🧬 Comment repérer une "vie miroir" ?

Des chercheurs proposent une façon de reconnaître une forme de vie qui n'existe pas encore : la « vie miroir ».

Regardez vos deux mains. Elles ont les mêmes éléments, mais impossible de les superposer parfaitement : le pouce n'est pas du même côté. Certaines molécules fonctionnent de la même manière. Elles peuvent exister sous deux formes presque identiques, l'une étant le reflet de l'autre.

La vie sur Terre fait des choix très précis entre ces deux formes. Nos protéines sont notamment construites avec des acides aminés d'un même type, alors que notre ADN utilise des sucres de l'autre type. Une hypothétique vie miroir ferait les choix inverses. Elle serait faite de molécules ressemblant aux nôtres, mais orientées dans l'autre sens.

Pourquoi vouloir la détecter ? Certains scientifiques craignent qu'un organisme miroir, s'il était un jour fabriqué, puisse échapper à des défenses biologiques habituelles ou interagir de façon imprévisible avec les êtres vivants actuels.

Des chercheurs des universités de Strathclyde et de Durham, au Royaume-Uni, ont donc réfléchi à un moyen de le reconnaître. Leur idée repose sur une propriété de la lumière : elle peut être polarisée de façon circulaire, c'est-à-dire que son champ électrique tourne dans un sens ou dans l'autre pendant sa propagation.

L'équipe propose d'utiliser des molécules fluorescentes lors de la fabrication de cet organisme miroir, qui se fixeraient à différentes parties d'une cellule, par exemple à sa membrane ou à son matériel génétique. Une fois éclairées, elles émettraient une lumière dont certaines propriétés pourraient révéler l'organisation des molécules auxquelles elles sont attachées.

Une seule mesure ne suffirait pas. Les chercheurs proposent de combiner plusieurs marqueurs, chacun examinant une partie différente de la cellule. L'ensemble des signaux formerait alors une sorte de signature lumineuse, qui pourrait aider à distinguer une cellule ordinaire de son équivalent miroir.

L'avantage est que les instruments capables de mesurer ce type de lumière existent déjà. Certains fonctionnent avec des microscopes ou des caméras.

Les chercheurs présentent ici une méthode théorique, qui n'a pas encore été validée comme test complet. Ils proposent d'abord de développer cette approche avec des cellules ordinaires, pour disposer d'un outil si une telle surveillance devenait un jour nécessaire.