Le futur Grand collisionneur de hadrons (LHC) produira beaucoup plus de donnĂ©es quâaujourdâhui. Une nouvelle mĂ©thode utilisant une intelligence artificielle pourrait aider les physiciens Ă les trier.
Le LHC fait entrer des protons en collision afin dâĂ©tudier les plus petits composants de la matiĂšre. Sa future version doit fonctionner au plus tĂŽt en 2030. Elle produira environ 40 millions de collisions par seconde, avec quatre Ă cinq fois plus de collisions simultanĂ©es que le maximum actuel.

L'expérience CMS du LHC
Image: CERN
Le dĂ©tecteur CMS devra retrouver les particules produites au milieu de cette activitĂ©. Il recevra pour cela HGCAL, un appareil dotĂ© dâenviron six millions de capteurs. Lorsquâune particule le traverse, elle crĂ©e une cascade de nouvelles particules. Cet ensemble est appelĂ© une gerbe.
Chaque capteur enregistre une petite partie de ces gerbes et de leur Ă©nergie. Le problĂšme apparaĂźt lorsque plusieurs cascades se mĂ©langent. Le logiciel doit alors relier chaque signal Ă la bonne particule dâorigine. Cette tĂąche devient particuliĂšrement difficile lorsque les collisions se dĂ©roulent presque au mĂȘme endroit.
Les mĂ©thodes actuelles tentent de reconstruire directement chaque gerbe Ă partir de ses caractĂ©ristiques. La nouvelle mĂ©thode avec IA procĂšde autrement. Elle apprend dâabord quels signaux se ressemblent et pourraient partager la mĂȘme origine. Elle sĂ©pare parallĂšlement ceux qui semblent provenir de particules diffĂ©rentes.
Une seconde étape rassemble ensuite les signaux associés. Cette technique se nomme apprentissage contrastif, car elle apprend en comparant les ressemblances et les différences. Les chercheurs ont confronté cette méthode au systÚme actuel sur des données entiÚrement simulées.
Dans ces essais, la nouvelle approche a mieux sĂ©parĂ© les gerbes qui se chevauchaient. Elle a aussi estimĂ© leur Ă©nergie avec davantage de prĂ©cision. Son avantage augmentait dans les Ă©vĂ©nements les plus chargĂ©s. Elle restait mĂȘme efficace avec des quantitĂ©s de particules et des Ă©nergies absentes de son entraĂźnement.
Lâalgorithme doit dĂ©sormais rĂ©ussir dans une simulation complĂšte de CMS et de HGCAL. Des tests supplĂ©mentaires dĂ©termineront ensuite si cette mĂ©thode peut rĂ©ellement analyser les futures collisions du LHC.