Un chien robot a parcouru les 42,195 km d'un marathon aux côtés de coureurs humains, sans recharger sa batterie une seule fois.
Cet exploit a eu lieu en novembre 2024, lors du marathon de Sangju, en Corée du Sud. Baptisé RAIBO2, le robot a franchi la ligne d'arrivée en 4 h 19 min 52 s. Une étude publiée dans Nature en septembre 2026 explique maintenant comment ses concepteurs ont obtenu une telle endurance.

RAIBO2 pendant le marathon de Sangju, qu’il a parcouru intégralement sur une seule charge de batterie.
Crédit : KAIST, via DongA Science.
Courir sur quatre pattes demande beaucoup d'énergie à une machine. Contrairement à un véhicule sur roues, elle doit constamment actionner ses articulations pour soutenir son poids. Chaque contact avec le sol peut aussi freiner le mouvement. Ces petites pertes finissent par épuiser la batterie, au-delà de l'énergie nécessaire au simple avancement.
Les scientifiques de l'institut coréen KAIST ont revu les pattes, les moteurs et la manière de courir. En allégeant certaines pièces, ils ont réduit les efforts nécessaires à chaque foulée, tout en conservant une structure assez solide pour supporter les impacts.
Ils ont également amélioré les circuits qui alimentent les moteurs. Une partie de l'électricité consommée par un robot se transforme inutilement en chaleur dans ses composants. Des circuits avec moins de résistance électrique limitent cette perte. C'est une économie peu visible, mais qui compte lorsqu'il faut répéter le même mouvement pendant plus de quatre heures.

RAIBO2 court aux côtés de participants lors du marathon de Sangju, en Corée du Sud.
Crédit : KAIST/RAI Lab, via Seoul Economic Daily.
Le logiciel a lui aussi appris à économiser ses forces. Grâce à un entraînement par simulation, le robot a adopté des mouvements qui réduisent les chocs lorsque ses pattes touchent le sol. Il évite notamment de poser une patte avec une vitesse trop élevée, ce qui gaspillerait de l'énergie.
Lors du marathon, RAIBO2 a maintenu une vitesse moyenne d'environ 9,5 km/h malgré les changements de terrain et de dénivelé. Les chercheurs ont mesuré une consommation totale de 1 280 Wh pour la course. La batterie n'était pas entièrement vide à l'arrivée, même après avoir couvert la distance officielle.
Cette approche a permis d'obtenir, selon leur comparaison, une autonomie plus de trois fois supérieure à celle des robots quadrupèdes précédents.
L'objectif suivant dépasse les compétitions sportives. Une grande autonomie pourrait permettre à des robots d'inspecter des sites industriels, de surveiller des installations ou de traverser des zones difficiles d'accès. Il reste toutefois à vérifier comment cette endurance évolue avec une charge utile et des obstacles.