Des scientifiques inventent un ciment qui aspire le CO2 🌎

Restez toujours informé : suivez-nous avec Google (cliquez sur ☆)

Des chercheurs ont trouvé comment transformer le dioxyde de carbone en matériaux de construction durables. Cette innovation pourrait réduire l'empreinte carbone du secteur tout en produisant de l'hydrogÚne propre.

Le bĂ©ton, matĂ©riau le plus utilisĂ© au monde, est responsable de prĂšs de 8 % des Ă©missions mondiales de CO₂. Une Ă©quipe de l'UniversitĂ© Northwestern propose une solution inĂ©dite: utiliser l'Ă©lectricitĂ© et l'eau de mer pour fabriquer des substituts de sable et de gravier capables de piĂ©ger durablement le carbone.

Les chercheurs ont créé des matĂ©riaux solides Ă  base de C02 pouvant ĂȘtre utilisĂ©s dans le bĂ©ton en remplacement du sable et/ou du gravier. Ils pourraient Ă©galement servir Ă  la fabrication de ciment, de plĂątre et de peinture, autant de finitions essentielles dans l'environnement bĂąti.

Une inspiration venue des océans

Le procĂ©dĂ© s'inspire de la formation des coquillages et des rĂ©cifs coralliens. En appliquant un courant Ă©lectrique Ă  de l'eau de mer enrichie en CO₂, les scientifiques provoquent la formation de minĂ©raux solides comme le carbonate de calcium.

Ces rĂ©actions chimiques reproduisent en accĂ©lĂ©rĂ© un processus naturel qui met des millĂ©naires en gĂ©ologie. Les chercheurs peuvent ajuster la texture et la densitĂ© des matĂ©riaux obtenus en modifiant l'intensitĂ© du courant ou le dĂ©bit de CO₂ injectĂ©.

D'aprĂšs les travaux publiĂ©s dans Advanced Sustainable Systems, ces minĂ©raux synthĂ©tiques stockent jusqu'Ă  la moitiĂ© de leur poids en CO₂. Leur composition, proche du calcaire, en fait des candidats idĂ©aux pour remplacer le sable dans le bĂ©ton.

Des applications à grande échelle

En partenariat avec Cemex, les scientifiques ont démontré que ces matériaux pouvaient aussi servir de base pour le ciment, les enduits ou les peintures. Leur production génÚre parallÚlement de l'hydrogÚne, une énergie propre valorisable.

L'approche Ă©vite l'extraction de sable, dont la demande mondiale menace les Ă©cosystĂšmes marins et fluviaux. Les rĂ©acteurs modulaires pourraient ĂȘtre installĂ©s prĂšs des cimenteries cĂŽtiĂšres pour une intĂ©gration industrielle.

Selon les calculs de l'Ă©quipe, une tonne de ce matĂ©riau stockerait plus de 500 kg de CO₂. Contrairement au stockage gĂ©ologique, cette mĂ©thode donne une seconde vie au carbone capturĂ© sous forme de produits utiles Ă  la construction.

Pour aller plus loin: Comment fonctionne la minĂ©ralisation du CO₂ ?

Ce processus chimique convertit le dioxyde de carbone en minĂ©raux stables. Dans l'eau de mer, les ions calcium et magnĂ©sium rĂ©agissent avec le CO₂ dissous sous l'effet d'un courant Ă©lectrique.

La réaction produit principalement du carbonate de calcium, identique à celui des coquillages. Contrairement aux solutions liquides de captage, ces solides ne présentent aucun risque de fuite.

Cette technique diffĂšre de la carbonatation traditionnelle du bĂ©ton, qui ne piĂšge que 5 Ă  10 % du CO₂ Ă©mis lors de sa fabrication. Ici, le matĂ©riau devient un puits de carbone avant mĂȘme son utilisation.