Le télescope spatial Nancy Grace Roman a franchi une nouvelle étape avant son lancement. Les équipes de la NASA ont achevé le remplissage de ses réservoirs le 25 juillet 2026, au centre spatial Kennedy, en Floride. L’observatoire doit désormais être fixé à l’étage supérieur de sa fusée, puis enfermé dans sa coiffe protectrice.
Les techniciens ont chargé environ 290 gallons américains d’hydrazine, soit près de 1 100 litres. Roman utilisera ce carburant après sa séparation de la fusée, pour corriger sa trajectoire et rejoindre son lieu d’observation, à environ 1,6 million de kilomètres de la Terre.

Illustration NASA
Cette destination correspond au point de Lagrange L2 du système Soleil-Terre. Dans cette région, les forces gravitationnelles permettent à un engin spatial de conserver une position quasi stable par rapport à notre planète. Le télescope James Webb évolue lui aussi autour de cette zone, favorable aux observations lointaines.
Roman utilisera ensuite ses propulseurs pour rester sur son orbite autour de L2. Ils permettront aussi de maintenir ses panneaux solaires orientés vers le Soleil. La mission principale doit durer cinq ans. Selon la NASA, la quantité embarquée pourrait permettre cinq années supplémentaires, si l’état du télescope le permet.
L’observatoire doit étudier de vastes portions du ciel avec un champ de vision bien plus large que celui de Hubble. Les astronomes veulent notamment repérer des milliers d’exoplanètes, ces mondes situés autour d’autres étoiles. Une partie d’entre elles sera détectée grâce aux effets gravitationnels qu’elles produisent sur la lumière d’astres plus lointains.

Une image composite illustre la région d'Andromède couverte par la simulation du télescope spatial Roman. Ce dernier serait capable d'imager le corps principal d'Andromède en quelques pointages seulement, scrutant la galaxie près de 1 500 fois plus rapidement que le télescope spatial Hubble.
Image Wikimedia
Roman doit aussi observer la répartition de la matière dans l’Univers. Ces mesures aideront à étudier la matière noire, invisible mais détectée par ses effets gravitationnels. Elles serviront également à mieux caractériser l’énergie noire, nom donné au phénomène associé à l’accélération de l’expansion cosmique.
La NASA et SpaceX visent actuellement un décollage au plus tôt le 30 août 2026, à bord d’une Falcon Heavy, avec une avance de neuf mois par rapport au calendrier initial, ce qui est suffisamment rare pour être mentionné. Les prochaines opérations porteront sur l’installation du télescope sur son adaptateur, puis sur sa mise sous coiffe avant le transfert vers le pas de tir.