🌍 La Terre traverse actuellement le nuage de cendres radioactives d'une supernova

Publié par Adrien,
Source: Physical Review Letters
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La Terre traverse actuellement un nuage de débris radioactifs issus d'une supernova ancienne. Des traces de fer-60, un isotope qui ne se forme que lors de l'explosion d'étoiles massives, ont été retrouvées dans la glace de l'Antarctique. Cette découverte montre que notre Système solaire baigne aujourd'hui dans les cendres d'une étoile morte depuis longtemps.

Pour comprendre cette étrangeté, il faut savoir que le fer-60 est produit uniquement au cœur des étoiles géantes et projeté dans l'espace lors de leur explosion en supernova. Jusqu'ici, les scientifiques pensaient que les traces de cet élément radioactif trouvées sur Terre dataient d'explosions survenues il y a des millions d'années. Or, des mesures récentes dans la neige antarctique récente ont montré la présence de fer-60, ce qui a surpris les chercheurs car aucune supernova récente n'a eu lieu à proximité.


Trajet du Système solaire à travers le Nuage interstellaire local. Le profil du nuage est préservé comme une empreinte interstellaire dans la glace antarctique.
Crédit: B. Schröder/HZDR/ NASA/Goddard/Adler/U.Chicago/Wesleyan

L'équipe internationale dirigée par le Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf (HZDR) a alors émis une hypothèse audacieuse: le nuage interstellaire local, dans lequel se déplace notre Système solaire, pourrait contenir du fer-60 depuis des millénaires. En traversant ce nuage, la Terre collecterait ces particules radioactives. Pour vérifier cette idée, les scientifiques ont analysé des carottes de glace antarctique âgées de 40 000 à 80 000 ans.

Les résultats de l'étude, publiés dans Physical Review Letters, montrent que la quantité de fer-60 dans la glace ancienne est plus faible que dans la neige récente. Cela indique que notre Système solaire est entré dans le nuage il y a quelques dizaines de milliers d'années et en ressortira dans quelques milliers d'années. Les fluctuations du signal de fer-60 sur des échelles de temps cosmiques courtes permettent d'écarter l'hypothèse de résidus d'anciennes supernovae.

Pour aboutir à cette déduction, les chercheurs ont déployé des moyens techniques considérables. Environ 300 kilogrammes de glace ont été transportés de l'Institut Alfred Wegener à Dresde pour analyse chimique. Après un traitement poussé, seuls quelques centaines de milligrammes de poussière sont restés. Les scientifiques ont ensuite isolé le fer-60 avec soin, en vérifiant leurs méthodes à l'aide d'autres isotopes comme le béryllium-10 et l'aluminium-26, dont les concentrations dans la glace sont bien connues.

La détection elle-même a nécessité l'accélérateur d'ions lourds de l'Université nationale australienne, le seul instrument au monde capable de repérer d'infimes quantités de fer-60. C'est comme rechercher une aiguille dans 50 000 stades de football remplis de foin: la machine trouve l'aiguille en une heure. Cet exploit technique a permis de confirmer que le nuage interstellaire local est bien la source du fer-60, reliant ainsi notre environnement cosmique immédiat à une explosion stellaire.

Les scientifiques prévoient maintenant d'analyser des carottes de glace encore plus anciennes, datant d'avant l'entrée du Système solaire dans le nuage. Cela pourrait révéler la structure du milieu interstellaire et l'histoire des supernovae proches. Pour la première fois, nous avons la possibilité d'étudier l'origine de ces nuages qui entourent notre Système solaire, traçant notre voyage à travers la Galaxie.
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