Une longue sĂ©ance de rĂ©flexion pourrait modifier temporairement notre envie de faire des efforts, mĂȘme lorsque la rĂ©compense en vaut la peine.
AprÚs une journée passée à résoudre des problÚmes ou à réviser, une tùche pourtant simple peut devenir décourageante. Ce n'est pas forcément parce que le cerveau ne sait plus travailler. Une nouvelle expérience montre qu'une activité mentale intense peut s'accompagner d'un changement chimique dans une région du cerveau qui participe à nos décisions.

Pour examiner ce phénomÚne, des chercheurs ont réuni 31 adultes en bonne santé. Chaque volontaire a effectué un exercice de mémoire exigeant pendant 20 minutes, à deux reprises, lors de journées différentes. Les scientifiques ont comparé les réactions des participants avant et aprÚs cet effort.
Une particularitĂ© rendait l'expĂ©rience intĂ©ressante : pendant l'une des sĂ©ances, les chercheurs appliquaient une lĂ©gĂšre stimulation Ă©lectrique sur la tĂȘte. Celle-ci augmentait l'activitĂ© d'une rĂ©gion situĂ©e vers l'avant du cerveau. Lors de l'autre sĂ©ance, une stimulation simulĂ©e servait de comparaison.
Pourquoi stimuler cette région ? Elle intervient notamment lorsqu'il faut garder des informations en mémoire et les manipuler. En augmentant son activité, les chercheurs ont d'abord constaté une amélioration des performances. Mais ce gain immédiat semblait avoir une contrepartie.
AprĂšs les exercices, les volontaires devaient choisir entre de nouvelles tĂąches de mĂ©moire. Les plus faciles rapportaient moins d'argent, les plus difficiles davantage. AprĂšs la vĂ©ritable stimulation, les participants se montraient moins disposĂ©s Ă choisir les exercices demandant beaucoup d'efforts. Leur capacitĂ© Ă rĂ©ussir et leur envie de recommencer ne suivaient donc pas nĂ©cessairement la mĂȘme Ă©volution.
Les chercheurs ont également mesuré les concentrations de certaines molécules cérébrales avant et aprÚs les séances, grùce à une technique d'imagerie non invasive appelée spectroscopie par résonance magnétique.
Ils ont observé une quantité plus élevée de glutamate dans la région stimulée. Cette substance sert aux cellules nerveuses pour transmettre des messages. Elle est normalement présente dans le cerveau et joue un rÎle dans son fonctionnement.
Autrement dit, les résultats mettent en relation une activité cérébrale renforcée, un changement chimique mesurable et une baisse de motivation. Ils ne prouvent toutefois pas que le glutamate, à lui seul, provoque toute la fatigue mentale.
Reste à déterminer si ce mécanisme intervient aussi chez les personnes souffrant d'une fatigue persistante. Les scientifiques envisagent notamment d'étudier si ces changements chimiques pourraient aider à mieux reconnaßtre certaines formes de fatigue pathologique, puis à tester des traitements adaptés.