đŸŒ± Un champignon et une bactĂ©rie coopĂšrent pour fournir du fer aux plantes

Deux microorganismes du sol peuvent agir ensemble pour aider les plantes à obtenir du fer. Les chercheurs ont étudié un champignon, Trichoderma brevicompactum TB2, et une bactérie, Pseudomonas fluorescens PSE180.

Le fer est indispensable Ă  la photosynthĂšse et Ă  plusieurs rĂ©actions cellulaires. Il peut pourtant ĂȘtre prĂ©sent en grande quantitĂ© sans ĂȘtre utilisable par les racines. Dans un sol calcaire, le pH Ă©levĂ© maintient une partie de ce fer sous des formes peu solubles.

Le fer est indispensable Ă  la photosynthĂšse.

Le fer est indispensable Ă  la photosynthĂšse.
Image d'illustration Pixabay.

Les chercheurs ont commencĂ© par ajouter le champignon TB2 Ă  deux types de sols. Le premier sol conservait ses microorganismes naturels. Le second sol avait Ă©tĂ© stĂ©rilisĂ© afin d’en retirer l’essentiel. Cette comparaison devait dĂ©terminer si le champignon agissait seul ou avec l’aide d’autres microbes naturellement prĂ©sents dans le sol.

Dans le sol naturel, TB2 améliorait davantage la croissance des plantes et leur teneur en fer. Son effet diminuait dans le sol stérilisé. Ce résultat montrait que le champignon bénéficiait probablement de la présence de certaines bactéries vivant autour des racines.

L’équipe a ensuite analysĂ© l’ADN bactĂ©rien prĂ©sent dans cette zone, appelĂ©e rhizosphĂšre. Elle a recherchĂ© les bactĂ©ries devenues plus abondantes aprĂšs l’ajout du champignon. Une signature gĂ©nĂ©tique, nommĂ©e ASV49, ressortait particuliĂšrement dans les Ă©chantillons traitĂ©s.

Les chercheurs ont isolĂ© plusieurs bactĂ©ries du sol pour retrouver celle correspondant Ă  ASV49. Une souche de Pseudomonas fluorescens, baptisĂ©e PSE180, prĂ©sentait une correspondance gĂ©nĂ©tique. Ils ont alors cultivĂ© cette bactĂ©rie avec le champignon pour vĂ©rifier leur compatibilitĂ©. Ces tests n’ont montrĂ© aucune inhibition importante entre les deux organismes.

Les plantes ont enfin reçu le champignon seul, la bactĂ©rie seule ou les deux ensemble. L’association a donnĂ© les meilleurs rĂ©sultats pour la croissance et l’accumulation de fer dans les conditions Ă©tudiĂ©es. Le champignon semble favoriser la bactĂ©rie, qui contribue ensuite Ă  libĂ©rer le fer autour des racines.

Ces essais ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s avec des souches prĂ©cises et dans un environnement contrĂŽlĂ©. Les chercheurs doivent encore vĂ©rifier leur efficacitĂ© sur d’autres plantes, dans diffĂ©rents sols et sur plusieurs saisons. Ils devront aussi mesurer la stabilitĂ© de cette coopĂ©ration face aux variations de tempĂ©rature, d’humiditĂ© et de fertilisation.

TI
TitouB

Mais du coup ça pourrait marcher dans un potager normal ou il faut vraiment un sol calcaire ?

MO
Moka17

TitouB, le principe peut aussi avoir un intĂ©rĂȘt ailleurs, mais l’étude vise surtout les sols calcaires oĂč le fer est difficilement accessible. Il faudra surtout voir si le duo reste efficace dans un vrai potager, avec beaucoup d’autres microbes autour.

BI
Biscotte

Je me demande si ça change aussi quelque chose au goût des légumes, si la plante arrive à récupérer plus de fer ?

MO
Moka17

Biscotte, pas forcément. Mieux capter le fer peut surtout aider la plante à pousser correctement quand elle en manque. Pour le goût, il faudrait le tester séparément.

KR
Kroco_8

J’aimerais bien savoir si ça marche encore aprĂšs plusieurs saisons, parce que dans un jardin les microbes changent pas mal avec la mĂ©tĂ©o et les traitements.

BA
bambou7

Donc en gros le champignon nourrit la bactérie et la bactérie nourrit la plante ? C'est un peu une chaine quoi

MA
Mamazone

J’aime bien le fait qu’ils aient comparĂ© avec un sol stĂ©rilisĂ©, ça montre justement que le champignon ne fait pas tout tout seul. Maintenant le vrai test, ce sera dehors sur plusieurs saisons.

PI
PixelMou

Donc le futur de l'agriculture c'est peut-ĂȘtre de gĂ©rer une coloc champignon-bactĂ©rie sous les salades 😅 Plus sĂ©rieusement, si faut remettre les deux Ă  chaque saison ça risque vite d'ĂȘtre moins pratique.

MA
Mamazone

PixelMou, oui, c’est justement la question que je me pose aussi. Si le duo arrive à s’installer durablement dans le sol, ça devient tout de suite beaucoup plus pratique.

MI
mimipartie

J’ai justement un coin du jardin trĂšs calcaire oĂč certaines plantes jaunissent vite. Si un jour ce genre de mĂ©lange devient disponible pour les particuliers, je serais curieuse de comparer sur deux rangĂ©es identiques.

GI
GigiZ

Ce qui serait utile maintenant, c’est de voir si ce duo tient face aux microbes dĂ©jĂ  prĂ©sents dans diffĂ©rents sols. En conditions contrĂŽlĂ©es, les interactions sont forcĂ©ment plus simples qu’au champ.