Le cerveau des chiens porte des traces diffĂ©rentes de leur histoire gĂ©nĂ©tique et de ce quâils ont appris au contact des humains.
Une Ă©quipe de chercheurs a Ă©tudiĂ© les images cĂ©rĂ©brales de 108 chiens. Son objectif Ă©tait de distinguer deux influences souvent difficiles Ă sĂ©parer : la sĂ©lection exercĂ©e par lâĂ©levage et lâapprentissage acquis pendant la vie. Les chercheurs se sont intĂ©ressĂ©s aux rĂ©seaux cĂ©rĂ©braux associĂ©s Ă la communication, notamment ceux mobilisĂ©s lorsque le chien traite des informations venant des humains.

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Pour comprendre lâenjeu, il faut distinguer une race de lâexpĂ©rience dâun individu. Depuis des gĂ©nĂ©rations, les humains choisissent certains chiens pour leurs aptitudes, puis les font se reproduire. Cette sĂ©lection peut favoriser des caractĂ©ristiques liĂ©es au comportement. Ă lâinverse, lâentraĂźnement agit au cours de la vie du chien, lorsque celui-ci apprend Ă rĂ©pondre Ă des gestes, des sons ou des situations.
Ces deux mĂ©canismes peuvent donc conduire Ă des comportements proches sans passer exactement par les mĂȘmes changements cĂ©rĂ©braux. LâĂ©tude publiĂ©e dans The Journal of Neuroscience indique quâils sont associĂ©s Ă des organisations diffĂ©rentes des rĂ©seaux de communication. LâhĂ©rĂ©ditĂ© et lâapprentissage ne seraient ainsi pas deux façons interchangeables de produire les mĂȘmes effets dans le cerveau.
Les chercheurs se sont appuyĂ©s sur lâimagerie cĂ©rĂ©brale pour examiner la maniĂšre dont diffĂ©rentes rĂ©gions fonctionnent ensemble. Un rĂ©seau cĂ©rĂ©bral dĂ©signe ici plusieurs zones dont lâactivitĂ© est liĂ©e. Il ne sâagit donc pas dâun unique « centre » de la communication. Le cerveau traite les informations en faisant coopĂ©rer plusieurs rĂ©gions, et cette organisation peut varier dâun chien Ă lâautre.
Ce rĂ©sultat aide Ă comprendre pourquoi les aptitudes sociales dâun chien ne dĂ©pendent pas seulement de sa race. Une prĂ©disposition issue de la sĂ©lection peut compter, mais lâexpĂ©rience acquise compte Ă©galement. Les donnĂ©es montrent surtout que ces deux influences peuvent ĂȘtre retrouvĂ©es sĂ©parĂ©ment dans lâorganisation cĂ©rĂ©brale, ce qui permet de mieux Ă©tudier leur contribution respective.
Il faut cependant Ă©viter dâen dĂ©duire quâune image du cerveau permettrait de prĂ©voir prĂ©cisĂ©ment le comportement dâun animal. Les associations observĂ©es Ă lâĂ©chelle dâun groupe ne dĂ©terminent pas Ă elles seules les capacitĂ©s de chaque chien. LâĂąge, lâenvironnement quotidien, les interactions sociales et lâhistoire individuelle peuvent aussi participer aux diffĂ©rences observĂ©es.
Cette approche ouvre dĂ©sormais la possibilitĂ© de comparer plus finement les effets de la sĂ©lection et de lâapprentissage. Elle pourrait notamment aider les chercheurs Ă dĂ©terminer quelles caractĂ©ristiques cĂ©rĂ©brales sont relativement stables et lesquelles Ă©voluent davantage avec lâexpĂ©rience, sans rĂ©duire les aptitudes dâun chien Ă son appartenance Ă une race.