique doté d'une sortie et d'une ou...)" de notre planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de...) auront été dépassés lorsque nous atteindrons les 2 degrés, et que quelques-uns l'ont peut-être même déjà été. On parle ici, par exemple, de la fonte des glaces de l'Arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux...), qui a peut-être déjà dépassé un "point de bascule", autrement dit, un point de non-retour. Ou du niveau de CO2 dans l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) au-delà duquel les courants atmosphériques commenceraient à être perturbés d'une façon irréversible, sans retour en arrière possible, du moins pas avant des siècles. On n'a qu'une idée approximative de ces seuils, mais on a de bonnes raisons de vouloir s'en tenir loin...
Cet article vous a plu ? Vous souhaitez nous soutenir ? Partagez-le sur les réseaux sociaux avec vos amis et/ou commentez-le, ceci nous encouragera à publier davantage de sujets similaires !

Sur le même thême

Page générée en 0.141 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique