Tous les aliments ultratransformés présentent-ils les mêmes risques pour la santé ? Une étude portant sur plus de 460 000 personnes invite à regarder ce que nous mangeons de plus près.
Les aliments ultratransformés occupent une place importante dans notre alimentation. Cette catégorie rassemble des produits très différents : biscuits, sodas, charcuteries industrielles, mais aussi certains pains complets emballés ou produits laitiers. Ils ont en commun d'avoir subi plusieurs étapes de fabrication et de contenir parfois des ingrédients peu utilisés en cuisine.

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Des chercheurs ont voulu savoir si la quantité totale de ces aliments consommés était liée au risque de cancer colorectal, c'est-à-dire du côlon ou du rectum. Ils ont étudié les réponses de 461 682 adultes américains, âgés de 50 à 71 ans au début de l'enquête. Leur alimentation avait été décrite dans des questionnaires remplis au milieu des années 1990.
Ces personnes ont ensuite été suivies pendant près de 19 ans en moyenne. Au cours de cette période, 10 075 participants ont développé un cancer colorectal. Les chercheurs ont comparé ces diagnostics aux habitudes alimentaires déclarées au départ, en tenant compte notamment de l'âge, du tabac et de l'activité physique.
Le résultat peut surprendre : dans cette population, manger globalement davantage d'aliments ultratransformés n'était pas associé à une augmentation mesurable du risque de ce cancer. Cela ne signifie toutefois pas que tous ces produits se valent, ni qu'ils sont sans conséquence pour la santé.
En regardant les aliments séparément, les différences apparaissent. Une consommation plus importante de viandes transformées était associée à davantage de cancers colorectaux. À l'inverse, les céréales complètes, les fibres et certains produits laitiers, même lorsqu'ils provenaient d'aliments classés comme ultratransformés, étaient associés à un risque plus faible.
Cela peut expliquer pourquoi le résultat global ne montre pas de hausse nette : les associations observées pour différents groupes d'aliments vont dans des directions opposées. Un pain complet industriel et une charcuterie ne deviennent pas équivalents simplement parce qu'ils sont tous deux ultratransformés.
Aussi, les chercheurs ont observé des habitudes, sans demander aux participants de modifier leurs repas. L'alimentation a été déclarée par questionnaire au départ et a pu changer pendant les années suivantes.
Les résultats ne remettent donc pas en cause les conseils de prévention déjà établis : privilégier les aliments riches en fibres et les céréales complètes, et limiter les viandes transformées. Ils montrent surtout que, pour comprendre les liens entre alimentation et cancer colorectal, il faut regarder aussi la composition des produits, pas seulement leur degré de transformation.